Le jihâd ne se réduit pas au seul combat contre les mécréants ; il consiste plutôt à soutenir la religion, à réfuter les gens du faux, à réprimer les injustes. Son aspect le plus sublime est l’ordre du bien et l’interdiction du mal ; il comprend également la lutte de l’âme pour obéir à Allah – et cela constitue le jihâd majeur.
Sufyân ibn ʽUyaynah dit à Ibn al-Mubârak : « Lorsque tu vois les gens se diviser, attache-toi aux combattants et aux gardiens des frontières, car Allah – Très-Haut – dit : “Nous les guiderons assurément…”. »
Ad-Dahhâk a dit : « Le sens du verset est : ceux qui ont combattu au moment de l’émigration, Nous les guiderons sur les voies qui affermissent la foi. » Puis il ajouta : « La Sunna, dans ce monde, est comparable au Paradis dans l’au-delà ; celui qui entre au Paradis dans l’au-delà est en sécurité ; de même, celui qui s’attache à la Sunna dans ce monde est en sécurité. »
ʽAbd-Allâh ibn ʽAbbâs a dit : « Ceux qui ont lutté dans Notre obéissance, Nous les guiderons vers les voies de Notre récompense. » Cette parole embrasse, par la généralité de l’obéissance, l’ensemble des propos précédents.
Dans le même sens, ʽAbd-Allâh ibn az-Zubayr rapporte : « La sagesse dit : “Celui qui me recherche et ne me trouve pas, qu’il me cherche en deux endroits : qu’il mette en pratique le meilleur de ce qu’il sait et qu’il s’écarte du pire de ce qu’il sait.” »
Al-Hassan ibn al-Fadl explique qu’il y a, dans le verset, un antéposition et post-position : « Ceux que Nous avons guidés sont ceux qui ont combattu pour Nous – ‘Nous les guiderons à Nos voies’, c’est-à-dire la voie du Paradis », ainsi que l’a dit as-Suddi.
An-Naqqâsh commente : « Il leur accorde la réussite dans la religion de vérité. »
Yûsuf ibn Asbât dit : « Son sens est : Nous purifierons leurs intentions, leurs aumônes, leurs prières et leurs jeûnes. »
« Et certes, Allah est avec les bienfaisants. » – Le lâm est ici une particule d’insistance et son entrée sur « maʽa » s’explique de deux façons : soit « maʽa » est considérée comme un nom, auquel cas le lâm peut y entrer, soit c’est une préposition et l’on y fait entrer le lâm car elle renferme l’idée de stabilité, comme lorsque l’on dit : « Certes, Zayd est dans la maison. » Lorsque « maʽa » est assonantisée (muet), c’est uniquement une préposition ; lorsqu’elle est vocalisée, elle peut être nom ou préposition, même si, le plus souvent, elle est préposition porteuse de sens.
La signification de l’ihsân et des muhsinîn a déjà été exposée dans la sourate al-Baqarah et ailleurs. Il – exalté soit-Il – est avec eux par le secours, l’assistance, la protection et la guidée ; tandis qu’Il est avec l’ensemble des créatures par Son enveloppement et Sa puissance. Il y a donc une nette différence entre ces deux formes de compagnie.
Fin de la sourate al-ʽAnkabût. Louange à Allah Seul. Par l’aide d’Allah s’achève le treizième volume du Tafsîr d’al-Qurtubî ; qu’il soit suivi, si Allah le veut, du quatorzième volume, dont le début est la sourate « ar-Rûm ».