[Sourate al-ʿAnkabût (29), verset 45]
« Récite ce qui t’a été révélé du Livre et accomplis la prière ; certes, la prière détourne (son serviteur) de la turpitude et du blâmable ; et le rappel d’Allâh est certes plus grand encore. Allâh sait parfaitement ce que vous faites. » (45)
Ce verset comporte quatre points :
Premièrement – Sa parole, exalté soit-Il : « Récite (utlu) » : il s’agit d’un ordre de réciter et de persévérer dans la récitation. Dans la sourate « Ṭâ-Hâ », le châtiment encouru par celui qui s’en détourne a déjà été évoqué, et, dans l’introduction de cet ouvrage, l’injonction d’y exhorter a été rappelée. Par « le Livre », on entend ici le Coran.
Deuxièmement – Sa parole, exalté soit-Il : « Et accomplis la prière » : l’ordre s’adresse au Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – ainsi qu’à sa communauté. « Accomplir la prière » signifie la célébrer à son heure, avec sa récitation, ses inclinations, ses prosternations, ses stations assises, sa tashahhud et toutes ses conditions. Tout cela a déjà été exposé dans la sourate « al-Baqarah » ; il n’y a donc pas lieu d’y revenir.
Troisièmement – Sa parole, exalté soit-Il : « Certes, la prière détourne de la turpitude et du blâmable » : il veut dire que les cinq prières obligatoires effacent, entre chacune d’elles, les péchés, comme l’a dit – sur lui la paix – : « Voyez donc : si l’un de vous avait, devant sa porte, un fleuve où il se baignerait cinq fois par jour, resterait-il sur lui quelque souillure ? » Ils répondirent : « Il ne resterait sur lui aucune souillure. » Il dit alors : « Tel est l’exemple des cinq prières : Allâh efface, par leur intermédiaire, les fautes. » Ce hadith a été rapporté par at-Tirmidhî d’après Abû Hurayrah ; il l’a qualifié de “bon et authentique”.
Ibn ʿUmar a dit : ici, « la prière » désigne le Coran, c’est-à-dire que ce qui y est récité, au cours de la prière, détourne de la turpitude, du blâmable, de la fornication et des désobéissances.
J’ai dit : c’est dans ce sens qu’il faut comprendre également le hadith authentique : « J’ai partagé la prière entre Moi et Mon serviteur en deux parts », voulant dire la récitation de la Fâtiḥah.
Hammâd ibn Abî Sulaymân, Ibn Jurayj et al-Kalbî ont dit : « Tant que le serviteur se trouve dans sa prière, il ne commet ni turpitude ni blâmable » ; autrement dit, la prière empêche tant que l’on y demeure.
Ibn ʿAṭiyyah dit : « Cela est d’une compréhension approximative ; qu’est-ce que cela comparé à ce qu’a rapporté Anas ibn Mâlik ? » Il a dit : « Un jeune homme des Anṣâr priait avec le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – et ne laissait aucune turpitude ni aucun vol sans y succomber. On en informa le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui –, et il dit : “La prière finira par l’en détourner.” »