« … qui proclame votre associationnisme », selon Ibn ʿAbbâs et également ad-Ḍaḥḥâk.
ʿAlî b. Sulaymân rapporte d’après Abû l-ʿAbbâs Muḥammad b. Yazîd qu’il a dit : « Le mot “sulṭân” est le pluriel de salîṭ, tout comme raghîf (galette) a pour pluriel rughfân ; son emploi au masculin s’explique par le sens de “collectif”, tandis que le féminin repose sur l’idée de “communauté”. La discussion détaillée au sujet du terme sulṭân a déjà été exposée dans la sûrat Âl ʿImrân. »
Le sulṭân désigne ce par quoi l’être humain se défend d’une accusation qui l’exposerait à une sanction, comme dans la parole du Très-Haut : « … ou bien je l’égorgerai, à moins qu’il ne me rapporte une autorité évidente (sulṭân mubîn). » [an-Naml : 21]
Lorsque Nous faisons goûter aux hommes une miséricorde, ils s’en réjouissent ; mais si un malheur les frappe, conséquence de ce que leurs mains ont prémédité, les voilà qui se désespèrent. [ar-Rûm : 36]
Le Très-Haut dit : « Lorsque Nous faisons goûter aux hommes une miséricorde, ils s’en réjouissent » ; il s’agit de l’abondance, de l’aisance et de la santé, d’après Yaḥyâ b. Sallâm. An-Naqqâsh parle de la faveur et de la pluie ; d’autres évoquent la sécurité et la quiétude – toutes ces acceptions se rapprochent. L’expression « ils s’en réjouissent » renvoie donc à cette miséricorde.
« Et si un malheur les atteint » – c’est-à-dire une épreuve ou un châtiment, selon Mujâhid ; as-Suddî précise : la sécheresse.
« À cause de ce que leurs mains ont acquis » : à cause des péchés qu’ils ont commis.
« Les voilà qui se désespèrent » : ils perdent tout espoir de la miséricorde et du soulagement, d’après la majorité. Al-Ḥasan affirme que le qunûṭ (désespoir) consiste à délaisser en secret les obligations qu’Allâh – qu’Il soit exalté – a prescrites.
On lit qanaṭa-yaqnaṭu selon la lecture courante, et qanaṭa-yaqniṭu selon Abû ʿAmr, al-Kisâʾî et Yaʿqûb. Al-Aʿmash a récité « qiniṭa-yaqniṭu » [al-Ḥijr : 56] avec la kasra dans les deux formes, à l’instar de ḥasiba-yaḥsibu.
Ce verset dresse le portrait du mécréant : il sombre dans le désespoir lors de l’adversité et se montre arrogant lors de la faveur, à l’image de cet adage :
« Telle la mauvaise monture : si tu la nourris, elle rue contre les gens ; si elle a faim, elle brait. »
Bien d’autres, chez qui la foi n’a pas encore pris racine, se trouvent dans la même posture, comme cela a déjà été exposé ailleurs. Le croyant, quant à lui, remercie son Seigneur quand la grâce lui est accordée et place son espoir en Lui dans l’épreuve.
Le Très-Haut dit encore :
« Ne voient-ils pas qu’Allâh dispense la subsistance à qui Il veut et la restreint ? Il y a en cela certes des signes pour des gens qui croient. » [ar-Rûm : 37]