Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

jusqu’à moins que – je crois qu’il (le narrateur) a dit : dix. Abou Saʿîd rapporta : le terme « biḍʿ » désigne ce qui est inférieur à dix.
Il ajouta : par la suite, les Byzantins l’emportèrent. C’est à cela que renvoient les paroles divines : « Alif-Lâm-Mîm. Les Byzantins ont été vaincus … et, ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours d’Allah. »
Sufyân dit : j’ai entendu qu’ils remportèrent la victoire le jour de Badr.
Abou ʿÎsâ déclara : ce hadith est bon, authentique et singulier.

Il fut également transmis par Niyâr b. Mukram al-Aslamî, qui dit : lorsque furent révélés les versets : « Alif-Lâm-Mîm. Les Byzantins ont été vaincus. Dans la contrée la plus proche ; et, après leur défaite, ils seront victorieux, dans quelques années », les Perses, ce jour-là, dominaient les Byzantins. Les musulmans, eux, souhaitaient la victoire des Byzantins sur les Perses, parce que, tout comme eux, ils étaient Gens du Livre. C’est à ce propos qu’Allah – Très-Haut – révéla : « Et ce jour-là, les croyants se réjouiront du secours d’Allah ; Il secourt qui Il veut, et Il est le Tout-Puissant, le Très-Miséricordieux. » Quraych, au contraire, aimait la suprématie des Perses, car ni eux ni les Perses n’étaient Gens du Livre et n’avaient foi en la Résurrection.

Lorsque ce verset fut révélé, Abou Bakr aṣ-Ṣiddîq – qu’Allah l’agrée – sortit en clamant, dans les quartiers de La Mecque : « Alif-Lâm-Mîm. Les Byzantins ont été vaincus. Dans la contrée la plus proche ; et, après leur défaite, ils seront victorieux, dans quelques années. » Quelques hommes de Quraych dirent à Abou Bakr : « Voilà donc l’enjeu entre nous ! Ton compagnon prétend que les Byzantins vaincront les Perses dans quelques années ; n’aimerais-tu pas que nous parions là-dessus ? » Il répondit : « Bien sûr ». C’était avant l’interdiction des paris. Abou Bakr et les polythéistes conclurent donc un pari et fixèrent la mise.

Ils demandèrent à Abou Bakr : « Combien fixes-tu pour “quelques” : trois ans ou neuf ? Nomme plutôt une durée intermédiaire qui nous convienne à tous. » Il proposa alors six ans. Les six années s’écoulèrent avant la victoire annoncée, et les polythéistes réclamèrent la mise d’Abou Bakr. Mais, lorsque débuta la septième année, les Byzantins triomphèrent des Perses. Les musulmans blâmèrent alors Abou Bakr d’avoir retenu six années. Il leur répondit : « C’est qu’Allah – Très-Haut – a dit : « dans quelques années ». » À ce moment-là, nombre de gens embrassèrent l’islam.

Abou ʿÎsâ conclut : ce hadith est bon, authentique et singulier.

Al-Qushayrî, Ibn ʿAṭiyya et d’autres rapportent encore que, lorsque ces versets furent révélés, Abou Bakr alla trouver les polythéistes et leur dit : « Vous réjouissez-vous de la défaite actuelle des Byzantins ? Eh bien, notre Prophète nous a informés – de la part d’Allah – qu’ils seront victorieux dans quelques années. » Ubayy b. Khalaf, son frère Umayya – et, selon d’autres, Abou Sufyân b. Harb – lui répliquèrent : « Ô Abâ Faṣîl ! » – se moquant ainsi de sa kunyah, Abou Bakr – « Mettons-nous au défi », c’est-à-dire, parions.

إِلَى دُونٍ (- أَرَاهُ قَالَ الْعَشْرَ- قَالَ قَالَ أَبُو سَعِيدٍ: وَالْبِضْعُ مَا دُونَ الْعَشَرَةِ. قَالَ: ثُمَّ ظَهَرَتِ الرُّومُ بَعْدُ، قَالَ: فَذَلِكَ قَوْلُهُ " الم. غُلِبَتِ الرُّومُ" - إِلَى قَوْلِهِ- " وَيَوْمَئِذٍ يَفْرَحُ الْمُؤْمِنُونَ. بِنَصْرِ اللَّهِ" . قَالَ سُفْيَانُ: سَمِعْتُ أَنَّهُمْ ظَهَرُوا عَلَيْهِمْ يَوْمَ بَدْرٍ. قَالَ أَبُو عِيسَى: هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ غَرِيبٌ. وَرَوَاهُ أَيْضًا عَنْ نِيَارِ بْنِ مُكْرَمٍ الْأَسْلَمِيِّ قَالَ: لَمَّا نَزَلَتْ " الم. غُلِبَتِ الرُّومُ. فِي أَدْنَى الْأَرْضِ وَهُمْ مِنْ بَعْدِ غَلَبِهِمْ سَيَغْلِبُونَ. فِي بِضْعِ سِنِينَ" وَكَانَتْ فَارِسُ يَوْمَ نَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ قَاهِرِينَ لِلرُّومِ، وَكَانَ الْمُسْلِمُونَ يُحِبُّونَ ظُهُورَ الرُّومِ عَلَيْهِمْ لِأَنَّهُمْ وَإِيَّاهُمْ أَهْلُ كِتَابٍ، وَفِي ذَلِكَ نَزَلَ قَوْلُ اللَّهِ تَعَالَى: " وَيَوْمَئِذٍ يَفْرَحُ الْمُؤْمِنُونَ. بِنَصْرِ اللَّهِ يَنْصُرُ مَنْ يَشاءُ وَهُوَ الْعَزِيزُ الرَّحِيمُ" وَكَانَتْ قُرَيْشُ تُحِبُّ ظُهُورَ فَارِسَ لِأَنَّهُمْ وَإِيَّاهُمْ لَيْسُوا بِأَهْلِ كِتَابٍ وَلَا إِيمَانٍ بِبَعْثٍ، فَلَمَّا أَنْزَلَ اللَّهُ هَذِهِ الْآيَةَ خَرَجَ أَبُو بَكْرٍ الصِّدِّيقُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يَصِيحُ فِي نَوَاحِي مَكَّةَ: " الم. غُلِبَتِ الرُّومُ. فِي أَدْنَى الْأَرْضِ وَهُمْ مِنْ بَعْدِ غَلَبِهِمْ سَيَغْلِبُونَ. فِي بِضْعِ سِنِينَ" . قَالَ نَاسٌ مِنْ قُرَيْشٍ لِأَبِي بَكْرٍ: فَذَلِكَ بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمْ، زَعَمَ صَاحِبُكَ أَنَّ الرُّومَ سَتَغْلِبُ فَارِسَ فِي بِضْعِ سِنِينَ! أَفَلَا نُرَاهِنُكَ عَلَى ذَلِكَ؟ قَالَ: بَلَى. وَذَلِكَ قَبْلَ تَحْرِيمِ الرِّهَانِ، فَارْتَهَنَ أَبُو بَكْرٍ وَالْمُشْرِكُونَ وَتَوَاضَعُوا الرِّهَانَ. وَقَالُوا لِأَبِي بَكْرٍ: كَمْ تَجْعَلُ الْبِضْعَ؟ ثَلَاثَ سِنِينَ أَوْ تِسْعَ «١» سِنِينَ؟ فَسَمِّ بَيْنَنَا وَبَيْنَكَ وَسَطًا تَنْتَهِي إِلَيْهِ، قَالَ فَسَمُّوا بَيْنَهُمْ سِتَ سِنِينَ، قَالَ: فَمَضَتِ السِّتُّ سِنِينَ قَبْلَ أَنْ يَظْهَرُوا، فَأَخَذَ الْمُشْرِكُونَ رَهْنَ أَبِي بَكْرٍ، فَلَمَّا دَخَلَتِ السَّنَةُ السَّابِعَةُ ظَهَرَتِ الرُّومُ عَلَى فَارِسَ، فَعَابَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى أَبِي بَكْرٍ تَسْمِيَةَ سِتِّ سِنِينَ، قَالَ: لَأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَالَ " فِي بِضْعِ سِنِينَ" قَالَ: وَأَسْلَمَ عِنْدَ ذَلِكَ نَاسٌ كَثِيرٌ. قَالَ أَبُو عِيسَى: هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ غَرِيبٌ. وَرَوَى الْقُشَيْرِيُّ وَابْنُ عَطِيَّةَ وَغَيْرُهُمَا: أَنَّهُ لَمَّا نَزَلَتِ الْآيَاتُ خَرَجَ أَبُو بَكْرٍ بِهَا إِلَى الْمُشْرِكِينَ فَقَالَ: أَسَرَّكُمْ أَنْ غُلِبَتِ الرُّومُ؟ فَإِنَّ نَبِيَّنَا أَخْبَرَنَا عَنِ اللَّهِ تَعَالَى أَنَّهُمْ سَيَغْلِبُونَ فِي بِضْعِ سِنِينَ. فَقَالَ لَهُ أُبَيُّ بْنُ خَلَفٍ وَأُمَيَّةُ أَخُوهُ- وَقِيلَ أبو سفيان ابن حَرْبٍ-: يَا أَبَا فَصِيلٍ! «٢» - يُعَرِّضُونَ بِكُنْيَتِهِ يَا أبا بكر- فلنتناحب- أي نتراهن
(١). في ج وك: (أو سبع). [ ..... ] (٢). الفصيل: ولد الناقة إذا فصل عن أمه.

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