Et selon ʿAlî – qu’Allah l’agrée –, on rapporte de Mutarrif dans « al-Wâdhiḥa » que la donation, tant que le bien offert demeure en l’état, qu’il ait augmenté ou diminué, le donateur conserve le droit d’y revenir, même si le donataire lui a accordé en contrepartie quelque chose de plus précieux.
On a également dit : si le bien donné subsiste sans altération, le donateur reprend ce qu’il veut. D’autres ont jugé qu’il lui incombe d’en payer la valeur, à l’instar du mariage sans détermination de dot (nikâḥ at-tafwîḍ). Mais si le bien n’existe plus, il n’a droit, d’un commun accord, qu’à en percevoir la valeur ; c’est l’avis d’Ibn al-ʿArabî.
Quatrièmement – parole du Très-Haut :
« pour qu’il fructifie (liyarbuwâ)… »
La majorité des sept lecteurs ont lu « liyarbuwâ » avec la lettre yâʾ, le verbe étant rapporté au ribâ (l’intérêt usuraire). Nāfiʿ, lui seul, l’a récité avec taʾ initiale, le wāw restant muette, à l’adresse des interlocuteurs : « afin que vous soyez gens d’accroissement ». Cette lecture est celle d’Ibn ʿAbbâs, al-Ḥasan, Qatâda et al-Shaʿbî. Abū Ḥâtim dit : « C’est notre lecture. » Abū Mâlik a lu : « liturabbû-hâ » avec un pronom féminin.
« …il ne fructifie pas auprès d’Allah » c’est-à-dire qu’aucune pureté n’en découle et qu’Il n’y accorde pas de récompense, car Il n’accepte que ce qui est recherché pour Sa Face et voué à Lui en toute sincérité, comme il l’a été exposé dans la sûrah an-Nisâʾ.
« Et tout ce que vous donnez comme zakât… » – Ibn ʿAbbâs explique : c’est-à-dire comme aumône –
« …cherchant la Face d’Allah, ceux-là sont les multipliés », c’est-à-dire c’est cela qu’Il agrée et multiplie pour eux par dix, voire davantage, conformément à Sa parole :
« Qui donc fera à Allah un prêt excellent ? Il le lui multipliera maintes fois. » (al-Baqarah, 245)
Et Sa parole :
« Le cas de ceux qui dépensent leurs biens en quête de l’agrément d’Allah et pour affermir leurs âmes ressemble à un jardin sur une colline… » (al-Baqarah, 265)
Il dit encore : « ceux-là sont les multipliés » et non : « vous êtes les multipliés », car Il passe du tutoiement à la troisième personne, comme dans :
« Quand vous êtes dans le navire et qu’ils voguent avec eux… » (Yûnus, 22).
Concernant le terme « al-muḍʿifîn » (les multipliés), deux explications sont avancées :
- Leurs bonnes actions leur sont multipliées, ainsi que nous l’avons mentionné ;
- Le bien et la félicité leur ont déjà été multipliés ; autrement dit, ils sont gens de multiples bienfaits, de même qu’on dit : un tel est « muqw » quand ses chameaux sont vigoureux, « mūsmin » quand ses chameaux sont gras, « muʿṭish » quand ils sont assoiffés, et « muḍʿif » quand ils sont faibles.
Il en est de même dans la supplication du Prophète – paix et bénédiction d’Allah sur lui – : « Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le démon impur, le maudit ». Le terme « al-mukhbith » désigne celui qu’a atteint une souillure. On dit aussi : « Untel est raddʾ », c’est-à-dire mauvais en lui-même ; et « murdīʾ », c’est que ses compagnons sont de mauvaise nature.