Abû Sufyân et al-‘Âṣ ibn Wâ’il.
« Sâ’a mâ yaḥkumûn » : quel détestable jugement ils ont formulé au sujet des attributs de leur Seigneur, lorsqu’ils ont prétendu qu’Il pouvait être devancé, alors qu’Allâh est capable de toute chose.
Le mot « mâ » se trouve, selon un premier avis, à la place de l’accusatif, avec le sens de : « ils prononcent un jugement détestable ». Il est toutefois permis que « mâ » soit au nominatif, signifiant : « détestable est la chose – ou le jugement – qu’ils portent » ; c’est l’avis d’az-Zajjâj.
Ibn Kaysân propose deux autres estimations, différentes des précédentes. La première est de considérer l’expression « mâ yaḥkumûn » comme tenant lieu d’un seul nom, à l’image de l’énoncé : « A‘jabani mâ ṣana‘ta », c’est-à-dire : « Ton acte m’a plu ». Ici, « mâ » et le verbe fonctionnent comme un masdar au nominatif ; l’estimation devient : « Détestable est leur jugement ». La seconde estimation veut que « mâ » n’ait pas de fonction syntaxique propre, remplaçant le sujet du verbe « sâ’a », à l’instar des locutions « ni‘ma » et « bi’sa ».
Abû l-Ḥasan Ibn Kaysân déclare : « Je préfère, partout où cela m’est possible, attribuer à “mâ” une place syntaxique », comme dans la Parole du Très-Haut : « fa-bimâ raḥmatin mina-Llâh », ou encore : « fa-bimâ naqḍihim », et : « ayyama l-ajalayni qaḍaytu ». Dans tous ces cas, « mâ » est au génitif et ce qui suit en dépend. De même, dans : « Innâ Llâha lâ yastaḥyî an yaḍrib mathalan mâ ba‘ûḍatan », « mâ » est à l’accusatif et « ba‘ûḍatan » en dépend.
Parole du Très-Haut :
« Quiconque espère la rencontre d’Allâh, le terme fixé par Allâh viendra à coup sûr. »
Le verbe « yarjû » (espère) prend ici le sens de « redoute », à l’instar du vers du poète hudhalite décrivant un assal :
« Lorsque l’abeille le pique, il ne craint point sa piqûre. »
Tous les exégètes s’accordent à dire que le sens est : « Celui qui craint la mort doit accomplir des œuvres vertueuses, car elle ne manquera pas de l’atteindre », ainsi que l’a rapporté an-Naḥḥâs.
Az-Zajjâj commente : le sens de « yarjû liqâ’aLlâh » est : espérer la récompense d’Allâh. Le terme « man » est sujet, « kâna » en est le prédicat, la proposition étant de surcroît conditionnelle ; « yarjû » est le prédicat de « kâna », et la rétribution se trouve dans la suite : « car le terme fixé par Allâh viendra, et Il est l’Audient, l’Omniscient ».
Parole du Très-Haut :
« Quiconque combat ne combat que pour lui-même. »
C’est-à-dire : celui qui lutte dans la religion, patientant dans le combat contre les mécréants et dans l’accomplissement des actes d’obéissance, n’œuvre en réalité que pour son propre compte ; toute la récompense lui revient, et nul profit n’en revient à Allâh.
« Allâh Se suffit à l’univers » : Il n’a besoin ni de leurs actions ni de leur combat. Il a également été dit : le sens est que, si quelqu’un combat son ennemi pour lui-même, sans rechercher le Visage d’Allâh, Allâh n’a nul besoin de son jihâd.