Lorsque Loth – sur lui la paix – sollicita le secours de son Seigneur, Celui-ci dépêcha contre son peuple des Anges chargés de les châtier. Ces Anges se rendirent d’abord auprès d’Ibrâhîm, – sur lui la paix – pour lui annoncer la victoire de Loth sur les siens, comme cela a été exposé auparavant dans la sourate Hûd et ailleurs.
Al-Aʿmach, Yaʿqoub, Ḥamzah et al-Kisâʾî ont lu : « لِنُنْجِيَهُ وَأَهْلَهُ » (afin que Nous le sauvions, lui et les siens) en allégeant la consonne, tandis que les autres lecteurs l’ont lue avec redoublement.
Ibn Kathîr, Abou Bakr, Ḥamzah et al-Kisâʾî ont également lu : « إِنَّا مُنْجُوكَ وَأَهْلَكَ » (Nous allons certes te sauver, toi et les tiens) avec allègement ; les autres ont redoublé la consonne. Il s’agit de deux formes linguistiques : « anǧā » et « naǧǧā » qui ont le même sens, comme indiqué précédemment.
Ibn ʿÂmir – et c’est aussi la lecture rapportée d’Ibn ʿAbbâs – a lu : « إِنَّا مُنَزِّلُونَ » (Nous allons assurément faire descendre) avec redoublement ; les autres Qurrâʾ l’ont allégée.
À propos de la parole divine : « Nous avons assurément laissé d’elle un signe évident pour des gens doués de raison » (al-ʿAnkabût, 29 : 35), Qatâdah a dit : « Il s’agit des pierres qui ont été conservées » ; c’est également l’avis d’Abou l-ʿÂliyah. D’aucuns ont affirmé que certaines gens de cette communauté seront lapidés avec ces mêmes pierres. Ibn ʿAbbâs a, quant à lui, considéré que ce signe réside dans les vestiges de leurs demeures en ruine. Mujâhid a dit : « C’est l’eau noire toujours visible à la surface de la terre. » Toutes ces interprétations subsistent et ne se contredisent nullement.
[al-ʿAnkabût, 29 : 36-37]
« Et aux Madianites, (Nous avons envoyé) leur frère Chuʿayb ; il dit : « Ô mon peuple ! Adorez Allah, espérez (votre salut au) Jour dernier et ne semez pas la corruption sur terre. » Ils le traitèrent alors de menteur ; la secousse s’empara d’eux et, au matin, ils étaient étendus morts dans leurs demeures. »
Concernant la phrase : « Et (Nous avons envoyé) vers Madyan leur frère Chuʿayb » – c’est-à-dire : Nous avons envoyé un Messager aux gens de Madyan. Leur histoire et leur perversion ont déjà été mentionnées dans les sourates al-Aʿrâf et Hûd.
« Espérez le Jour dernier » – Younous le grammairien explique : craignez l’Au-delà où se trouve la rétribution des actes.
« Et ne semez pas la corruption sur terre » – c’est-à-dire : ne mécroyez pas, car la mécréance est la matrice de toute corruption. Le terme « ʿuthy / ʿathw » désigne la corruption la plus extrême. Les deux verbes ʿathiya yaʿthâ et ʿathâ yaʿthû sont d’un même sens, comme cela a déjà été exposé.
Il a également été dit que l’expression « Espérez le Jour dernier » signifie : « Croyez-y », car ce peuple en niait l’existence.
[al-ʿAnkabût, 29 : 38]
« (Et Nous avons détruit) les ʿÂd et les Thamoud ; (or) il vous est devenu manifeste, à partir de leurs habitations, (ce qu’il en fut) ; Satan enjoliva pour eux leurs œuvres et les détourna du sentier, bien qu’ils fussent clairvoyants. »
À propos de « les ʿÂd et les Thamoud », al-Kisâʾî rapporte que certains y voient un retour au début de la sourate : « Nous avons certes éprouvé ceux qui les ont précédés, ainsi que les ʿÂd et les Thamoud ». Il ajoute : « Il me plaît davantage de considérer que ce segment est coordonné à… » (la phrase reste inachevée dans le texte cité).