Le verbe « anāba » signifie : il est revenu vers Allah, s’est tourné vers Lui et s’est repenti.
Le mot « nawbah » (tour, relève) est le singulier de « nuwab ». On dit : « c’est ton tour (nawbatuka) et ta suppléance (niyābatuka) ». Ils se relaient tour à tour (yatanāwabūna ) pour l’eau et pour d’autres affaires.
Le terme « munībīn » est au cas de l’état (ḥāl).
Muḥammad b. Yazīd a dit : le sens de « Dirige ton visage » est : « Dirigez vos visages en revenant (munībīn) ».
Al-Farrā’ a dit : le sens est : « Dirige ton visage, toi et ceux qui sont avec toi, en vous tournant vers Lui (munībīn) ».
On a également dit qu’il est au cas de la coupure (qaṭ‘) : « Dirige ton visage, toi et ta communauté, ceux qui reviennent vers Lui » ; car l’ordre qui lui est adressé vaut pour sa communauté, d’où la pertinence du terme « munībīn ilayh ». Allah – Très-Haut – a d’ailleurs dit : « Ô Prophète ! Lorsque vous (pluriel) répudiez des femmes… » (at-Ṭalāq : 1).
(« Craignez-Le ») : c’est-à-dire craignez-Le et conformez-vous à ce qu’Il vous a ordonné.
(« Acquittez la ṣalāt et ne soyez pas du nombre des associateurs ») : Il a montré que l’adoration n’est profitable qu’avec l’ikhlâṣ (sincérité). C’est pourquoi Il dit : « … et ne soyez pas des associateurs ». Cela a déjà été expliqué dans les sourates an-Nisā’ et al-Kahf, entre autres.
(« Parmi ceux qui ont morcelé leur religion ») – Abū Hurayrah, ʿĀʾishah et Abū Umāmah l’ont interprété à propos des gens de la qiblah parmi les partisans des passions (ahwā’) et des innovations (bidaʿ). L’explication en a été donnée dans la sourate al-Anʿām.
Al-Rabīʿ b. Anas a dit : ceux qui ont morcelé leur religion sont les Gens du Livre, juifs et chrétiens ; c’est également l’avis de Qatādah et Maʿmar.
Ḥamzah et al-Kisāʾī ont lu : « fāraqu dīnahum » ; c’est aussi la récitation de ʿAlī b. Abī Ṭālib, c’est-à-dire : ils ont délaissé la religion qu’il leur incombait de suivre, à savoir le tawḥīd (l’Unicité).
(« … et ils furent des shiyaʿ ») : des factions, a dit al-Kalbī ; ou des religions, a dit Muqātil.
(« Chaque parti se réjouit de ce qu’il détient ») : ils en sont satisfaits et fiers, parce qu’ils n’ont pas discerné la vérité, alors qu’il leur incombe de la rechercher.
Il a aussi été dit que cela se rapportait à l’époque précédant la révélation des obligations.
Un troisième avis veut que le désobéissant à Allah – Glorifié soit-Il – puisse se réjouir de sa désobéissance ; il en va de même du Diable, des brigands de grands chemins et d’autres encore – et Allah sait mieux.
Al-Farrā’ prétend qu’il est permis de clore la phrase à « … ne soyez pas des associateurs ». Le sens serait alors : « [Éloignez-vous] de ceux qui ont quitté leur religion et sont devenus des factions », comme proposition nouvelle. Il est également permis de le rattacher à ce qui précède.
[An-Naḥḥās ajoute : S’il est relié à ce qui précède], alors, selon les grammairiens basriens, il s’agit d’un badal (apposition) avec répétition de la préposition, comme dans la parole du Très-Haut : « Les notables parmi son peuple qui s’enorgueillissaient dirent à ceux qui avaient été opprimés, à ceux qui avaient cru parmi eux… » (al-Aʿrāf : 75). Sans la préposition, la construction resterait correcte.