[Sourate al-‘Ankabût]
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
D’après al-Ḥasan, ‘Ikrima, ‘Aṭâ’ et Jâbir, la sourate est entièrement mecquoise. Selon l’une des deux opinions rapportées d’Ibn ‘Abbâs et de Qatâda, elle est, quant à elle, entièrement médinoise. Leur seconde opinion – citée par Yaḥyâ b. Sallâm – est qu’elle est mecquoise à l’exception de dix versets au début, lesquels furent révélés à Médine au sujet des musulmans encore établis à La Mecque.
‘Alî b. Abî Ṭâlib – qu’Allah l’agrée – a dit : « Elle fut révélée entre La Mecque et Médine. » Elle comprend soixante-neuf versets.
[Sourate al-‘Ankabût, v. 1 à 3]
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Alif Lâm Mîm.
Les gens pensent-ils qu’on les laissera dire : « Nous croyons », sans qu’ils soient mis à l’épreuve ?
Nous avons certes éprouvé ceux qui les ont précédés ; Allah fera assurément connaître ceux qui sont véridiques et fera assurément connaître les menteurs.
Parole du Très-Haut :
« Alif Lâm Mîm. Les gens pensent-ils qu’on les laissera dire : “Nous croyons”, sans qu’ils soient mis à l’épreuve ? »
L’explication des lettres détachées a déjà été présentée au début des autres sourates.
Ibn ‘Abbâs dit : leur sens est : « Je suis Allah, le plus Savant. »
D’autres ont soutenu qu’il s’agit du nom de la sourate ; on a même avancé qu’il pourrait être un nom donné au Coran.
Le verbe « ḥasiba » (penser, s’imaginer) est ici une interrogation visant la confirmation et le blâme ; il signifie : « S’imaginent-ils ? »
« An yutrakû » (qu’on les laisse) se trouve à l’accusatif, régi par « ḥasiba », et, selon Sîbawayh, remplit la fonction des deux compléments d’objet.
La seconde particule « an » dans « an yaqûlû » est également à l’accusatif, deux analyses étant possibles : soit avec le sens de « pour qu’ils disent », « par le fait qu’ils disent » ou « afin qu’ils disent » ; soit par reprise, le sens devenant : « Alif Lâm Mîm. Les gens pensent-ils qu’on les laissera ? Pensent-ils qu’ils pourront dire : “Nous croyons” sans être éprouvés ? »
Ibn ‘Abbâs et d’autres ont expliqué que « les gens » vise un groupe de croyants demeurés à La Mecque ; les mécréants de Quraych les persécutaient et les torturaient à cause de leur islam : Salama b. Hishâm, ‘Ayyâsh b. Abî Rabî‘a, al-Walîd b. al-Walîd, ‘Ammâr b. Yâsir, Yâsir son père, Sumayya sa mère, plusieurs membres des Banû Makhzûm et d’autres encore. Leurs poitrines s’en trouvaient oppressées, et ils s’étonnaient parfois que Dieu permette aux mécréants de dominer les croyants.
Mujâhid et d’autres ont dit : ce verset fut révélé pour les réconforter et leur enseigner que telle est la coutume d’Allah envers Ses serviteurs : éprouver les croyants et les mettre à l’épreuve.
Ibn ‘Aṭiyya a dit : « Et bien que ce verset … »