Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

si ce n’est qu’elle se mit à bourdonner de tous les timbres de son bruissement. Il ne resta plus un fourré parmi les joncs d’or sans que la rafale sonore n’y pénétrât, faisant chanter ces joncs de multiples variations de flûte. Il ne demeura plus non plus aucune jeune servante parmi les houris aux grands yeux sans qu’elle ne fasse entendre ses chants, ni aucun oiseau sans qu’il n’entonne ses mélodies. Alors Allah – béni et exalté soit-Il – révèle aux anges : « Répondez-leur, et faites entendre à Mes serviteurs qui ont préservé leur ouïe des flûtes du démon. » Les anges répondent donc par des modulations et des voix spirituelles ; ces voix se mêlent et ne forment bientôt qu’une seule vibration.

Puis Allah – sublime soit Son rappel – dit : « Ô Dāwud, lève-toi auprès du fût de Mon Trône et glorifie-Moi. » David s’élance alors pour célébrer son Seigneur d’une voix qui recouvre et illumine toutes les autres, et la jouissance s’en trouve décuplée.

C’est là le sens de Sa parole : « Ils seront dans un jardin, comblés de félicité. » Cela a été rapporté par at-Tirmidhī al-Ḥakīm – qu’Allah lui fasse miséricorde.

Al-Thaʿlabī rapporte encore, d’après Abū ad-Dardāʾ, que le Messager d’Allah – paix et bénédiction d’Allah sur lui – exhortait les gens et mentionna le Paradis, ses épouses et ses délices. Dans le fond de l’assemblée se trouvait un bédouin qui demanda : « Ô Messager d’Allah, y a-t-il de l’audition au Paradis ? » Il répondit :

« Oui, ô bédouin ! Au Paradis se trouve un fleuve dont les deux rives sont bordées de vierges, toutes d’un blanc resplendissant, à la taille fine ; elles chantent d’une voix qu’aucune créature n’a jamais entendue. Voilà le plus noble délice du Paradis. »

Un homme interrogea alors Abū ad-Dardāʾ : « Que chantent-elles ? » Il répondit : « Elles chantent la louange (tasbīḥ) d’Allah. »

Le terme « khumṣāniyya » désigne celle dont la partie supérieure est fine et élancée, le ventre plat et la partie inférieure bien formée.

Je (l’auteur) dis : tout cela relève du délice, de la joie et de l’honneur, il n’y a donc aucune contradiction entre ces propos.

Et que dire à côté de Sa parole véridique : « Nulle âme ne sait ce qu’on a tenu caché pour eux comme délices qui réjouiront les yeux. » (as-Sajda, 17), ainsi qu’il sera exposé.

Et de la parole du Prophète – paix sur lui : « Au Paradis se trouve ce qu’aucun œil n’a vu, qu’aucune oreille n’a entendu, et qui n’a jamais effleuré le cœur d’un homme. »

Il a encore été rapporté : « Au Paradis se trouvent des arbres portant des clochettes d’argent ; lorsque les habitants du Paradis désirent une audition, Allah envoie un vent provenant de dessous le Trône ; il se met à souffler dans ces arbres et fait tinter ces clochettes d’un son que, si les gens de ce monde l’entendaient, ils mourraient de ravissement. » C’est ce qu’a rapporté az-Zamakhsharī.

إِلَّا طَنَّتْ بِأَلْوَانِ طَنِينِهَا، وَلَمْ تَبْقَ أَجَمَةٌ مِنْ آجَامِ الذَّهَبِ إِلَّا وَقَعَ أُهْبُوبُ الصَّوْتِ فِي مَقَاصِبِهَا فَزَمَرَتْ تِلْكَ الْمَقَاصِبُ بِفُنُونِ الزَّمْرِ، ولم تبق جارية من جوار الْحُورِ الْعِينِ إِلَّا غَنَّتْ بِأَغَانِيهَا، وَالطَّيْرُ بِأَلْحَانِهَا، وَيُوحِي اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى إِلَى الْمَلَائِكَةِ أَنْ جَاوِبُوهُمْ وَأَسْمِعُوا عِبَادِيَ الَّذِينَ نَزَّهُوا أَسْمَاعَهُمْ عَنْ مَزَامِيرِ الشَّيْطَانِ فَيُجَاوِبُونَ بِأَلْحَانٍ وَأَصْوَاتٍ رُوحَانِيَّيْنِ فَتَخْتَلِطُ هَذِهِ الْأَصْوَاتُ فَتَصِيرُ رَجَّةً وَاحِدَةً، ثُمَّ يَقُولُ اللَّهُ جَلَّ ذِكْرُهُ: يَا دَاوُدُ قُمْ عِنْدَ سَاقِ عَرْشِي فَمَجِّدْنِي، فَيَنْدَفِعُ دَاوُدُ بِتَمْجِيدِ رَبِّهِ بِصَوْتٍ يَغْمُرُ الْأَصْوَاتَ وَيُجْلِيهَا «١» وَتَتَضَاعَفُ اللَّذَّةُ، فَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَهُمْ فِي رَوْضَةٍ يُحْبَرُونَ" . ذَكَرَهُ التِّرْمِذِيُّ الْحَكِيمُ رَحِمَهُ اللَّهُ. وَذَكَرَ الثَّعْلَبِيُّ مِنْ حَدِيثِ أَبِي الدَّرْدَاءِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يُذْكِّرُ النَّاسَ، فَذَكَرَ الْجَنَّةَ وَمَا فِيهَا مِنَ الْأَزْوَاجِ وَالنَّعِيمِ، وَفِي أُخْرَيَاتِ الْقَوْمِ أَعْرَابِيٌّ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، هَلْ فِي الْجَنَّةِ مِنْ سَمَاعٍ؟ فَقَالَ: (نَعَمْ يَا أَعْرَابِيُّ! إِنَّ فِي الْجَنَّةِ لَنَهْرًا حَافَّتَاهُ الْأَبْكَارُ مِنْ كُلِّ بَيْضَاءَ خُمْصَانِيَّةٌ يَتَغَنَّيْنَ بِأَصْوَاتٍ لَمْ تَسْمَعِ الْخَلَائِقُ بِمِثْلِهَا قَطُّ فَذَلِكَ أَفْضَلُ نعيم الجنة) فسأل رجل أبا الدرداء: بماذا يَتَغَنَّيْنَ؟ فَقَالَ: بِالتَّسْبِيحِ. وَالْخُمْصَانِيَّةُ: الْمُرْهَفَةُ الْأَعْلَى، الْخُمْصَانَةُ الْبَطْنِ، الضَّخْمَةُ الْأَسْفَلِ. قُلْتُ: وَهَذَا كُلُّهُ مِنَ النَّعِيمِ وَالسُّرُورِ وَالْإِكْرَامِ، فَلَا تَعَارُضَ بَيْنَ تِلْكَ الأقوال. وأين هذا من قوله الْحَقِّ: " فَلا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا أُخْفِيَ لَهُمْ مِنْ قُرَّةِ أَعْيُنٍ" [السجدة: ١٧] عَلَى مَا يَأْتِي «٢» . وَقَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (فِيهَا مَا لَا عَيْنٌ رَأَتْ وَلَا أُذُنٌ سَمِعَتْ وَلَا خَطَرَ عَلَى قَلْبِ بَشَرٍ) . وَقَدْ رُوِيَ: (إِنَّ فِي الْجَنَّةِ لَأَشْجَارًا عَلَيْهَا أَجْرَاسٌ مِنْ فِضَّةٍ، فَإِذَا أَرَادَ أَهْلُ الْجَنَّةِ السَّمَاعَ بَعَثَ اللَّهُ رِيحًا مِنْ تَحْتِ الْعَرْشِ فَتَقَعُ فِي تِلْكَ الْأَشْجَارِ «٣» فَتُحَرِّكُ تِلْكَ الْأَجْرَاسَ بِأَصْوَاتٍ لَوْ سَمِعَهَا أَهْلُ الدُّنْيَا لَمَاتُوا طَرَبًا (. ذَكَرَهُ الزَّمَخْشَرِيُّ.
(١). في ك: ويحليها بالحاء المهملة. وفي كتاب التذكرة: (ويخليها) بالخاء المعجمة. (٢). راجع ص ١٠٣ من هذا الجزء. (٣). في الأصول: (الأجراس).

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