[Exégèse de la sourate Luqmân]
L’exégèse de la sourate Luqmân – qui est de révélation mecquoise – à l’exception de deux versets, selon Qatâdah ; le premier d’entre eux est : « Si tous les arbres qui sont sur la terre étaient des calames » (Luqmân : 27) jusqu’à la fin des deux versets. Ibn ʿAbbâs dit : il s’agit de trois versets, le premier étant : « Si tous les arbres qui sont sur la terre… », et la sourate compte trente-quatre versets.
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
[Coran, 31 : 1-5]
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
Alif-Lâm-Mîm. Voilà les versets du Livre plein de sagesse, une guidée et une miséricorde pour les bienfaisants, ceux qui accomplissent la prière, acquittent la zakât et, quant à l’au-delà, y croient avec certitude. Ceux-là sont sur une guidée de la part de leur Seigneur ; et ce sont eux les bienheureux.
Parole du Très-Haut : « Alif-Lâm-Mîm. Voilà les versets du Livre plein de sagesse. »
Le propos relatif aux lettres initiales des sourates a déjà été exposé. Le démonstratif « tilka » se trouve à la place du sujet d’une phrase elliptique ; c’est-à-dire : « Ces [lettres] sont… ». On peut également dire : « tîka âyâtul-kitâbil-ḥakîm » à la place de « tilka ».
« Le Livre » : le Coran. « Al-Ḥakîm » : parfaitement établi, c’est-à-dire exempt de toute faille ou contradiction. D’autres ont dit : « Celui qui détient la sagesse » ; d’autres encore : « l’Arbitre ».
« Guidée et miséricorde » se trouvent à l’accusatif en fonction circonstancielle, comme dans la parole : « Voici la chamelle d’Allah qui, pour vous, est un signe » (al-Aʿrâf : 73). Telle est la lecture des Médinois, d’Abû ʿAmr, de ʿÂṣim et d’al-Kisâʾî. Ḥamzah lit : « hudan wa-raḥmatun » au nominatif, et cela s’explique de deux manières : soit par l’ellipse d’un sujet – puisqu’il s’agit du premier verset – soit parce que l’expression est le khabar de « tilka ».
Le muḥsin est celui qui adore Allah comme s’il Le voyait ; et s’il ne Le voit pas, certes Lui, le voit. On a dit encore : il s’agit de ceux qui se montrent bienfaisants dans la religion, à savoir l’islam, conformément à la parole du Très-Haut : « Et qui donc a une religion meilleure que celui qui soumet son visage à Allah » (an-Nisâʾ : 125).
« Ceux qui accomplissent la prière » : il s’agit d’un syntagme épithète, mais on peut également le lire au nominatif par rupture, avec le sens : « ce sont ceux qui… », ou à l’accusatif par l’ellipse du verbe « je veux dire ». L’explication de ce verset et du suivant a déjà été donnée dans la sourate al-Baqarah et ailleurs.