Parmi ce qui s’en rapproche, on rapporte d’Ali – qu’Allah l’agrée – qu’il a dit :
« Les dons sont de trois sortes : un don par lequel on recherche la Face d’Allah, un don par lequel on recherche la considération des gens, et un don par lequel on recherche une contre-partie. Quant au don de contre-partie, son auteur peut le reprendre s’il n’en est pas récompensé. »
Al-Bukhârî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a intitulé un chapitre : « Chapitre : Récompenser celui qui fait un don » et y a cité le hadith de ‘Â’ishah : « Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – acceptait les présents et les récompensait. Il récompensa ainsi pour une chamelle laitière, et il ne blâma point son propriétaire lorsqu’il réclama une compensation ; il ne désapprouva que son mécontentement de la rétribution, laquelle excédait la valeur de l’animal. » Ce hadith a également été rapporté par at-Tirmidhî.
Troisièmement – ce qu’Ali – qu’Allah l’agrée – a exposé à propos de la donation est juste, car celui qui fait un don ne sort pas de trois situations :
- Qu’il le fasse pour la Face d’Allah Très-Haut et qu’il en recherche la récompense auprès de Lui ;
- Qu’il le fasse pour la considération des gens, par ostentation, afin qu’ils le louent et fassent son éloge ;
- Qu’il le fasse en vue d’obtenir une contre-partie de la part du bénéficiaire, question déjà traitée plus haut.
Le Prophète – paix et salut sur lui – a dit : « Les actes ne valent que par les intentions, et chacun n’aura que ce qu’il a eu l’intention (d’obtenir). »
Ainsi, si quelqu’un fait une donation recherchant la Face d’Allah Très-Haut et la récompense auprès de Lui, alors – par Sa grâce et Sa miséricorde – il obtiendra ce qu’il espère. Allah – exalté soit-Il – dit : « Et tout ce que vous donnez comme zakât en recherchant la Face d’Allah, ceux-là verront leur récompense multipliée. »
De même, celui qui subvient aux besoins d’un proche afin qu’il devienne aisé et ne soit plus à charge, l’intention dans ce cas suit la finalité : s’il agit pour paraître dans le monde, ce n’est pas pour la Face d’Allah ; mais s’il le fait en raison du droit de la parenté et du lien de sang qui les unit, c’est alors pour la Face d’Allah.
Quant à celui qui fait un don en recherchant la considération des gens, par ostentation, afin qu’ils le louent et le glorifient, il ne retire aucun profit de son don : ni récompense ici-bas, ni salaire dans l’au-delà. Allah – exalté soit-Il – dit : « Ô vous qui avez cru, n’annulez pas vos aumônes par le rappel du bienfait et l’offense, comme celui qui dépense son bien pour être vu des gens… » (Al-Baqarah, 264).
En revanche, celui qui offre un don pour recevoir une contre-partie de la part du bénéficiaire a droit à ce qu’il a visé par son don ; il lui est permis de le reprendre tant qu’il n’a pas été dédommagé de sa valeur, selon la position d’Ibn al-Qâsim, ou tant qu’il n’a pas agréé une compensation supérieure à sa valeur, selon l’avis explicite de ‘Umar.