Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Allah – exalté soit-Il – fit alors engloutir par la terre Qârûn, sa demeure ainsi que tous ses biens, trois jours durant ; puis Il inspira à Mûsâ : « Je ne rendrai plus jamais la terre obéissante à quiconque après toi. »

On dit : « خَسَفَ المَكانُ يَخْسِفُ خُسوفاً » : le lieu s’est affaissé, s’est enfoncé dans le sol ; et : « خَسَفَ اللهُ به الأرضَ » : Allah le fit disparaître dans la terre. De là la Parole du Très-Haut : « Nous fîmes donc engloutir, lui et sa demeure, par la terre. » On dit aussi : « خَسَفَ هو في الأرض » et « خُسِفَ به ». Quant au « خُسوف » de la lune, il s’entend comme son éclipse (« كُسوف »).

Thaalab dit : l’expression la plus correcte est : « كُسِفَتِ الشَّمسُ » (la lune s’est éclipsée) et « خُسِفَ القَمرُ » (le soleil s’est éclipsé). Le terme « خَسْف » peut également signifier la diminution ; on dira : « Un tel s’est contenté d’un خَسْف », c’est-à-dire d’une perte ou d’un manque.

« فَما كانَ لَهُ مِنْ فِئَةٍ » : il ne restait aucune troupe, aucun groupe.
« … qui pût le secourir en dehors d’Allah, et il ne put se secourir lui-même » : il ne possédait aucun moyen d’échapper à l’engloutissement. Il est rapporté que Qârûn s’enfonce chaque jour de la hauteur d’un homme ; lorsqu’il atteindra le fond de la terre inférieure, Isrâfîl soufflera dans la Trompe – ainsi qu’il a déjà été mentionné – et Allah est plus Savant.

Parole du Très-Haut :
« Et, le lendemain, ceux qui, la veille, enviaient sa situation… » c’est-à-dire qu’ils se mirent à regretter ce vœu ;
« … dirent : ‘Malheur à nous ! Il apparaît qu’Allah…’ »

Le terme « وَيْ » est une particule exprimant le remords.
An-Naḥḥâs affirme : la meilleure analyse en est celle d’al-Khalîl, Sîbawayh, Yûnus et al-Kisâ’î : le peuple prit conscience – ou on le fit prendre conscience – et s’écria : « وَيْ ». Chez les Arabes, celui qui se repent dit, au cœur de son regret, « وَيْ ».

Al-Jawharî précise : « وَيْ » est un mot d’étonnement ; on dit également : « وَيْكَ » ou « وَيْ لِعَبدِ اللهِ ».

Le mot « وَيْ » peut précéder « كَأَنَّ » (allégé ou renforcé) : « وَيْكَأَنَّ اللهَ… »
Al-Khalîl déclare qu’il s’agit de deux mots distincts : on dit d’abord « وَيْ », puis l’on reprend : « كَأَنَّ ».

Ath-Tha‘labî rapporte qu’al-Farrâ’ y voit une particule de confirmation, comparable à : « Ne vois-tu pas l’œuvre et la bienfaisance d’Allah ? »

Il est rapporté qu’une Bédouine demanda à son mari : « Où est ton fils, malheur à toi ? » Il répondit : « وَيْ, il doit être derrière la maison », c’est-à-dire : « Ne le vois-tu pas ? »

Ibn ‘Abbâs et al-Ḥasan disent : « وَيْكَ » est une particule d’introduction et d’affirmation, sous-entendant : « En vérité, Allah étend la subsistance… »

D’autres estiment qu’il s’agit d’une particule d’avertissement équivalant à « ألا » dans : « ألا تفعل » (« Ne le fais donc pas ») ou à « أمّا » dans : « أمّا بعد ».

Le poète a dit :
« Elles m’ont toutes deux réclamé le divorce lorsqu’elles virent
que mes biens s’étaient amenuisés ; vous voilà venues me reprocher mon indigence.
Malheur ! N’est-ce pas que celui qui possède une fortune est aimé,
tandis que le nécessiteux vit dans l’opprobre ? »

اللَّهُ تَعَالَى بِهِ وَبِدَارِهِ الْأَرْضَ وَبِجَمِيعِ أَمْوَالِهِ بَعْدَ ثَلَاثَةِ أَيَّامٍ، فَأَوْحَى اللَّهُ إِلَى مُوسَى إِنِّي لَا أُعِيدُ طَاعَةَ الْأَرْضِ إِلَى أَحَدٍ بَعْدَكَ أَبَدًا. يُقَالُ: خَسَفَ الْمَكَانُ يَخْسِفُ خُسُوفًا ذَهَبَ فِي الْأَرْضِ وَخَسَفَ اللَّهُ بِهِ الْأَرْضَ خَسْفًا أَيْ غَابَ بِهِ فِيهَا. وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " فَخَسَفْنا بِهِ وَبِدارِهِ الْأَرْضَ" وَخَسَفَ هُوَ فِي الْأَرْضِ وَخُسِفَ بِهِ. وَخُسُوفُ الْقَمَرِ كُسُوفُهُ. قَالَ ثَعْلَبُ: كَسَفَتِ الشَّمْسُ وَخَسَفَ الْقَمَرُ، هَذَا أَجْوَدُ الْكَلَامِ. وَالْخَسْفُ النُّقْصَانُ، يُقَالُ: رَضِيَ فُلَانٌ بِالْخَسْفِ أَيْ بِالنَّقِيصَةِ. (فَما كانَ لَهُ مِنْ فِئَةٍ) أَيْ جَمَاعَةٍ وَعِصَابَةٍ. (يَنْصُرُونَهُ مِنْ دُونِ اللَّهِ وَما كانَ مِنَ المُنْتَصِرِينَ) لِنَفْسِهِ أَيِ الْمُمْتَنِعِينَ فِيمَا نَزَلَ بِهِ مِنَ الْخَسْفِ. فَيُرْوَى أَنَّ قَارُونَ يَسْفُلُ كُلَّ يَوْمٍ بِقَدْرِ قَامَةٍ، حَتَّى إِذَا بَلَغَ قَعْرَ الْأَرْضِ السُّفْلَى نَفَخَ إِسْرَافِيلُ فِي الصُّورِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَصْبَحَ الَّذِينَ تَمَنَّوْا مَكانَهُ بِالْأَمْسِ) أَيْ صَارُوا يَتَنَدَّمُونَ عَلَى ذَلِكَ التَّمَنِّي وَ (يَقُولُونَ وَيْكَأَنَّ اللَّهَ) [وَيْ] حَرْفُ تَنَدُّمٍ. قَالَ النَّحَّاسُ: أَحْسَنُ مَا قِيلَ فِي هَذَا قَوْلُ الْخَلِيلِ وَسِيبَوَيْهِ وَيُونُسَ وَالْكِسَائِيِّ أَنَّ الْقَوْمَ تَنَبَّهُوا أَوْ نُبِّهُوا، فَقَالُوا وَيْ، وَالْمُتَنَدِّمُ مِنَ الْعَرَبِ يَقُولُ فِي خِلَالِ تَنَدُّمِهِ وَيْ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَيْ. كَلِمَةُ تَعَجُّبٍ، وَيُقَالُ: وَيْكَ وَوَيْ لِعَبْدِ اللَّهِ. وَقَدْ تَدْخُلُ وَيْ عَلَى كَأَنْ الْمُخَفَّفَةِ وَالْمُشَدَّدَةِ تَقُولُ: وَيْكَأَنَّ اللَّهُ. قَالَ الْخَلِيلُ: هِيَ مَفْصُولَةٌ، تَقُولُ: " وَيْ" ثُمَّ تَبْتَدِئُ فَتَقُولُ " كَأَنَّ" . قَالَ الثَّعْلَبِيُّ: وَقَالَ الْفَرَّاءُ هِيَ كَلِمَةُ تَقْرِيرٍ، كَقَوْلِكَ: أَمَا تَرَى إِلَى صُنْعِ اللَّهِ وَإِحْسَانِهِ، وَذُكِرَ أَنَّ أَعْرَابِيَّةً قَالَتْ لِزَوْجِهَا: أَيْنَ ابْنُكَ ويلك؟ فَقَالَ: وَيْ كَأَنَّهُ وَرَاءَ الْبَيْتِ، أَيْ أَمَا تَرَيْنَهُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ وَالْحَسَنُ: وَيْكَ كَلِمَةُ ابْتِدَاءٍ وَتَحْقِيقٍ تَقْدِيرُهُ: إِنَّ اللَّهَ يَبْسُطُ الرِّزْقَ. وَقِيلَ: هُوَ تَنْبِيهٌ بِمَنْزِلَةِ أَلَا فِي قَوْلِكَ ألا تفعل وأما فِي قَوْلِكَ أَمَّا بَعْدُ. قَالَ الشَّاعِرُ «١» : سَالَتَانِي الطَّلَاقَ إِذْ رَأَتَانِي ... قَلَّ مَالِي قَدْ جِئْتُمَانِي بِنُكْرِ وَيْ كَأَنْ مَنْ يَكُنْ لَهُ نَشَبٌ يحبب ... ومن يفتقر يعش ضر
(١). هو زيد بن عمر بن نفيل.

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