Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Troisièmement –
« Cela est meilleur pour ceux qui recherchent la Face d’Allah » : autrement dit, s’acquitter du droit (du pauvre) est préférable au fait de retenir son bien, dès lors que l’on vise par là le Visage d’Allah et la proximité auprès de Lui.
« Et ceux-là sont les bienheureux » : c’est-à-dire les gagnants, ceux qui obtiendront la récompense désirée dans l’au-delà. L’exégèse de ces mots a déjà été exposée dans la sourate « Al-Baqarah ».

[Coran, sourate Ar-Rûm (30), verset 39]
« Tout ce que vous remettez à titre d’usure afin qu’il augmente dans les biens des gens, il n’augmentera point auprès d’Allah ; tandis que ce que vous donnez en zakât, cherchant la Face d’Allah, ceux-là verront (leur récompense) multipliée. »

Parole du Très-Haut :
« Et tout ce que vous donnez comme usure pour qu’il croisse dans les biens des gens, il ne croîtra point auprès d’Allah. »
Ce passage comporte quatre questions.

Premièrement : après avoir mentionné ce qui est offert pour Sa Face et qui demeure, Allah rappelle ce qui ne possède pas cette qualité et que, pourtant, l’on prétend également offrir pour Son Visage.

La majorité des récitateurs lisent « آتيتم » avec allongement, au sens de : « vous avez donné ». Ibn Kathîr, Mujâhid et Humayd le lisent sans allongement, c’est-à-dire : « ce que vous pratiquez comme usure afin qu’elle croisse », de la même façon que l’on dit : « j’ai commis ce qui est juste » ou « j’ai commis une faute ». Tous, cependant, s’accordent à allonger le mot dans l’expression : « Et tout ce que vous donnez comme zakât ».

Le terme ribâ signifie « surcroît » ; son explication détaillée figure déjà dans « Al-Baqarah », où il est interdit, tandis qu’ici il est déclaré licite. Il en résulte qu’il existe deux sortes d’usure : l’une licite, l’autre illicite.

Ikrima, commentant la Parole d’Allah : « Et tout ce que vous donnez comme usure… », affirme qu’il existe deux ribâ : un ribâ halal et un ribâ haram. Le ribâ halal consiste en un présent que l’on offre en espérant recevoir quelque chose de meilleur.

Al-Dahhâk dit au sujet de ce verset : il s’agit du ribâ licite, c’est-à-dire du cadeau offert pour être récompensé par un bien meilleur ; il n’y a, pour celui qui donne, ni mérite ni péché.

Ibn ʿAbbâs déclare de même : « Et ce que vous donnez comme ribâ » vise le don d’un homme qui offre un objet dans l’espoir qu’on le lui rende par un présent supérieur. Cela ne s’élève pas auprès d’Allah, son auteur n’en est pas rétribué, mais il ne porte pas non plus de péché ; c’est dans ce sens que le verset fut révélé.

Ibn ʿAbbâs, Ibn Jubayr, Tâwus et Mujâhid précisent : ce verset concerne la « hiba at-thawâb », autrement dit le « don rémunéré ».

Ibn ʿAṭiyya ajoute : tout ce qui est de cet ordre – quiconque agit afin d’être récompensé, comme un salut ou autre geste d’amabilité – bien qu’il n’y ait là aucun péché, il n’y a pas non plus de récompense ni d’accroissement auprès d’Allah Très-Haut. C’est également l’avis du juge Abû Bakr ibn al-ʿArabî. Cette opinion est rapportée dans le recueil d’an-Nasâ’î.

الثَّالِثَةُ- (ذلِكَ خَيْرٌ لِلَّذِينَ يُرِيدُونَ وَجْهَ اللَّهِ) أَيْ إِعْطَاءُ الْحَقِّ أَفْضَلُ مِنَ الْإِمْسَاكِ إِذَا أُرِيدَ بِذَلِكَ وَجْهُ اللَّهِ وَالتَّقَرُّبُ إِلَيْهِ. (وَأُولئِكَ هُمُ الْمُفْلِحُونَ) أَيِ الْفَائِزُونَ بِمَطْلُوبِهِمْ مِنَ الثَّوَابِ فِي الْآخِرَةِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْبَقَرَةِ" «١» الْقَوْلُ فيه. [[سورة الروم (٣٠) : آية ٣٩]] وَما آتَيْتُمْ مِنْ رِباً لِيَرْبُوَا فِي أَمْوالِ النَّاسِ فَلا يَرْبُوا عِنْدَ اللَّهِ وَما آتَيْتُمْ مِنْ زَكاةٍ تُرِيدُونَ وَجْهَ اللَّهِ فَأُولئِكَ هُمُ الْمُضْعِفُونَ (٣٩) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَما آتَيْتُمْ مِنْ رِباً لِيَرْبُوَا فِي أَمْوالِ النَّاسِ فَلا يَرْبُوا عِنْدَ اللَّهِ) فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- لَمَّا ذكر ما يراد به وجهه ويثبت عَلَيْهِ ذَكَرَ غَيْرَ ذَلِكَ مِنَ الصِّفَةِ وَمَا يُرَادُ بِهِ أَيْضًا وَجْهُهُ. وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ: " آتَيْتُمْ" بِالْمَدِّ بِمَعْنَى أَعْطَيْتُمْ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَمُجَاهِدٌ وَحُمَيْدٌ بِغَيْرِ مَدٍّ، بِمَعْنَى مَا فَعَلْتُمْ مِنْ ربا ليربوا، كَمَا تَقُولُ: أَتَيْتُ صَوَابًا وَأَتَيْتُ خَطَأً. وَأَجْمَعُوا عَلَى الْمَدِّ فِي قَوْلِهِ: " وَما آتَيْتُمْ مِنْ زَكاةٍ" . وَالرِّبَا الزِّيَادَةُ وَقَدْ مَضَى فِي " الْبَقَرَةِ" مَعْنَاهُ «٢» ، وَهُوَ هُنَاكَ مُحَرَّمٌ وَهَاهُنَا حَلَالٌ. وَثَبَتَ بِهَذَا أَنَّهُ قِسْمَانِ: مِنْهُ حَلَالٌ وَمِنْهُ حَرَامٌ. قَالَ عِكْرِمَةُ فِي قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَما آتَيْتُمْ مِنْ رِباً لِيَرْبُوَا فِي أَمْوالِ النَّاسِ" قَالَ: الرِّبَا رِبَوَانِ، رِبَا حَلَالٌ وَرِبَا حَرَامٌ، فَأَمَّا الرِّبَا الْحَلَالُ فَهُوَ الَّذِي يُهْدَى، يُلْتَمَسُ مَا هُوَ أَفْضَلُ مِنْهُ. وَعَنِ الضَّحَّاكِ فِي هَذِهِ الْآيَةِ: هُوَ الرِّبَا الْحَلَالُ الَّذِي يُهْدَى لِيُثَابَ مَا هُوَ أَفْضَلُ مِنْهُ، لَا لَهُ وَلَا عَلَيْهِ، لَيْسَ لَهُ فِيهِ «٣» أَجْرٌ وَلَيْسَ عَلَيْهِ فِيهِ إِثْمٌ. وَكَذَلِكَ قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " وَمَا آتَيْتُمْ مِنْ رِبًا" يُرِيدُ هَدِيَّةَ الرَّجُلِ الشَّيْءَ يَرْجُو أَنْ يُثَابَ أَفْضَلَ مِنْهُ، فَذَلِكَ الَّذِي لَا يَرْبُو عِنْدَ اللَّهِ وَلَا يُؤْجَرُ صَاحِبُهُ وَلَكِنْ لَا إِثْمَ عَلَيْهِ، وَفِي هَذَا الْمَعْنَى نَزَلَتِ الْآيَةُ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ جُبَيْرٍ وَطَاوُسٌ وَمُجَاهِدٌ: هَذِهِ آيَةٌ نَزَلَتْ فِي هِبَةِ الثَّوَابِ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَمَا جَرَى مَجْرَاهَا مِمَّا يَصْنَعُهُ الْإِنْسَانُ لِيُجَازَى عَلَيْهِ كَالسَّلَامِ وَغَيْرِهِ، فَهُوَ وَإِنْ كَانَ لَا إِثْمَ فِيهِ فَلَا أَجْرَ فِيهِ وَلَا زِيَادَةَ عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى. وَقَالَهُ الْقَاضِي أَبُو بكر بن العربي. وفي كتاب النسائي
(١). راجع ج ١ ص ١٨١. (٢). راجع ج ٣ ص ٣٤٨ فما بعد. (٣). في ج: (وليس فيه أجر).

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