D’après Abou Saʿîd al-Khudrî, qu’Allah l’agrée, il a dit :
« Je suis entré auprès du Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — alors qu’il était atteint de forte fièvre. Je posai ma main sur lui et ressentis l’ardeur de sa température à travers la couverture. Je dis : “Ô Messager d’Allah, que cette épreuve est rude pour toi !” Il répondit : “Ainsi en est-il pour nous : l’épreuve est doublée pour nous et la récompense nous est doublée.”
Je poursuivis : “Ô Messager d’Allah, quelles sont les gens qui subissent les épreuves les plus rudes ?” Il dit : “Les Prophètes.” Je demandai : “Et après eux ?” Il répondit : “Les vertueux. L’un d’eux peut être éprouvé par la pauvreté au point de ne posséder d’autre vêtement qu’une simple ‘abâ’ qu’il fend pour s’en faire un habit, et il se réjouit de l’épreuve comme l’un de vous se réjouit de l’aisance.”
Saʿd ibn Abî Waqqâs, qu’Allah l’agrée, rapporte : « Je dis : Ô Messager d’Allah, quelles gens subissent les épreuves les plus rudes ? » Il répondit : « Les Prophètes, puis les meilleurs après eux, ensuite les suivants. L’homme est éprouvé à la mesure de sa religion ; s’il est ferme dans sa religion, son épreuve est d’autant plus forte, et s’il y a dans sa religion quelque faiblesse, il est éprouvé selon ce degré. L’épreuve ne cesse de s’attacher au serviteur jusqu’à ce qu’elle le laisse marcher sur la terre sans qu’il ne porte plus aucun péché. »
ʿAbd ar-Raḥmân ibn Zayd rapporte qu’ʿÎsâ — sur lui la paix — avait un ministre. Un jour, celui-ci sortit monté (à cheval) ; un fauve se jeta sur lui et le dévora. ʿÎsâ dit alors : « Seigneur ! C’était mon ministre dans Ta religion, mon soutien auprès des Fils d’Israël et mon successeur parmi eux ; Tu as lâché contre lui une bête qui l’a dévoré. » Il lui fut répondu : « Oui. Il possédait auprès de Moi un rang élevé que son œuvre ne lui faisait pas atteindre ; Je l’ai éprouvé par cela afin qu’il accède à ce rang. »
Wahb a dit : « J’ai lu dans l’écrit d’un des apôtres : “Si l’on t’engage sur le chemin de l’épreuve, réjouis-toi, car c’est le chemin des Prophètes et des vertueux ; et si l’on t’engage sur le chemin de l’aisance, pleure sur toi-même, car on t’a détourné de leur chemin.” »
Puis la parole du Très-Haut : « Allah fera certes connaître ceux qui sont véridiques » c’est-à-dire : Allah verra ceux qui sont sincères dans leur foi. Ce sens a déjà été évoqué dans la sourate « Al-Baqarah » et ailleurs.
Az-Zajjâj a dit : « Il s’agit de manifester la véracité du véridique par la réalisation concrète de sa sincérité ; certes, Allah connaissait déjà le véridique du menteur avant même de les créer, mais le but est la manifestation par laquelle se fonde la rétribution. Il ne connaît la véracité du véridique qu’une fois celle-ci effectivement réalisée, bien qu’Il ait su qu’elle se réaliserait. »
An-Naḥḥâs a dit : « Il y a deux avis. Le premier veut que “ṣadaqû” (ont été véridiques) dérive de la véracité et “al-kādhibîn” (les menteurs) du mensonge opposé à la véracité. Le sens serait alors : Allah dévoilera ceux qui ont été véridiques lorsqu’ils ont dit : “Nous croyons” et l’ont effectivement cru… »