Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

D’après ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAlqamah : « La délégation de Thaqîf se présenta auprès du Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – en ayant avec elle un présent. Il leur dit : « S’agit-il d’un cadeau ou d’une aumône ? Si c’est un cadeau, on ne vise par lui que la Face du Messager d’Allah – qu’Allah le couvre d’éloges et de salut – ainsi que le règlement d’un besoin ; et si c’est une aumône, on ne recherche par elle que la Face d’Allah, le Très-Haut. » Ils répondirent : « Non, c’est plutôt un cadeau. » Il l’accepta donc d’eux, s’assit avec eux, les questionna et se laissa interroger.

Ibn ʿAbbâs – qu’Allah l’agrée – et Ibrâhîm an-Nakhʿaî ont dit : « Le verset est descendu au sujet de gens qui donnaient à leurs proches et à leurs frères dans l’intention de les favoriser, de les financer et de leur faire grâce, afin qu’ils voient leurs biens augmenter pour leur profit. »

Aš-Šaʿbî a déclaré : « Le sens du verset est que tout service qu’un homme rend à quelqu’un, toute faveur qu’il lui facilite pour en tirer un avantage dans ce bas-monde, le profit ainsi obtenu comme contrepartie ne fructifie pas auprès d’Allah. »

Il a également été dit : « Cette pratique était interdite au Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – à titre particulier, conformément à la parole du Très-Haut : ﴾Et ne donne pas pour recevoir davantage﴿ (al-Muddaththir, 6). Il lui fut ainsi défendu d’offrir quelque chose puis d’en recevoir une contrepartie plus importante. »

D’autres ont dit : « Il s’agit là de l’usure prohibée ; le sens de ﴾cela ne fructifie pas auprès d’Allah﴿ est alors qu’il ne sera pas jugé en faveur de celui qui la prélève, mais qu’elle revient à celui à qui elle a été prise. »

As-Suddi a affirmé : « Ce verset fut révélé au sujet de l’usure pratiquée par Thaqîf, car ils s’y adonnaient et les Qurayš la pratiquaient avec eux. »

Deuxièmement, le Qâḍî Abû Bakr ibn al-ʿArabî a dit : « Le texte explicite du verset vise celui qui fait un don en recherchant, en retour, un surplus des biens des gens lors de la compensation. »

Al-Muhallab a rapporté que les savants ont divergé au sujet de celui qui offre un présent en réclamant sa contrepartie et déclare : « Je n’ai voulu que la rétribution. » Mâlik a dit : « L’affaire est examinée : si le donateur est de ceux qui, d’ordinaire, attendent une rétribution de la part du bénéficiaire, il y a droit – comme le don du pauvre au riche, du serviteur à son maître, ou de l’homme à son gouverneur et à celui qui est au-dessus de lui. » C’est l’une des deux opinions rapportées de aš-Šâfiʿî.

Abû Ḥanîfah a dit : « Il n’a pas droit à une contrepartie s’il ne l’a pas stipulée », et c’est l’autre avis rapporté de aš-Šâfiʿî. Il ajouta : « Le don conditionné par une rétribution est caduc et ne lui est d’aucune utilité, car il s’apparente à une vente dont le prix est inconnu. »

Les juristes de Kûfa ont argumenté que la nature même de la hiba (don) est la libéralité ; si l’on y impose une compensation, l’esprit de la libéralité disparaît et elle devient assimilée aux transactions commerciales. Or les Arabes ont distingué entre le terme “vente” et le terme “don” : ils ont réservé le mot “vente” à ce qui appelle une contrepartie, et “don” à l’inverse de cela.

Notre preuve est le hadith rapporté par Mâlik dans son Muwaṭṭaʾ d’après ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée – qui a dit : « Tout homme qui fait un don qu’il considère comme étant pour une rétribution demeure propriétaire de son don tant qu’il n’est pas satisfait. »

عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ عَلْقَمَةَ قَالَ: قَدِمَ وَفْدُ ثَقِيفٍ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَعَهُمْ هَدِيَّةٌ [فَقَالَ: (أَهَدِيَّةٌ أَمْ صَدَقَةٌ «١» ] فَإِنْ كَانَتْ هَدِيَّةً فَإِنَّمَا يُبْتَغَى بِهَا وَجْهُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَضَاءَ الْحَاجَةِ، وَإِنْ كَانَتْ صَدَقَةً فَإِنَّمَا يُبْتَغَى بِهَا وَجْهُ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ) قَالُوا: لَا بَلْ هَدِيَّةٌ، فَقَبِلَهَا مِنْهُمْ وَقَعَدَ مَعَهُمْ يُسَائِلُهُمْ وَيَسْأَلُونَهُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ أَيْضًا وَإِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ: نَزَلَتْ فِي قَوْمٍ يُعْطُونَ قَرَابَاتِهِمْ وَإِخْوَانَهُمْ عَلَى مَعْنَى نَفْعِهِمْ وَتَمْوِيلِهِمْ وَالتَّفَضُّلِ عَلَيْهِمْ، وَلِيَزِيدُوا فِي أَمْوَالِهِمْ عَلَى وَجْهِ النَّفْعِ لَهُمْ. وَقَالَ الشَّعْبِيُّ: مَعْنَى الْآيَةِ أَنَّ مَا خَدَمَ الْإِنْسَانُ بِهِ أَحَدًا وَخَفَّ لَهُ لِيَنْتَفِعَ بِهِ فِي دُنْيَاهُ فَإِنَّ ذَلِكَ النَّفْعَ الَّذِي يَجْزِي بِهِ الْخِدْمَةَ لَا يَرْبُو عِنْدَ اللَّهِ. وَقِيلَ: كَانَ هَذَا حَرَامًا عَلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى الْخُصُوصِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَلا تَمْنُنْ تَسْتَكْثِرُ" «٢» [المدثر: ٦] فَنَهَى أَنْ يُعْطِيَ شَيْئًا فَيَأْخُذَ أَكْثَرَ مِنْهُ عِوَضًا. وَقِيلَ: إِنَّهُ الرِّبَا الْمُحَرَّمُ، فَمَعْنَى: " فَلا يَرْبُوا عِنْدَ اللَّهِ" عَلَى هَذَا الْقَوْلِ لَا يُحْكَمُ بِهِ لِآخِذِهِ بَلْ هُوَ لِلْمَأْخُوذِ مِنْهُ. قَالَ السُّدِّيُّ: نَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ فِي رِبَا ثَقِيفٍ، لِأَنَّهُمْ كَانُوا يَعْمَلُونَ بِالرِّبَا وَتَعْمَلُهُ فِيهِمْ قُرَيْشٌ. الثَّانِيَةُ- قَالَ الْقَاضِي أَبُو بَكْرِ بْنُ الْعَرَبِيِّ: صَرِيحُ الْآيَةِ فِيمَنْ يَهَبُ يَطْلُبُ «٣» الزِّيَادَةَ مِنْ أَمْوَالِ النَّاسِ فِي الْمُكَافَأَةِ. قَالَ الْمُهَلَّبُ: اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِيمَنْ وَهْبَ هِبَةً يَطْلُبُ ثَوَابَهَا وَقَالَ: إِنَّمَا أَرَدْتُ الثَّوَابَ، فَقَالَ مَالِكٌ: يُنْظَرُ فِيهِ، فَإِنْ كَانَ مِثْلُهُ مِمَّنْ يَطْلُبُ الثَّوَابَ مِنَ الْمَوْهُوبِ لَهُ فَلَهُ ذَلِكَ، مِثْلُ هِبَةِ الْفَقِيرِ لِلْغَنِيِّ، وَهِبَةِ الْخَادِمِ لِصَاحِبِهِ، وَهِبَةِ الرَّجُلِ لِأَمِيرِهِ وَمَنْ فَوْقَهُ، وَهُوَ أَحَدُ قَوْلَيِ الشَّافِعِيِّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَكُونُ لَهُ ثَوَابٌ إِذَا لَمْ يَشْتَرِطْ، وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ الْآخَرُ. قَالَ: وَالْهِبَةُ لِلثَّوَابِ بَاطِلَةٌ لَا تَنْفَعُهُ، لِأَنَّهَا بَيْعٌ بِثَمَنٍ مَجْهُولٍ. وَاحْتَجَّ الْكُوفِيُّ بِأَنَّ مَوْضُوعَ الْهِبَةِ التَّبَرُّعُ، فَلَوْ أَوْجَبْنَا فِيهَا الْعِوَضَ لَبَطَلَ مَعْنَى التَّبَرُّعِ وَصَارَتْ فِي مَعْنَى الْمُعَاوَضَاتِ، وَالْعَرَبُ قَدْ فَرَّقَتْ بَيْنَ لَفْظِ الْبَيْعِ وَلَفْظِ الْهِبَةِ، فَجَعَلَتْ لَفْظَ الْبَيْعِ عَلَى مَا يُسْتَحَقُّ فِيهِ الْعِوَضُ، وَالْهِبَةُ بِخِلَافِ ذَلِكَ. وَدَلِيلُنَا مَا رَوَاهُ مَالِكٌ فِي مُوَطَّئِهِ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ: أَيُّمَا رَجُلٍ وَهَبَ هِبَةً يَرَى أَنَّهَا لِلثَّوَابِ فَهُوَ عَلَى هبته حتى يرضى
(١). ما بين المربعين ساقط من ش. (٢). راجع ج ١٩ ص ٦٦. (٣). لفظة يطلب ساقطة من ج وش.

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