Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Dans Son Livre, le Coran, il est dit :

En vérité, « idh » est à la place de l’accusatif, rattaché au verbe « Âtaynâ » ; le sens est donc : « Nous avons certes accordé à Luqmân la sagesse lorsqu’il dit… ».

Al-Naḥḥâs commente : « J’estime que c’est une erreur, car la présence de la conjonction “wâw” dans la phrase l’empêche. »

Il a également dit : l’interpellation « yâ bunayya » se prononce avec la kasra sur le yâ’, parce qu’elle indique le yâ’ élidé ; celui qui la lit avec la fatḥa ne le fait que par légèreté de la voyelle. Cette question a déjà été abordée dans la sourate Hûd.

Quant à l’expression « yâ bunayya », elle n’est pas un diminutif au sens propre, bien qu’elle en ait la forme ; c’est plutôt une marque d’affection, comme lorsque l’on dit à un homme : « ô mon frère », ou à un enfant : « mon petit, tu es bien ».

(Sourate Luqmân, 31 : 14-15)

« Et Nous avons enjoint à l’homme (la bienfaisance envers) ses père et mère : sa mère l’a porté en faiblesse sur faiblesse, et son sevrage intervient en deux années ; “Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents ; c’est vers Moi que se fera le retour.” (14)
Et s’ils te contraignent à M’associer ce dont tu n’as aucune science, alors ne leur obéis pas ; mais accompagne-les ici-bas avec bienséance, et suis la voie de celui qui revient repentant vers Moi. Puis, c’est vers Moi que sera votre retour ; alors Je vous informerai de ce que vous faisiez. » (15)

Ces deux versets comportent huit points :

Premièrement : Sa parole, exalté soit-Il : « Et Nous avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses père et mère ». Ces deux versets constituent une parenthèse manifeste au milieu de l’exhortation de Luqmân.

Il a été dit : il s’agit là de l’une des recommandations que Luqmân fit à son fils, qu’Allah relate de lui, c’est-à-dire que Luqmân dit à son fils : « N’associe rien à Allah et ne suis pas tes parents dans l’association ; car Allah a prescrit que l’on obéisse aux parents dans tout ce qui n’est ni association ni désobéissance envers Allah, exalté soit-Il. »

Il a également été dit : c’est-à-dire : quand Luqmân dit à son fils…, Nous dîmes à Luqmân, au sein de la sagesse que Nous lui avions accordée, et Nous avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses parents ; autrement dit : Nous lui avons dit : « Remercie Allah », et Nous lui avons dit : « Nous avons enjoint à l’homme… »

Et il a encore été dit : lorsque Luqmân dit à son fils : « N’associe rien », Nous, pour Notre part, avons enjoint à l’homme la bienfaisance envers ses parents, Nous l’avons ordonné aux gens, et Luqmân l’a ordonné à son fils. Al-Qushayrî a rapporté ces diverses opinions.

L’avis correct est que ces deux versets furent révélés au sujet de Saʿd ibn Abî Waqqâṣ, comme cela a déjà été mentionné dans la sourate « al-ʿAnkabût », et c’est l’opinion de l’ensemble des exégètes.

فِي كِتَابِهِ فِي الْقُرْآنِ: إِنَّ " إِذْ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ بِ " آتَيْنا" وَالْمَعْنَى: وَلَقَدْ آتَيْنَا لُقْمَانَ الْحِكْمَةَ إِذْ قَالَ. النَّحَّاسُ: وَأَحْسَبُهُ غَلَطًا، لِأَنَّ فِي الْكَلَامِ وَاوًا تَمْنَعُ مِنْ ذَلِكَ. وَقَالَ: " يَا بُنَيَّ" بِكَسْرِ الْيَاءِ، لِأَنَّهَا دَالَّةٌ عَلَى الْيَاءِ الْمَحْذُوفَةِ، وَمَنْ فَتَحَهَا فَلِخِفَّةِ الْفَتْحَةِ عِنْدَهُ، وَقَدْ مَضَى فِي " هُودَ" «١» الْقَوْلُ فِي هَذَا. وَقَوْلُهُ: " يَا بُنَيَّ" لَيْسَ هُوَ عَلَى حَقِيقَةِ التَّصْغِيرِ وَإِنْ كَانَ عَلَى لَفْظِهِ، وَإِنَّمَا هُوَ عَلَى وَجْهِ التَّرْقِيقِ، كَمَا يُقَالُ لِلرَّجُلِ: يا أخي، وللصبي هو كويس. [سورة لقمان (٣١) : الآيات ١٤ الى ١٥] وَوَصَّيْنَا الْإِنْسانَ بِوالِدَيْهِ حَمَلَتْهُ أُمُّهُ وَهْناً عَلى وَهْنٍ وَفِصالُهُ فِي عامَيْنِ أَنِ اشْكُرْ لِي وَلِوالِدَيْكَ إِلَيَّ الْمَصِيرُ (١٤) وَإِنْ جاهَداكَ عَلى أَنْ تُشْرِكَ بِي مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ فَلا تُطِعْهُما وَصاحِبْهُما فِي الدُّنْيا مَعْرُوفاً وَاتَّبِعْ سَبِيلَ مَنْ أَنابَ إِلَيَّ ثُمَّ إِلَيَّ مَرْجِعُكُمْ فَأُنَبِّئُكُمْ بِما كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ (١٥) فِيهِ ثَمَانِي مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَوَصَّيْنَا الْإِنْسانَ بِوالِدَيْهِ) هَاتَانِ الْآيَتَانِ اعْتِرَاضٌ بَيِّنٌ أَثْنَاءَ وَصِيَّةِ لُقْمَانَ. وَقِيلَ: إِنَّ هَذَا مِمَّا أَوْصَى بِهِ لُقْمَانُ ابْنَهُ، أَخْبَرَ اللَّهُ بِهِ عَنْهُ، أَيْ قَالَ لُقْمَانُ لِابْنِهِ: لَا تُشْرِكْ بِاللَّهِ وَلَا تُطِعْ فِي الشِّرْكِ وَالِدَيْكَ، فَإِنَّ اللَّهَ وَصَّى بِهِمَا فِي طَاعَتِهِمَا مِمَّا لَا يَكُونُ شِرْكًا وَمَعْصِيَةً لِلَّهِ تَعَالَى. وَقِيلَ: أَيْ وَإِذْ قَالَ لُقْمَانُ لِابْنِهِ، فَقُلْنَا لِلُقْمَانَ فِيمَا آتَيْنَاهُ مِنَ الْحِكْمَةِ وَوَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ، أَيْ قُلْنَا لَهُ اشْكُرْ لِلَّهِ، وَقُلْنَا لَهُ وَوَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ. وَقِيلَ: وَإِذْ قَالَ لُقْمَانُ لِابْنِهِ، لَا تُشْرِكْ، وَنَحْنُ وَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ حُسْنًا، وَأَمَرْنَا النَّاسَ بِهَذَا، وَأَمَرَ لُقْمَانُ بِهِ ابْنَهُ، ذَكَرَ هَذِهِ الْأَقْوَالَ الْقُشَيْرِيُّ. وَالصَّحِيحُ أَنَّ هَاتَيْنِ الْآيَتَيْنِ نَزَلَتَا فِي شَأْنِ سَعْدِ ابن أَبِي وَقَّاصٍ، كَمَا تَقَدَّمَ فِي " الْعَنْكَبُوتِ" «٢» وَعَلَيْهِ جماعة المفسرين.
(١). في نسخ الأصل: (يوسف) وهو تحريف. راجع ج ٩ ص ٣٩. (٢). راجع ج ١٣ ص ٣٢٨.

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