Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ceci constitue une preuve que le chant est prohibé ; car s’il ne l’était pas, il ne serait pas permis de faire perdre le bien de l’orphelin.

De même, cela s’apparente à la parole d’Abû Ṭalḥah adressée au Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui : « Je possède du vin appartenant à des orphelins. » Il lui répondit : « Jette-le ! » Or, si le fait d’en tirer profit avait été licite, il ne lui aurait pas ordonné de gaspiller le patrimoine des orphelins.

Aṭ-Ṭabarî a dit : « Les savants des diverses contrées ont été unanimes à juger le chant blâmable et à en interdire la pratique. Seuls Ibrâhîm ibn Sa‘d et ‘Ubayd Allâh al-‘Anbarî se sont écartés de ce consensus. »

Le Messager d’Allâh — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — a dit : « Tenez-vous à la grande majorité. Quiconque se sépare de la communauté meurt d’une mort de l’époque d’ignorance. »

Abû l-Faraj rapporte qu’al-Qaffâl, l’un de nos maîtres, a dit : « Le témoignage du chanteur et du danseur n’est pas recevable. »

Je (l’auteur) dis : Dès lors qu’il est établi que cette pratique n’est pas permise, percevoir une rétribution à son propos ne l’est pas davantage. Abû ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a même prétendu l’unanimité quant à l’interdiction d’en tirer un salaire.

Cet avis a déjà été mentionné dans la sourate al-An‘âm, à propos de la Parole du Très-Haut : « Et auprès de Lui se trouvent les clefs de l’inconnaissable » (6 : 59). Cela te suffit.

Quatrième point — Le Qâḍî Abû Bakr ibn al-‘Arabî a dit : « S’agissant de l’écoute des esclaves chanteuses (al-qaynât), il est permis à l’homme d’écouter le chant de sa propre servante, puisqu’aucune partie d’elle — apparente ou cachée — ne lui est interdite ; comment donc l’empêcherait-on de se délecter de sa voix ? Toutefois, il n’est pas permis que les femmes se découvrent devant les hommes, ni que les voiles soient levés, ni d’écouter des propos obscènes. Si l’affaire déborde vers ce qui est illicite et proscrit, on doit l’interdire dès l’origine et l’extirper totalement. »

Abû Ṭayyib aṭ-Ṭabarî a dit : « Quant à écouter le chant d’une femme qui n’est pas maḥram, les compagnons d’aš-Šâfi‘î jugent la chose illicite, qu’elle soit libre ou esclave. »

Il poursuit : « Aš-Šâfi‘î a dit : Le propriétaire d’une esclave qui réunit les gens pour l’entendre chanter est un insensé (safîh) dont le témoignage est rejeté. » Puis il a durci ses propos en déclarant : « C’est là de la dîyâtha (cuckoldise). » On considère ce propriétaire comme un insensé parce qu’il a convié les gens à la fausseté ; or quiconque appelle les gens à la fausseté est un insensé.

Cinquième point — La Parole du Très-Haut : « Afin de faire dévier (liyudilla) du chemin d’Allâh. » La récitation courante emploie ḍamma sur le yâ’, signifiant : « pour égarer autrui de la voie de la guidée » ; et lorsqu’il égare autrui, il s’égare lui-même. Ibn Kathîr, Ibn Muḥayṣin, Ḥumayd, Abû ‘Amr, Ruways et Ibn Abî Isḥâq l’ont récitée avec fatḥa sur le yâ’ (liyaḍilla), à l’intransitif : « afin qu’il s’égare lui-même. »

وَهَذَا دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الْغِنَاءَ مَحْظُورٌ، إِذْ لَوْ لَمْ يَكُنْ مَحْظُورًا مَا جَازَ تَفْوِيتُ الْمَالِ عَلَى الْيَتِيمِ. وَصَارَ هَذَا كَقَوْلِ أَبِي طَلْحَةَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: عِنْدِي خَمْرٌ لِأَيْتَامٍ؟ فَقَالَ: (أَرِقْهَا) . فَلَوْ جَازَ اسْتِصْلَاحُهَا لَمَّا أَمَرَ بِتَضْيِيعِ مَالِ الْيَتَامَى. قَالَ الطَّبَرِيُّ: فَقَدْ أَجْمَعَ عُلَمَاءُ الْأَمْصَارِ عَلَى كَرَاهَةِ الْغِنَاءِ وَالْمَنْعِ مِنْهُ. وَإِنَّمَا فَارَقَ الْجَمَاعَةَ إِبْرَاهِيمُ بْنُ سَعْدٍ وَعُبَيْدُ اللَّهِ الْعَنْبَرِيُّ، وَقَدْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (عَلَيْكُمْ بِالسَّوَادِ الْأَعْظَمِ. وَمَنْ فَارَقَ الْجَمَاعَةَ مَاتَ مِيتَةً جَاهِلِيَّةً) . قَالَ أَبُو الْفَرَجِ: وَقَالَ الْقَفَّالُ مِنْ أَصْحَابِنَا: لَا تُقْبَلُ شَهَادَةُ الْمُغَنِّي وَالرَّقَّاصِ. قُلْتُ: وَإِذْ قَدْ ثَبَتَ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ لَا يَجُوزُ فَأَخْذُ الْأُجْرَةِ عَلَيْهِ لَا تَجُوزُ. وَقَدِ ادَّعَى أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ الْإِجْمَاعَ عَلَى تَحْرِيمِ الْأُجْرَةِ عَلَى ذَلِكَ. وَقَدْ مَضَى فِي الانعام عند قوله: " وَعِنْدَهُ مَفاتِحُ الْغَيْبِ" «١» [الانعام: ٥٩] وحسبك. الرَّابِعَةُ- قَالَ الْقَاضِي أَبُو بَكْرِ بْنُ الْعَرَبِيِّ: وَأَمَّا سَمَاعُ الْقَيْنَاتِ فَيَجُوزُ لِلرَّجُلِ أَنْ يسمع غناء جاريته، إذ ليس شي مِنْهَا عَلَيْهِ حَرَامًا لَا مِنْ ظَاهِرِهَا وَلَا مِنْ بَاطِنِهَا، فَكَيْفَ يُمْنَعُ مِنَ التَّلَذُّذِ بِصَوْتِهَا. أَمَّا إِنَّهُ لَا يَجُوزُ انْكِشَافُ النِّسَاءِ لِلرِّجَالِ وَلَا هَتْكُ الْأَسْتَارِ وَلَا سَمَاعُ الرَّفَثِ، فَإِذَا خَرَجَ ذَلِكَ إِلَى مَا لَا يَحِلُّ وَلَا يَجُوزُ مُنِعَ مِنْ أَوَّلِهِ وَاجْتُثَّ مِنْ أَصْلِهِ. وَقَالَ أَبُو الطَّيِّبِ الطَّبَرِيُّ: أَمَّا سَمَاعُ الْغِنَاءِ مِنَ الْمَرْأَةِ الَّتِي لَيْسَتْ بِمَحْرَمٍ فَإِنَّ أَصْحَابَ الشَّافِعِيِّ قَالُوا لَا يَجُوزُ، سَوَاءٌ كَانَتْ حُرَّةً أَوْ مَمْلُوكَةً. قَالَ: وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: وَصَاحِبُ الْجَارِيَةِ إِذَا جَمَعَ النَّاسَ لِسَمَاعِهَا فَهُوَ سَفِيهٌ تُرَدُّ شَهَادَتُهُ، ثُمَّ غَلَّظَ الْقَوْلَ فِيهِ فَقَالَ: فَهِيَ دِيَاثَةٌ. وَإِنَّمَا جُعِلَ صَاحِبُهَا سَفِيهًا لِأَنَّهُ دَعَا النَّاسَ إِلَى الْبَاطِلِ، وَمَنْ دَعَا النَّاسَ إِلَى الْبَاطِلِ كَانَ سَفِيهًا. الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (لِيُضِلَّ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ) قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ بِضَمِّ الْيَاءِ، أَيْ لِيُضِلَّ غَيْرَهُ عَنْ طَرِيقِ الْهُدَى، وَإِذَا أَضَلَّ غَيْرَهُ فَقَدْ ضَلَّ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَحُمَيْدٌ وَأَبُو عَمْرٍو وَرُوَيْسٌ وَابْنُ أَبِي إِسْحَاقَ (بِفَتْحِ الْيَاءِ) عَلَى اللَّازِمِ، أَيْ ليضل هو نفسه.
(١). راجع ج ٧ ص ٣.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies