Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

ce qui apparaît sur la langue et ce qui demeure caché dans le cœur.

Et l’on a dit : le « barr » (la terre ferme) désigne les contrées désertiques, tandis que le « bahr » (la mer) renvoie aux villages ; tel est l’avis de ‘Ikrimah. Les Arabes, en effet, appellent les cités « bihâr » (mers).

Qatâdah a déclaré : le « barr » correspond aux gens de la tente – les nomades –, et le « bahr » aux habitants des villages et des campagnes.

Ibn ‘Abbâs a dit : le « barr » est toute ville ou tout bourg situé loin d’un fleuve, tandis que le « bahr » est ce qui se trouve sur la rive d’un fleuve. Mujâhid a tenu la même parole : « Non, par Allâh, il ne s’agit pas de votre mer présente, mais de tout village établi au bord d’une eau courante ; voilà ce qu’est un “bahr”. »

Al-Naḥḥâs en a exposé la portée : il existe à ce sujet deux interprétations.

La première : la sécheresse a frappé la terre ferme – c’est-à-dire les déserts et leurs hameaux – ainsi que la « mer », c’est-à-dire les villes riveraines, comme dans la parole du Très-Haut : « Et interroge la cité » (Yûsuf, 82). Autrement dit : la rareté de la pluie et la cherté des denrées se sont manifestées.

« Par ce que les mains des gens ont acquis, afin qu’Il leur fasse goûter quelque chose… », c’est-à-dire la punition d’une part de « ce qu’ils ont œuvré », puis le complément a été omis.

La seconde interprétation : les désobéissances – brigandage, injustice – se sont propagées ; telle est la véritable corruption (al-fasâd). Le premier avis n’est alors qu’une explication figurée. Suivant cette seconde voie, la phrase comporte une ellipse et une concision mises en lumière par la suite du passage. Le sens devient : les péchés sont apparus sur terre et sur mer, Allâh leur a alors retenu la pluie et fait flamber les prix, afin de leur faire goûter la sanction d’une partie de ce qu’ils ont commis,

« peut-être reviendront-ils » – c’est-à-dire, afin qu’ils se repentent.

Il a dit : « une partie de ce qu’ils ont œuvré », car l’essentiel de la rétribution appartient à l’Au-delà.

La récitation usuelle lit « li-yudhîqahum » (Il leur fasse goûter) à la troisième personne. Ibn ‘Abbâs l’a lu à la première personne du pluriel : « nuḏîqahum », et cette lecture est celle d’as-Sulamî, d’Ibn Muḥayṣin, de Qunbul et de Ya‘qūb, par majesté : « Nous leur ferons goûter la punition d’une partie de ce qu’ils ont œuvré. »

(Sourate ar-Rûm, 30 : 42)

Dis : « Parcourez la terre, puis voyez quelle fut la fin de ceux d’autrefois. La plupart d’entre eux étaient des associateurs ».

Parole du Très-Haut :

« Dis : Parcourez la terre » – c’est-à-dire : dis-leur, ô Muḥammad, de voyager à travers le monde afin qu’ils méditent sur le sort de leurs devanciers et qu’ils constatent comment finit celui qui traita les messagers de menteurs.

« La plupart d’entre eux étaient des polythéistes », c’est-à-dire des mécréants ; ils furent donc anéantis.

(Sourate ar-Rûm, 30 : 43)

« Oriente donc ton visage vers la Religion droite avant qu’il ne vienne un Jour que nul ne pourra repousser, venant d’Allâh. Ce Jour-là, ils se sépareront. "

مَا عَلَى اللِّسَانِ وَخَفَاءِ مَا فِي الْقَلْبِ. وَقِيلَ: الْبَرُّ: الْفَيَافِي، وَالْبَحْرُ: الْقُرَى، قَالَهُ عِكْرِمَةُ. وَالْعَرَبُ تُسَمِّي الْأَمْصَارَ الْبِحَارَ. وَقَالَ قَتَادَةُ: الْبَرُّ أَهْلُ الْعَمُودِ، وَالْبَحْرُ أَهْلُ الْقُرَى وَالرِّيفِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِنَّ الْبَرَّ مَا كَانَ مِنَ الْمُدُنِ وَالْقُرَى عَلَى غَيْرِ نَهْرٍ، وَالْبَحْرَ مَا كَانَ عَلَى شَطِّ نَهْرٍ، وَقَالَهُ مُجَاهِدٌ، قَالَ: أَمَا وَاللَّهِ مَا هُوَ بَحْرُكُمْ هَذَا، وَلَكِنْ كُلُّ قَرْيَةٍ عَلَى مَاءٍ جَارٍ فَهِيَ بَحْرٌ. وَقَالَ مَعْنَاهُ النَّحَّاسُ، قَالَ: فِي مَعْنَاهُ قَوْلَانِ: أحدهما: ظهر الجذب فِي الْبَرِّ، أَيْ فِي الْبَوَادِي وَقُرَاهَا، وَفِي البحر أي في مدن البحر، مثل: " وَسْئَلِ الْقَرْيَةَ" «١» [يوسف: ٨٢] . أَيْ ظَهَرَ قِلَّةُ الْغَيْثِ وَغَلَاءُ السِّعْرِ. " بِما كَسَبَتْ أَيْدِي النَّاسِ لِيُذِيقَهُمْ بَعْضَ" أَيْ عِقَابَ بَعْضِ " الَّذِي عَمِلُوا" ثُمَّ حُذِفَ. وَالْقَوْلُ الْآخَرُ- أَنَّهُ ظَهَرَتِ الْمَعَاصِي مِنْ قَطْعِ السَّبِيلِ وَالظُّلْمِ، فَهَذَا هُوَ الْفَسَادُ عَلَى الْحَقِيقَةِ، وَالْأَوَّلُ مَجَازٌ إِلَّا أَنَّهُ عَلَى الْجَوَابِ الثَّانِي، فَيَكُونُ فِي الْكَلَامِ حَذْفٌ وَاخْتِصَارٌ دَلَّ عَلَيْهِ مَا بَعْدَهُ، وَيَكُونُ الْمَعْنَى: ظَهَرَتِ الْمَعَاصِي فِي الْبَرِّ وَالْبَحْرِ فَحَبَسَ اللَّهُ عَنْهُمَا الْغَيْثَ وَأَغْلَى سِعْرَهُمْ لِيُذِيقَهُمْ عِقَابَ بَعْضِ الَّذِي عَمِلُوا. " لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ" لَعَلَّهُمْ يَتُوبُونَ. وَقَالَ: " بَعْضَ الَّذِي عَمِلُوا" لِأَنَّ مُعْظَمَ الْجَزَاءِ فِي الْآخِرَةِ. وَالْقِرَاءَةُ " لِيُذِيقَهُمْ" بِالْيَاءِ. وَقَرَأَ ابْنُ عَبَّاسٍ بِالنُّونِ، وَهِيَ قِرَاءَةُ السُّلَمِيِّ وَابْنِ مُحَيْصِنٍ وَقُنْبُلٍ وَيَعْقُوبَ عَلَى التَّعْظِيمِ، أَيْ نُذِيقَهُمْ عقوبة بعض ما عملوا. [[سورة الروم (٣٠) : آية ٤٢]] قُلْ سِيرُوا فِي الْأَرْضِ فَانْظُرُوا كَيْفَ كانَ عاقِبَةُ الَّذِينَ مِنْ قَبْلُ كانَ أَكْثَرُهُمْ مُشْرِكِينَ (٤٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: (قُلْ سِيرُوا فِي الْأَرْضِ) أَيْ قُلْ لَهُمْ يَا مُحَمَّدُ سِيرُوا فِي الْأَرْضِ لِيَعْتَبِرُوا بِمَنْ قَبْلَهُمْ، وَيَنْظُرُوا كَيْفَ كَانَ عَاقِبَةُ مَنْ كَذَّبَ الرُّسُلَ (كانَ أَكْثَرُهُمْ مُشْرِكِينَ) أَيْ كافرين فأهلكوا. [[سورة الروم (٣٠) : آية ٤٣]] فَأَقِمْ وَجْهَكَ لِلدِّينِ الْقَيِّمِ مِنْ قَبْلِ أَنْ يَأْتِيَ يَوْمٌ لَا مَرَدَّ لَهُ مِنَ اللَّهِ يَوْمَئِذٍ يَصَّدَّعُونَ (٤٣)
(١). راجع ج ٩ ص ٢٤٥ فما بعد.

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