Parole du Très-Haut : « Il n’y a point de changement à la création d’Allah. » Cette nature primordiale ne saurait être altérée du côté du Créateur, et rien ne pourra jamais aller à l’encontre de cet ordre : ne sera point malheureux celui qu’Il a créé heureux, pas plus que ne sera heureux celui qu’Il a créé malheureux.
Mujâhid a dit : l’expression signifie : « Il n’y a pas de changement à la religion d’Allah. » C’est également l’avis de Qatâda, Ibn Jubayr, ad-Dahhâk, Ibn Zayd et an-Nakh‘î, qui ont précisé que cela concerne les questions de croyance.
‘Ikrima – et l’on le rapporte aussi d’Ibn ‘Abbâs ainsi que de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb – a déclaré que le verset signifie : il n’est pas permis de modifier la création d’Allah en châtrant les mâles des bêtes. Le verset constitue donc une interdiction de la castration des mâles parmi les animaux, comme cela a déjà été expliqué dans la sourate « An-Nisâ’ ».
« Telle est la religion droite », c’est-à-dire ce décret rectiligne, selon Ibn ‘Abbâs. Muqâtil a, pour sa part, expliqué qu’il s’agit du « compte explicite ». D’autres ont dit : « Telle est la religion droite », c’est-à-dire que la religion de l’Islam est bien la religion droite et parfaitement rectiligne.
« Mais la plupart des gens ne savent point », c’est-à-dire qu’ils ne réfléchissent pas pour reconnaître qu’ils ont un Créateur digne d’être adoré, une Divinité éternelle dont le décret a précédé et dont la sentence s’est accomplie.
[Sourate ar-Rûm (30), versets 31-32] : « Revenez repentants à Lui ; craignez-Le ; accomplissez la prière et ne soyez pas parmi les associateurs : ceux qui ont morcelé leur religion et se sont divisés en sectes, chaque faction se complaisant dans ce qu’elle détient. »
Parole du Très-Haut : « Revenant repentants vers Lui. » Les exégètes divergent quant au sens de cette expression. On a dit : retournant à Lui par la repentance et la sincérité. Yahyâ ibn Sallâm et al-Farâ’ ont commenté : se dirigeant vers Lui. ‘Abd ar-Raḥmân ibn Zayd a dit : Lui obéissant. D’autres encore ont expliqué : se repentant auprès de Lui de leurs péchés.
Ainsi le poète Abû Qays ibn al-Aslat a dit :
« S’ils se repentent, les Banû Sulaym
et leur parenté, les Hawâzin, sont bel et bien revenus (à Dieu). »
Le sens demeure unique, car les verbes « nāba, tâba, thâba et âba » renvoient tous à l’idée de retour.
Al-Mâwardî a exposé deux opinions quant à l’origine lexicale du terme « inâbah ». Premièrement : son origine est la coupure ; de là provient le mot « nâb » (le croc), parce qu’il tranche. L’inâbah serait donc le fait de se couper (de toute attache) pour se vouer à Allah – qu’Il soit exalté – par l’obéissance. Deuxièmement : son origine est le retour ; elle est tirée du verbe « nāba yanûbu » lorsqu’il revient à maintes reprises ; de cette même racine vient le mot « nawbah » (tour de garde), parce qu’il s’agit d’un retour cyclique à une habitude.
(al-Jawharî : …)