Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

— que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — espérait l’essor de sa religion, l’établissement de la Loi d’Allah avec laquelle il avait été envoyé, ainsi que sa prédominance sur les nations ; tandis que les polythéistes de La Mecque souhaitaient qu’Allah le frappe d’un roi qui l’exterminerait et les débarrasserait de lui.

On a dit également : leur réjouissance provenait uniquement de la victoire du Messager d’Allah — qu’Allah lui accorde Sa prière et Sa paix — sur les idolâtres, parce que Jibrîl en informa le Prophète, sur lui la paix, le jour de Badr ; c’est ce qu’a rapporté al-Qushayrî.

Je dis pour ma part : il se peut que leur joie résulte de l’ensemble de ces causes ; ils se réjouirent de leur propre triomphe sur leur ennemi, de la victoire des Byzantins également, et de l’accomplissement de la promesse d’Allah.

Abû Ḥaywah al-Shâmî et Muḥammad b. as-Samayqaʿ ont lu : « min baʿdi ghalْbihim » (après leur ghalb) en immobilisant la lettre lâm ; les deux formes sont attestées, à l’image de « aẓ-ʿani / aẓ-ʿan ». Al-Farraʾ a prétendu que la forme originelle serait « min baʿdi ghalabatihim », d’où la suppression du tâʾ, comme dans la Parole du Très-Haut : « wa-aqâma ṣ-ṣalâta » (et il a accompli la prière) dont l’origine est « wa-iqâmata ṣ-ṣalâti ».

An-Naḥḥâs dit : « Ceci est une méprise qui n’échappe guère à la majorité des grammairiens, car “aqâma ṣ-ṣalâta” est un masdar dont certaines lettres ont disparu en raison de la faiblesse du verbe, la tâʾ servant alors de substitut ; tandis que “ghalaba” n’est pas un verbe défectueux et n’a subi aucune suppression. »

Al-Aṣmaʿî rapporte : « ṭarada : ṭardan, jalaba : jalaban, ḥalaba : ḥalaban, ghalaba : ghalaban » ; où, dans tout cela, aurait-on donc retranché quelque chose ? Dirait-on d’un verbe tel que « akala : aklan » qu’il en a été retranché ?

( fi biḍʿi sinîn ) : on a retranché la lettre hāʾ dans « biḍʿ » pour distinguer le masculin du féminin ; ce point a déjà été abordé dans la sourate Yûsuf. La nûn de « sinîn » est fâthée parce qu’il s’agit d’un pluriel sain. Certaines tribus arabes disent aussi « fi biḍʿi sinîn » avec kasra de la sîn, comme dans « ghis­lîn ». Il est permis de former le pluriel de « sana » (année) comme on le fait pour les êtres doués de raison — par wâw-nûn ou yâʾ-nûn — parce qu’une lettre en a été retranchée, et l’on a considéré ce pluriel comme compensation de cette réduction. L’original de « sana » était « san(h)a » ou « sanwa ». La sîn est ici brisée pour indiquer que son pluriel sort de la norme usuelle — opinion des grammairiens de Baṣra. Al-Farraʾ, quant à lui, tient qu’elle devrait être ḍammée, la ḍamma signalant la présence d’une wâw retranchée dans l’un des avis ; toutefois, à notre connaissance, personne ne la ḍamme effectivement.

Parole d’Allah : « À Allah appartient l’ordre, avant comme après » : le Très-Haut informe qu’Il est seul à détenir la toute-puissance et que toute victoire ou autre événement dans l’univers provient uniquement de Sa volonté et de Son pouvoir. Il dit donc : « À Allah appartient l’ordre », c’est-à-dire l’exécution de Ses décisions.

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَرَجَّاهُ مِنْ ظُهُورِ دِينِهِ وَشَرْعِ اللَّهِ الَّذِي بَعَثَهُ بِهِ وَغَلَبَتِهِ عَلَى الْأُمَمِ، وَإِرَادَةِ كُفَّارِ مَكَّةَ أَنْ يَرْمِيَهُ اللَّهُ بِمَلِكٍ يَسْتَأْصِلُهُ وَيُرِيحُهُمْ مِنْهُ. وَقِيلَ: سُرُورُهُمْ إِنَّمَا كَانَ بِنَصْرِ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى الْمُشْرِكِينَ، لِأَنَّ جِبْرِيلَ أَخْبَرَ بِذَلِكَ النَّبِيَّ عَلَيْهِ السَّلَامُ يَوْمَ بَدْرٍ، حَكَاهُ الْقُشَيْرِيُّ. قُلْتُ: وَيَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ سُرُورُهُمْ بِالْمَجْمُوعِ مِنْ ذَلِكَ، فَسُرُّوا بِظُهُورِهِمْ عَلَى عَدُوِّهِمْ وَبِظُهُورِ الرُّومِ أَيْضًا وَبِإِنْجَازِ وَعْدِ اللَّهِ. وَقَرَأَ أَبُو حَيْوَةَ الشَّامِيُّ وَمُحَمَّدُ بْنُ السَّمَيْقَعِ " مِنْ بَعْدِ غَلْبِهِمْ" بِسُكُونِ اللَّامِ، وَهُمَا لُغَتَانِ، مِثْلُ الظَّعَنِ وَالظَّعْنِ. وَزَعَمَ الْفَرَّاءُ أَنَّ الْأَصْلَ " مِنْ بَعْدِ غَلَبَتِهِمْ" فَحُذِفَتِ التَّاءُ كَمَا حُذِفَتْ فِي قَوْلِهِ عَزَّ وَجَلَّ " وَأَقامَ الصَّلاةَ" وَأَصْلُهُ وَإِقَامَةُ الصَّلَاةِ. قَالَ النَّحَّاسُ: " وَهَذَا غَلَطٌ لَا يُخَيَّلُ «١» عَلَى كَثِيرٍ مِنْ أَهْلِ النَّحْوِ، لِأَنَّ" أَقامَ الصَّلاةَ " مَصْدَرٌ قَدْ حُذِفَ مِنْهُ لِاعْتِلَالِ فِعْلِهِ، فَجُعِلَتِ التَّاءُ عِوَضًا مِنَ الْمَحْذُوفِ، وَ" غَلَبَ " لَيْسَ بمعتل ولا حذف منه شي. وَقَدْ حَكَى الْأَصْمَعِيُّ: طَرَدَ طَرَدًا، وَجَلَبَ جَلَبًا، وَحَلَبَ حَلَبًا، وَغَلَبَ غَلَبًا، فَأَيُّ حَذْفٍ فِي هَذَا، وَهَلْ يَجُوزُ أَنْ يُقَالَ فِيَّ أَكَلَ أَكْلًا وَمَا أَشْبَهَهُ-: حُذِفَ مِنْهُ" ؟. (فِي بِضْعِ سِنِينَ) حُذِفَتِ الْهَاءُ مِنْ " بِضْعِ" فَرْقًا بَيْنَ الْمُذَكَّرِ وَالْمُؤَنَّثِ، وَقَدْ مَضَى الْكَلَامُ فِيهِ فِي " يُوسُفَ" «٢» . وَفُتِحَتِ النُّونُ مِنْ " سِنِينَ" لِأَنَّهُ جَمْعٌ مُسَلَّمٌ. وَمِنَ الْعَرَبِ مَنْ يَقُولُ " فِي بِضْعِ سِنِينَ" كَمَا يَقُولُ فِي " غِسْلِينٍ" . وَجَازَ أَنْ يُجْمَعَ سَنَةٌ جَمْعَ مَنْ يَعْقِلُ بِالْوَاوِ وَالنُّونِ والياء والنون، لأنه قد حذف منها شي فَجَعَلَ هَذَا الْجَمْعَ عِوَضًا مِنَ النَّقْصِ الَّذِي فِي وَاحِدِهِ، لِأَنَّ أَصْلَ " سَنَةٍ" سَنْهَةٌ أَوْ سَنْوَةٌ، وَكُسِرَتِ السِّينُ مِنْهُ دَلَالَةً عَلَى أَنَّ جَمْعَهُ خَارِجٌ عَنْ قِيَاسِهِ وَنَمَطِهِ، هَذَا قَوْلُ الْبَصْرِيِّينَ. وَيُلْزِمُ الْفَرَّاءُ أَنْ يَضُمَّهَا لِأَنَّهُ يَقُولُ: الضَّمَّةُ دَلِيلٌ عَلَى الْوَاوِ وَقَدْ حُذِفَ مِنْ سَنَةٍ وَاوٌ فِي أَحَدِ الْقَوْلَيْنِ، وَلَا يَضُمُّهَا أَحَدٌ عَلِمْنَاهُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (لِلَّهِ الْأَمْرُ مِنْ قَبْلُ وَمِنْ بَعْدُ) أَخْبَرَ تَعَالَى بِانْفِرَادِهِ بِالْقُدْرَةِ وَأَنَّ مَا فِي الْعَالَمِ مِنْ غَلَبَةٍ وَغَيْرِهَا إِنَّمَا هِيَ مِنْهُ وَبِإِرَادَتِهِ وَقُدْرَتِهِ فَقَالَ " لِلَّهِ الْأَمْرُ" أي إنفاذ الأحكام.
(١). أي لا يشكل وهو من أخال الشيء اشتبه. (٢). راجع ج ٩ ص ١٩٧.

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