(Et si) – aux croyants – (un secours venait de ton Seigneur, ils diraient) – ces apostats – : (« Nous étions bel et bien avec vous »), alors qu’ils mentent. Allah leur dit donc : (Allah n’est-Il pas Le plus savant de ce que recèlent les poitrines des créatures ?) – c’est-à-dire qu’Allah connaît ce qu’ils portent en eux mieux qu’eux-mêmes.
Mujâhid a dit : Le verset fut révélé au sujet de gens qui ne croyaient que de la langue ; lorsqu’un malheur envoyé par Allah ou une épreuve personnelle les atteignait, ils succombaient à la tentation.
Al-Dahhâk a dit : Il concerne des hypocrites de La Mecque qui se prétendaient croyants ; dès qu’ils étaient molestés, ils retournaient à l’association (shirk).
‘Ikrima a dit : Un groupe d’hommes s’était converti, mais les polythéistes les forcèrent à sortir avec eux pour (la bataille de) Badr, où certains furent tués. Allah révéla alors : « Ceux dont les anges reprennent l’âme alors qu’ils se faisaient du tort à eux-mêmes… » Les musulmans de Médine envoyèrent ce verset aux musulmans demeurés à La Mecque ; ceux-ci quittèrent la ville, mais les polythéistes les rattrapèrent et quelques-uns faillirent de nouveau ; le présent verset fut donc révélé à leur sujet.
Il a également été dit qu’il fut révélé au sujet de ‘Ayyâsh b. Abî Rabî‘a : il embrassa l’islam et émigra, puis, après avoir été battu et torturé, il apostasia. Ses bourreaux furent Abû Jahl et Al-Hârith, ses deux demi-frères maternels.
Ibn ‘Abbâs rapporte qu’il vécut longtemps après ces événements et que son islam devint excellent.
(Et Allah fera certes connaître les croyants et Il fera certes connaître les hypocrites.) Qatâda dit : ce passage vise ceux que les polythéistes reconduisirent à La Mecque.
[Coran 29 : 12-13]
« Les mécréants dirent à ceux qui avaient cru : « Suivez notre voie et nous porterons vos fautes. » Mais ils ne porteront rien de leurs fautes ; ils sont assurément des menteurs. Ils porteront certes leurs propres fardeaux, ainsi que d’autres fardeaux en sus des leurs, et ils seront sans nul doute interrogés, au Jour de la Résurrection, au sujet de ce qu’ils inventaient. »
Parole du Très-Haut :
(Et les mécréants dirent à ceux qui avaient cru : « Suivez notre voie »), c’est-à-dire : notre religion.
(« … et que nous supportions vos fautes ») : le verbe est au jussif en raison de l’impératif.
Al-Farrâ’ et Az-Zajjâj disent : c’est un impératif ayant la valeur d’une construction conditionnelle et de sa conséquence ; autrement dit : « Si vous suivez notre voie, nous porterons vos péchés », comme dans ce vers :
« Je dis : Invoque, et j’invoquerai ; car la voix est d’autant plus sonore
lorsqu’on entend deux implorants être appelés. »