Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Dans cette affaire, Abou Bakr engagea donc un pari avec eux.
Qatâdah rapporte : « C’était avant l’interdiction du qimâr (les jeux de hasard) ». On fixa la mise à cinq qalâ’iṣ (jeunes chamelles) et le délai à trois ans.

Selon une autre version, la mise fut fixée à trois qalâ’iṣ.

Abou Bakr se rendit ensuite auprès du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — et l’informa de l’accord. Le Prophète lui dit :
« Pourquoi ne t’es-tu pas montré plus prévoyant ? Le terme bid‘ désigne ce qui se situe entre trois et neuf — voire dix — années. Retourne donc vers eux, augmente la mise et prolonge le délai. »

Abou Bakr y retourna donc ; la mise fut portée à cent qalâ’iṣ et le délai à neuf ans. Les Byzantins (ar-Rûm) remportèrent la victoire avant l’expiration de ce délai.

Ash-Sha‘bî dit : « Ils triomphèrent au bout de neuf ans. »

Al-Qushayrî commente : « Le récit le plus répandu rapporte que la victoire des Byzantins eut lieu la septième année après que les Perses les eurent vaincus ; il se peut que la version d’ash-Sha‘bî résulte d’une erreur de transmission, le “sept” ayant été lu “neuf”. »

Dans certaines narrations, il est dit que la mise fut portée à sept qalâ’iṣ pour un délai allant jusqu’à neuf ans.

On raconte encore qu’il s’agissait de la dernière conquête de Kisrâ Abrawayz : il prit Constantinople et y bâtit un Temple du feu. La nouvelle parvint au Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — et l’attrista ; alors Allah — Exalté soit-Il — fit descendre ces deux versets (au début de la sourate ar-Rûm).

An-Naqqâsh et d’autres rapportent : lorsque Abou Bakr aṣ-Ṣiddîq — qu’Allah l’agrée — se prépara à émigrer avec le Prophète ﷺ, Ubayy ibn Khalaf s’accrocha à lui et lui dit : « Donne-moi un garant pour la somme engagée au cas où tu perdrais. » Son fils ‘Abd ar-Raḥmân se porta garant. Plus tard, quand Ubayy se mit en route pour la bataille de Uḥud, ‘Abd ar-Raḥmân lui réclama un autre garant, ce qu’il lui donna. Ubayy mourut ensuite à La Mecque de la blessure que lui avait infligée le Prophète ﷺ.

Les Byzantins vainquirent les Perses le jour de al-Ḥudaybiyah, exactement neuf ans après leur pari.

Ash-Sha‘bî raconte : « Avant même l’écoulement complet du délai, les Byzantins avaient déjà vaincu les Perses ; ils attachèrent leurs chevaux à al-Madâ’in et y bâtirent “Rûmiyyah”. Abou Bakr gagna ainsi son pari contre Ubayy et reçut la somme mise en jeu auprès de ses héritiers. »

Le Prophète ﷺ lui dit alors : « Fais-en aumône. » Abou Bakr la distribua donc en aumône.

Les exégètes ajoutent : la cause de la victoire des Byzantins sur les Perses fut, disent-ils, l’intervention d’une femme en Perse qui ne mettait au monde que des rois et des héros. Kisrâ lui dit : « Je veux confier à l’un de tes fils le commandement d’une armée que je vais envoyer contre les Byzantins. » Elle répondit : « Voici Hurmuz, plus agile qu’un renard et plus vigilant qu’un faucon ; voici Farrukhân, plus tranchant qu’une lance et plus pénétrant qu’une flèche ; et voici Shahrbazân, plus pondéré que quiconque ; choisis. » Kisrâ choisit donc le plus pondéré et le nomma à la tête de l’armée ; il se mit en marche vers les terres byzantines à la tête des Perses et prit l’avantage

فِي ذَلِكَ فَرَاهَنَهُمْ أَبُو بَكْرٍ. قَالَ قَتَادَةُ: وَذَلِكَ قَبْلَ أَنْ يُحَرَّمَ الْقِمَارُ «١» ، وَجَعَلُوا الرِّهَانَ خَمْسَ قَلَائِصَ «٢» وَالْأَجَلَ ثَلَاثَ سِنِينَ. وَقِيلَ: جَعَلُوا الرِّهَانَ ثَلَاثَ قَلَائِصَ. ثُمَّ أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْبَرَهُ فَقَالَ: (فَهَلَّا احْتَطْتَّ، فَإِنَّ الْبِضْعَ مَا بَيْنَ الثَّلَاثِ وَالتِّسْعِ وَالْعَشْرِ! وَلَكِنِ ارْجِعْ فَزِدْهُمْ فِي الرِّهَانِ وَاسْتَزِدْهُمْ فِي الْأَجَلِ) فَفَعَلَ أَبُو بَكْرٍ، فَجَعَلُوا الْقَلَائِصَ مِائَةً وَالْأَجَلَ تِسْعَةَ أَعْوَامٍ، فَغَلَبَتِ الرُّومُ فِي أَثْنَاءِ الْأَجَلِ. وَقَالَ الشَّعْبِيُّ: فَظَهَرُوا فِي تِسْعِ سِنِينَ. الْقُشَيْرِيُّ: الْمَشْهُورُ فِي الرِّوَايَاتِ أَنَّ ظُهُورَ الرُّومِ كَانَ فِي السَّابِعَةِ مِنْ غَلَبَةِ فَارِسَ لِلرُّومِ، وَلَعَلَّ رِوَايَةَ الشَّعْبِيِّ تَصْحِيفٌ مِنَ السَّبْعِ إِلَى التِّسْعِ مِنْ بَعْضِ النَّقَلَةِ. وَفِي بَعْضِ الرِّوَايَاتِ: أَنَّهُ جَعَلَ الْقَلَائِصَ سَبْعًا إِلَى تِسْعِ سِنِينَ. وَيُقَالُ: إِنَّهُ آخِرُ فُتُوحِ كِسْرَى أَبْرَوِيزَ فَتَحَ فِيهِ الْقُسْطَنْطِينِيَّةَ حَتَّى بَنَى فِيهَا بَيْتَ النَّارِ، فَأَخْبَرَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَاءَهُ ذَلِكَ، فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى هَاتَيْنِ الْآيَتَيْنِ. وَحَكَى النَّقَّاشُ وَغَيْرُهُ: أَنَّ أَبَا بَكْرٍ الصِّدِّيقَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ لَمَّا أَرَادَ الْهِجْرَةَ مَعَ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ تَعَلَّقَ بِهِ أُبَيُّ بْنُ خَلَفٍ وَقَالَ لَهُ: أَعْطِنِي كَفِيلًا بِالْخَطَرِ «٣» إِنْ غُلِبْتَ، فَكَفَلَ بِهِ ابْنُهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ، فَلَمَّا أَرَادَ أُبَيٌّ الْخُرُوجَ إِلَى أُحُدٍ طَلَبَهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بِالْكَفِيلِ فَأَعْطَاهُ كَفِيلًا، ثُمَّ مَاتَ أُبَيٌّ بِمَكَّةَ مِنْ جُرْحٍ جَرَحَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَظَهَرَتِ الرُّومُ عَلَى فَارِسَ يَوْمَ الْحُدَيْبِيَّةَ عَلَى رَأْسِ تِسْعِ سِنِينَ مِنْ مُنَاحَبَتِهِمْ. وَقَالَ الشَّعْبِيُّ: لَمْ تَمْضِ تِلْكَ الْمُدَّةُ حَتَّى غَلَبَتِ الرُّومُ فَارِسَ، وَرَبَطُوا خَيْلَهُمْ بِالْمَدَائِنِ، وَبَنَوْا رُومِيَّةَ، فَقَمَرَ «٤» أَبُو بَكْرٍ أُبَيًّا وَأَخَذَ مَالَ الْخَطَرَ مِنْ وَرَثَتِهِ، فَقَالَ لَهُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (تَصَدَّقْ بِهِ) فَتَصَدَّقَ بِهِ. وَقَالَ الْمُفَسِّرُونَ: إِنَّ سَبَبَ «٥» غَلَبَةِ الرُّومِ فَارِسَ امْرَأَةٌ كَانَتْ فِي فَارِسَ لَا تَلِدُ إِلَّا الْمُلُوكَ وَالْأَبْطَالَ، فَقَالَ لَهَا كِسْرَى: أُرِيدُ أَنْ أَسْتَعْمِلَ أَحَدَ بَنِيكِ عَلَى جَيْشٍ أُجَهِّزُهُ إِلَى الرُّومِ، فَقَالَتْ: هَذَا هُرْمُزُ أَرْوَغُ مِنْ ثَعْلَبٍ وَأَحْذَرُ مِنْ صَقْرٍ، وَهَذَا فَرُّخَانُ أَحَدُّ مِنْ سِنَانٍ وَأَنْفَذُ مِنْ نَبْلٍ، وَهَذَا شَهْرَبَزَانُ «٦» أَحْلَمُ مِنْ كَذَا، فَاخْتَرْ، قَالَ فَاخْتَارَ الْحَلِيمَ وَوَلَّاهُ، فَسَارَ إِلَى الرُّومِ بِأَهْلِ فَارِسَ فظهر على
(١). في ج: (الرهان). (٢). القلائص: جمع القلوص، وهي الفتية من الإبل. (٣). الخطر (بالتحريك): الرهن وما يخاطر عليه. (٤). قمرت الرجل: غلبته. (٥). راجع هذا الخبر في تاريخ الطبري (ج ٤ ص ١٠٠٥ من القسم الأول طبع أوربا). (٦). هكذا ورد في كتب التفسير. والذي في تاريخ الطبري: (شهربراز).

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