Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate ar-Rûm (30), verset 50]
« Regarde donc les effets de la miséricorde d’Allah : comment Il redonne vie à la terre après sa mort. Certes, Celui-là est bien Celui qui fera revivre les morts, et Il est capable de toute chose. » (50)

Parole du Très-Haut :
« Regarde donc les effets de la miséricorde d’Allah »
— il s’agit de la pluie. Autrement dit : contemplez-la avec clairvoyance et comme élément de preuve, et concluez que Celui qui en est capable est, à plus forte raison, capable de ressusciter les morts.

Ibn ʿÂmir, Ḥafṣ, Ḥamza et al-Kisâʾî lisent « ʾāthāri » (au pluriel), alors que les autres la récitent au singulier, parce qu’il est annexé à un nom au singulier. « Al-athar » est le sujet du verbe « yuḥyî » (« fait revivre ») ; il est toutefois permis de considérer que le sujet est le Nom d’Allah —Exalté soit-Il.

Quant à celui qui lit « ʾāthāri » (pluriel) alors que suit « la miséricorde d’Allah », on peut y voir l’intention d’exprimer la multiplicité, comme dans Sa parole : « Si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne saurez les dénombrer » (Ibrâhîm, 34).

Al-Jaḥdarî, Abû Ḥaywah et d’autres ont lu : « kayfa tuḥyî al-arḍa » (« comment tu fais revivre la terre ») avec la lettre tâ’ ; ils reportent ainsi le féminin sur le terme « miséricorde », parce que l’effet de la miséricorde tient lieu de celle-ci, comme si c’était elle la miséricorde : « comment la miséricorde, ou ses effets, font revivre la terre ». Dans la lecture à la troisième personne (« kayfa yuḥyî »), c’est Allah —glorifié soit-Il—, la pluie ou l’effet (pour celui qui lit « ʾathari ») qui fait revivre la terre.

L’expression « kayfa yuḥyî al-arḍa » occupe la fonction de circonstancielle, selon une construction fondée sur le sens : la forme est interrogative, mais la valeur est celle d’un prédicat. Le sens est donc : « Regarde l’effet de la miséricorde d’Allah, vivifiant la terre après sa mort ».

« Certes, Celui-là est le Vivificateur des morts, et Il est Puissant sur toute chose » : il s’agit d’induire l’invisible à partir du visible.

[Sourate ar-Rûm (30), verset 51]
« Et si Nous envoyions un vent, et qu’ils le voient jauni, ils demeureraient après cela dans la mécréance. » (51)

Parole du Très-Haut :
« Et si Nous envoyions un vent et qu’ils le voient jauni »
— c’est-à-dire le vent ; le mot « rîḥ » peut être traité comme masculin. Muḥammad ibn Yazîd dit : il n’est pas interdit de masculiniser tout féminin non véritable, comme dans l’expression « aʿjabani ad-dâr » (« la demeure me plaît ») et autres.

D’aucuns ont dit : il s’agit du nuage.

Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit de la récolte, c’est-à-dire de l’effet (évoqué plus haut). Le sens est donc : ils voient cet effet jauni. Le jaunissement de la récolte après son verdoiement indique son dessèchement ; de même, un nuage jauni annonce qu’il ne donnera pas de pluie ; de même encore, un vent jauni indique qu’il ne fécondera pas (les nuages).

« ils demeureraient alors, après cela, à mécroire » — c’est-à-dire : ils persisteraient inlassablement. Il était approprié d’employer ici le passé à la place du futur en raison de l’idée de rétribution contenue dans l’énoncé, et la rétribution ne touche que le futur, selon al-Khalîl et d’autres.

[[سورة الروم (٣٠) : آية ٥٠]] فَانْظُرْ إِلى آثارِ رَحْمَتِ اللَّهِ كَيْفَ يُحْيِ الْأَرْضَ بَعْدَ مَوْتِها إِنَّ ذلِكَ لَمُحْيِ الْمَوْتى وَهُوَ عَلى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ (٥٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَانْظُرْ إِلى آثارِ رَحْمَتِ اللَّهِ) يَعْنِي الْمَطَرَ، أَيِ انْظُرُوا نَظَرَ اسْتِبْصَارٍ وَاسْتِدْلَالٍ، أَيِ اسْتَدِلُّوا بِذَلِكَ عَلَى أَنَّ مَنْ قَدَرَ عَلَيْهِ قَادِرٌ عَلَى إِحْيَاءِ الْمَوْتَى. وَقَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَحَفْصٌ وَحَمْزةُ وَالْكِسَائِيُّ: " آثارِ" بِالْجَمْعِ. الْبَاقُونَ بِالتَّوْحِيدِ، لِأَنَّهُ مُضَافٌ إِلَى مُفْرَدٍ. وَالْأَثَرُ فاعل " يُحْيِ" وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْفَاعِلُ اسْمَ اللَّهِ عَزَّ وجل. ومن قرأ: " آثارِ" بالجمع فلان " رَحْمَتِ اللَّهِ" يَجُوزُ أَنْ يُرَادَ بِهَا الْكَثْرَةُ، كَمَا قَالَ تَعَالَى: " وَإِنْ تَعُدُّوا نِعْمَةَ اللَّهِ لَا تُحْصُوها" «١» [إبراهيم: ٣٤] . وَقَرَأَ الْجَحْدَرِيُّ وَأَبُو حَيْوَةَ وَغَيْرُهُمَا: " كَيْفَ تُحْيِي الْأَرْضَ" بِتَاءٍ، ذَهَبَ بِالتَّأْنِيثِ إِلَى لَفْظِ الرَّحْمَةِ، لِأَنَّ أَثَرَ الرَّحْمَةِ يَقُومُ مَقَامَهَا فَكَأَنَّهُ هُوَ الرَّحْمَةُ، أَيْ كَيْفَ تُحْيِي الرَّحْمَةُ الْأَرْضَ أَوِ الآثار. و " يُحْيِ" أَيْ يُحْيِي اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَوِ الْمَطَرُ أَوِ الْأَثَرُ فِيمَنْ قَرَأَ بِالْيَاءِ. وَ " كَيْفَ يُحْيِ الْأَرْضَ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ عَلَى الْحَالِ عَلَى الْحَمْلِ عَلَى الْمَعْنَى لِأَنَّ اللَّفْظَ لَفْظُ الِاسْتِفْهَامِ وَالْحَالُ خَبَرٌ، وَالتَّقْدِيرُ: فَانْظُرْ إِلَى أَثَرِ رَحْمَةِ اللَّهِ مُحْيِيَةً لِلْأَرْضِ بَعْدَ مَوْتِهَا. (إِنَّ ذلِكَ لَمُحْيِ الْمَوْتى وَهُوَ عَلى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ) اسْتِدْلَالٌ بالشاهد على الغائب. [[سورة الروم (٣٠) : آية ٥١]] وَلَئِنْ أَرْسَلْنا رِيحاً فَرَأَوْهُ مُصْفَرًّا لَظَلُّوا مِنْ بَعْدِهِ يَكْفُرُونَ (٥١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَئِنْ أَرْسَلْنا رِيحاً فَرَأَوْهُ مُصْفَرًّا) يَعْنِي الرِّيحَ، وَالرِّيحُ يَجُوزُ تَذْكِيرُهُ. قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ يَزِيدَ: لَا يَمْتَنِعُ تَذْكِيرُ كُلِّ مُؤَنَّثٍ غَيْرِ حَقِيقِيٍّ، نَحْوِ أَعْجَبَنِي الدَّارُ وَشَبَهِهِ. وَقِيلَ: فَرَأَوُا السَّحَابَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: الزَّرْعُ، وَهُوَ الْأَثَرُ، وَالْمَعْنَى: فَرَأَوُا الْأَثَرَ مُصْفَرًّا، وَاصْفِرَارُ الزَّرْعِ بَعْدَ اخْضِرَارِهِ يَدُلُّ عَلَى يُبْسِهِ، وَكَذَا السَّحَابُ يَدُلُّ عَلَى أَنَّهُ لَا يُمْطِرُ، وَالرِّيحُ عَلَى أَنَّهَا لَا تُلَقِّحُ (لَظَلُّوا مِنْ بَعْدِهِ يَكْفُرُونَ) أَيْ لَيَظَلُّنَّ، وَحَسُنَ وُقُوعُ الْمَاضِي فِي مَوْضِعِ الْمُسْتَقْبَلِ لِمَا فِي الْكَلَامِ مِنْ مَعْنَى الْمُجَازَاةِ، وَالْمُجَازَاةُ لَا تَكُونُ إِلَّا بِالْمُسْتَقْبَلِ، قاله الخليل وغيره.
(١). راجع ج ٩ ص ٣٧٦ فما بعد. [ ..... ]

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