Parole du Très-Haut :
« Ne voient-ils donc pas que Dieu étend la subsistance à qui Il veut et la restreint ? »
C’est-à-dire qu’Il élargit les bienfaits d’ici-bas pour qui Il veut ou les resserre. La pauvreté ne doit donc pas les pousser au désespoir. « Il y a certes en cela des signes pour des gens qui croient. »
[Coran, s. Ar-Rûm (30), v. 37]
« Accorde donc à la proche parenté son droit, ainsi qu’au pauvre et au voyageur indigent. Cela est meilleur pour ceux qui recherchent la Face d’Allah, et ce sont eux les bienheureux. »
[Coran, s. Ar-Rûm (30), v. 38]
Parole du Très-Haut :
« Accorde à la proche parenté son droit… »
Cette injonction comporte trois points :
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Après avoir rappelé qu’Il – qu’Il soit exalté – étend ou restreint la subsistance de qui Il veut, Allah ordonne à celui dont les biens ont été élargis de pourvoir aux besoins du pauvre, afin d’éprouver la gratitude du riche. L’adresse vise le Prophète – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – mais concerne, en réalité, lui et sa communauté, car Il a dit : « Cela est meilleur pour ceux qui recherchent la Face d’Allah. » Le don en faveur du proche parent est ordonné en raison du lien de parenté ; la meilleure aumône est celle dirigée vers un parent, car elle inclut la consolidation des liens du sang. Le Messager d’Allah – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – a préféré l’aumône faite aux proches au rachat d’esclaves. À Maymûna, qui venait d’affranchir une esclave, il dit : « Si tu l’avais donnée à tes oncles maternels, ta récompense eût été plus grande. »
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Les exégètes ont divergé au sujet de ce verset. Certains ont dit qu’il est abrogé par le verset des héritages ; d’autres ont nié toute abrogation, affirmant que le proche parent possède, en toute circonstance, un droit imprescriptible à la bienfaisance ; c’est l’avis correct. Mujâhid et Qatâda ont déclaré : la consolidation des liens familiaux est un devoir prescrit par Allah, au point que Mujâhid a dit : « L’aumône de quiconque pendant que l’un de ses proches est dans le besoin n’est pas acceptée. »
D’aucuns ont voulu réserver « la proche parenté » aux membres de la famille du Prophète – que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – ; l’avis précédent est toutefois plus solide, car leur droit spécifique est déjà énoncé dans la Parole d’Allah : « … alors le cinquième appartient à Allah, au Messager et à la proche parenté… » [Al-Anfâl : 41].
Il a également été dit que l’ordre donné ici relève de la recommandation, non de l’obligation.
Al-Hassan a expliqué : « Son droit, c’est la solidarité dans l’aisance et la bonne parole dans la gêne. »
« … et au pauvre » : Ibn ‘Abbâs a dit : c’est celui qui sollicite en allant çà et là. « … et au voyageur indigent » : c’est l’hôte de passage ; Allah a ainsi fait de l’hospitalité une obligation. Tous ces points ont été exposés et clarifiés en détail dans leurs emplacements respectifs — et louange à Allah.