Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Qutrub déclara : « Il ne s’agit en réalité que de l’expression : “ويلك” (malheur à toi) ; on en a retranché le lâm, et le kāf – qui sert à interpeller – a été rattaché au mot “وي”. »

Le poète ‘Antara a dit :
« Oui, les paroles des cavaliers : “Hâte-toi donc, ‘Antar !”
ont apaisé mon âme et guéri sa maladie. »

An-Naḥḥās et d’autres savants ont récusé cette explication, affirmant que le sens ne s’y prête pas : les gens, en effet, ne s’adressaient à personne pour lui dire “malheur à toi”. S’il en avait été ainsi, on aurait dû dire « إِنَّهُ » avec kasra ; de plus, la suppression du lâm dans “ويلك” n’est pas recevable.

Certains ont estimé que l’expression doit se comprendre ainsi : « وَيْلَكَ، اعْلَمْ أَنَّهُ… », le verbe « اعلم » étant sous-entendu.

Ibn al-A‘rābī a dit : « ويكأن الله » signifie : « Sache que… ».

D’autres ont avancé le sens : « Ne vois-tu pas que Dieu… »

Quant à al-Qutaybî, il y voit, dans la langue des Himyarites, l’idée de « miséricorde pour toi ».

Al-Kisâ’î estime que « وي » exprime l’étonnement ; il est aussi rapporté de lui qu’il s’arrêtait sur « وي » seule, la considérant comme un mot d’affliction.

Celui qui lit « ويك » et s’arrête au kāf entend par là : « Je m’étonne que Dieu étende la subsistance, et je m’étonne aussi que les mécréants ne réussissent jamais. » Le kāf doit alors être une particule d’adresse et non un nom, car « وي » n’accepte pas l’annexion. On l’a toutefois écrit attaché, l’usage fréquent l’ayant fait considérer comme un tout homogène.

« Si Dieu ne nous avait pas comblés de Sa grâce » – par la foi, par Sa miséricorde et en nous préservant de la même arrogance et vanité que Qârûn – « Il nous aurait fait engloutir (par la terre). »

Al-A‘mach a lu : « لولا مَنُّ اللهُ علينا » ; Ḥafṣ a lu : « لَخَسَفَ بنا » à la forme active. Les autres lecteurs emploient la forme passive ; c’est l’avis retenu par Abû ‘Ubayd. Dans la muṣḥaf d’Ibn Mas‘ûd on lit : « لا نَخسِفْ بنا » – comme on dirait : « Partons-nous ». C’est aussi la lecture d’al-A‘mach et de Ṭalḥa b. Muṣarrif.

Abû Ḥâtim a préféré la lecture de la majorité pour deux raisons : d’une part, la Parole divine : « Nous fîmes donc engloutir la terre sous lui et sa demeure » ; d’autre part, l’expression : « Si Dieu ne nous avait pas favorisés », qui est plus naturellement rattachée au Nom d’Allah, tout proche dans le contexte.

« ويكأنه لا يُفلح الكافرون » : c’est-à-dire qu’auprès d’Allah les mécréants ne prospèrent jamais.

« Telle est la Demeure dernière – le Paradis – que Nous destinons à ceux qui ne cherchent ni supériorité hautaine sur terre ni corruption ; et l’issue heureuse appartient aux pieux.

Quiconque viendra avec une bonne action recevra une récompense meilleure encore ; et quiconque viendra avec une mauvaise action, les auteurs de mauvaises actions ne seront rétribués que selon ce qu’ils faisaient. » (Sourate al-Qaṣaṣ, 28 : 83-84)

وَقَالَ قُطْرُبٌ: إِنَّمَا هُوَ وَيْلُكَ وَأُسْقِطَتْ لَامُهُ وَضُمَّتِ الْكَافُ الَّتِي هِيَ لِلْخِطَابِ إِلَى وَيْ. قَالَ عَنْتَرَةُ: وَلَقَدْ شَفَى نَفْسِي وَأَبْرَأَ سُقْمَهَا ... قول الْفَوَارِسُ وَيْكَ عَنْتَرَ أَقْدِمِ وَأَنْكَرَهُ النَّحَّاسُ وَغَيْرُهُ، وَقَالُوا: إِنَّ الْمَعْنَى لَا يَصِحُّ عَلَيْهِ، لِأَنَّ القوم لم يخاطبوا أحدا فيقولوا له ويلك، وَلَوْ كَانَ كَذَلِكَ لَكَانَ إِنَّهُ بِالْكَسْرِ. وَأَيْضًا فَإِنَّ حَذْفَ اللَّامِ مِنْ وَيْلِكَ لَا يَجُوزُ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: التَّقْدِيرُ وَيْلَكَ اعْلَمْ أَنَّهُ، فَأُضْمِرَ اعْلَمِ. ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: " وَيْكَأَنَّ اللَّهَ" أَيِ اعْلَمْ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ أَلَمْ تَرَ أَنَّ اللَّهَ. وَقَالَ الْقُتَبِيُّ: مَعْنَاهُ رَحْمَةٌ لَكَ بِلُغَةِ حِمْيَرَ. وَقَالَ الْكِسَائِيُّ: وَيْ فِيهِ مَعْنَى التَّعَجُّبِ. وَيُرْوَى عَنْهُ أَيْضًا الْوَقْفُ عَلَى وَيْ وَقَالَ كَلِمَةُ تَفَجُّعٍ. وَمَنْ قَالَ: وَيْكَ فَوَقَفَ عَلَى الْكَافِ فَمَعْنَاهُ أَعْجَبُ لِأَنَّ اللَّهَ يَبْسُطُ الرِّزْقَ وَأَعْجَبُ لِأَنَّهُ لَا يُفْلِحُ الْكَافِرُونَ. وَيَنْبَغِي أَنْ تَكُونَ الْكَافُ حَرْفَ خِطَابٍ لَا اسْمًا، لِأَنَّ وَيْ لَيْسَتْ مِمَّا يُضَافُ. وَإِنَّمَا كُتِبَتْ مُتَّصِلَةً، لِأَنَّهَا لَمَّا كَثُرَ اسْتِعْمَالُهَا جُعِلَتْ مَعَ مَا بَعْدَهَا كَشَيْءٍ واحد. (لَوْلا أَنْ مَنَّ اللَّهُ عَلَيْنا) بِالْإِيمَانِ وَالرَّحْمَةِ وَعَصَمَنَا مِنْ مِثْلِ مَا كَانَ عَلَيْهِ قَارُونُ مِنَ الْبَغْيِ وَالْبَطَرِ " لَخَسَفَ بِنا" . وَقَرَأَ الْأَعْمَشُ: " لَوْلَا مَنُّ اللَّهُ عَلَيْنَا" . وَقَرَأَ حَفْصُ: " لَخَسَفَ بِنا" مُسَمَّى الْفَاعِلِ. الْبَاقُونَ: عَلَى مَا لَمْ يُسَمَّ فَاعِلُهُ وَهُوَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ وَفِي حَرْفِ عبد الله " لا نخسف بِنَا" كَمَا تَقُولُ انْطَلِقْ بِنَا. وَكَذَلِكَ قَرَأَ الْأَعْمَشُ وَطَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ. وَاخْتَارَ قِرَاءَةَ الْجَمَاعَةِ أَبُو حَاتِمٍ لِوَجْهَيْنِ: أَحَدُهُمَا قَوْلُهُ: " فَخَسَفْنا بِهِ وَبِدارِهِ الْأَرْضَ" . والثاني قول: " لَوْلا أَنْ مَنَّ اللَّهُ عَلَيْنا" فَهُوَ بِأَنْ يُضَافَ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى لِقُرْبِ اسْمِهِ مِنْهُ أَوْلَى. (وَيْكَأَنَّهُ لا يُفْلِحُ الْكافِرُونَ) عند الله. [سورة القصص (٢٨) : الآيات ٨٣ الى ٨٤] تِلْكَ الدَّارُ الْآخِرَةُ نَجْعَلُها لِلَّذِينَ لَا يُرِيدُونَ عُلُوًّا فِي الْأَرْضِ وَلا فَساداً وَالْعاقِبَةُ لِلْمُتَّقِينَ (٨٣) مَنْ جاءَ بِالْحَسَنَةِ فَلَهُ خَيْرٌ مِنْها وَمَنْ جاءَ بِالسَّيِّئَةِ فَلا يُجْزَى الَّذِينَ عَمِلُوا السَّيِّئاتِ إِلاَّ مَا كانُوا يَعْمَلُونَ (٨٤)

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