Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et notamment, le hadith suivant :
— « Qu’est-ce que l’Ihsân ? »
— Il répondit : « Que tu adores Allah comme si tu Le voyais. »

D’aucuns ont dit : il s’agit d’un ordre d’entretenir les liens avec les indigents.

Ibn al-‘Arabî commente : « À ce sujet, les avis sont nombreux, dont l’essence est d’employer les bienfaits d’Allah dans l’obéissance à Allah. »

Mâlik a dit : « C’est manger et boire sans excès. »

Ibn al-‘Arabî ajoute : « Je comprends que Mâlik voulait réfuter ceux qui exagèrent dans l’ascèse et l’austérité, car le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — aimait les douceurs, buvait du miel, consommait des viandes rôties et appréciait l’eau fraîche. Cette idée a déjà été exposée en d’autres passages. »

« Ne recherche pas la corruption sur terre ; certes, Allah n’aime pas les corrupteurs. »

(Sourate al-Qasas, 28 : 78)

Il a dit : « Je ne l’ai reçue qu’en raison d’un savoir que je possède. Ne savait-il pas qu’Allah avait anéanti avant lui des générations plus puissantes que lui et plus riches ? Les criminels ne seront pas interrogés au sujet de leurs péchés. » (v. 78)

Parole du Très-Haut : « Il a dit : “Je ne l’ai reçue qu’en raison d’un savoir que je possède.” »

C’est-à-dire le savoir de la Torah ; d’après ce qui est rapporté, il en était l’un des meilleurs lecteurs et des plus savants, faisant partie des soixante-dix savants que Mûsâ choisit pour le rendez-vous divin.

Ibn Zayd dit : « C’est-à-dire : je ne l’ai reçue qu’en vertu de Sa science de mon mérite et de Sa satisfaction à mon égard. »

Le terme « auprès de moi » signifie : selon moi, Allah m’a accordé ces trésors en connaissance de cause, estimant que je les mérite en raison d’une distinction qui m’est propre.

On a également dit : « Je l’ai obtenue grâce au savoir que j’ai des voies du commerce et du gain », propos rapporté par ‘Alî ibn ‘Isâ ; il oubliait qu’Allah, s’Il ne lui avait facilité l’acquisition de ces biens, ils ne se seraient jamais amassés auprès de lui.

Ibn ‘Abbâs a dit : « En raison d’un savoir que j’ai dans l’art de façonner l’or », allusion à la science de l’alchimie.

An-Naqqâsh rapporte que Mûsâ — sur lui la paix — lui enseigna le tiers de l’alchimie, Yûsha‘ un autre tiers et Hârûn le dernier tiers ; Qârûn, alors encore croyant, les trompa tous deux, apprit ce qu’ils possédaient et pratiqua l’alchimie, si bien que ses richesses se multiplièrent.

On a aussi avancé que Mûsâ enseigna l’alchimie à trois personnes : Yûsha‘ ibn Nûn, [Kâlib ibn Yûfinâ], et Qârûn. Az-Zajjâj retint la première version et rejeta l’affirmation selon laquelle Qârûn pratiquait l’alchimie, disant : « L’alchimie est fausse et n’a aucune réalité. »

Selon une autre opinion, Mûsâ enseigna l’alchimie à sa sœur — l’épouse de Qârûn — laquelle la transmit à Qârûn. Allah est plus savant.

وَمِنْهُ الْحَدِيثُ: مَا الْإِحْسَانُ؟ قَالَ: (أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ كَأَنَّكَ تَرَاهُ) وَقِيلَ: هُوَ أَمْرٌ بِصِلَةِ الْمَسَاكِينِ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: فِيهِ أَقْوَالٌ كَثِيرَةٌ جِمَاعُهَا اسْتِعْمَالُ نِعَمِ اللَّهِ فِي طَاعَةِ اللَّهِ. وقال مالك: هو الْأَكْلُ وَالشُّرْبُ مِنْ غَيْرِ سَرَفٍ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: أَرَى مَالِكًا أَرَادَ الرَّدَّ عَلَى الْغَالِينَ فِي الْعِبَادَةِ وَالتَّقَشُّفِ، فَإِنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يُحِبُّ الْحَلْوَاءَ، وَيَشْرَبُ الْعَسَلَ، وَيَسْتَعْمِلُ الشِّوَاءَ، وَيَشْرَبُ الْمَاءَ الْبَارِدَ. وَقَدْ مَضَى هَذَا الْمَعْنَى فِي غَيْرِ مَوْضِعٍ (وَلا تَبْغِ الْفَسادَ فِي الْأَرْضِ) أَيْ لَا تَعْمَلْ بِالْمَعَاصِي (إِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْمُفْسِدِينَ) [[سورة القصص (٢٨) : آية ٧٨]] قالَ إِنَّما أُوتِيتُهُ عَلى عِلْمٍ عِنْدِي أَوَلَمْ يَعْلَمْ أَنَّ اللَّهَ قَدْ أَهْلَكَ مِنْ قَبْلِهِ مِنَ الْقُرُونِ مَنْ هُوَ أَشَدُّ مِنْهُ قُوَّةً وَأَكْثَرُ جَمْعاً وَلا يُسْئَلُ عَنْ ذُنُوبِهِمُ الْمُجْرِمُونَ (٧٨) قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ إِنَّما أُوتِيتُهُ عَلى عِلْمٍ عِنْدِي) يَعْنِي عِلْمَ التَّوْرَاةِ. وَكَانَ فِيمَا رُوِيَ مِنْ أَقْرَأِ النَّاسِ لَهَا، وَمِنْ أَعْلَمِهِمْ بِهَا. وَكَانَ أَحَدَ الْعُلَمَاءِ السَّبْعِينَ الذين اخْتَارَهُمْ مُوسَى لِلْمِيقَاتِ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ: أَيْ إِنَّمَا أُوتِيتُهُ لِعِلْمِهِ بِفَضْلِي وَرِضَاهُ عَنِّي. فَقَوْلُهُ: " عِنْدِي" مَعْنَاهُ إِنَّ عِنْدِي أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى آتَانِي هَذِهِ الْكُنُوزَ عَلَى عِلْمٍ مِنْهُ بِاسْتِحْقَاقِي إِيَّاهَا لِفَضْلٍ فِيَّ. وَقِيلَ: أُوتِيتُهُ عَلَى عِلْمٍ مِنْ عِنْدِي بِوُجُوهِ التِّجَارَةِ وَالْمَكَاسِبِ، قَالَهُ عَلِيُّ بْنُ عِيسَى. وَلَمْ يَعْلَمْ أَنَّ اللَّهَ لَوْ لَمْ يُسَهِّلْ لَهُ اكْتِسَابَهَا لَمَا اجْتَمَعَتْ عِنْدَهُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: عَلَى عِلْمٍ عِنْدِي بِصَنْعَةِ الذَّهَبِ. وَأَشَارَ إِلَى عِلْمِ الْكِيمْيَاءِ. وَحَكَى النَّقَّاشُ: أَنَّ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ عَلَّمَهُ الثُّلُثَ مِنْ صَنْعَةِ الْكِيمْيَاءِ، وَيُوشَعُ الثُّلُثَ، وَهَارُونُ الثُّلُثَ، فَخَدَعَهُمَا قَارُونُ- وَكَانَ عَلَى إِيمَانِهِ- حَتَّى عَلِمَ مَا عِنْدَهُمَا وَعَمِلَ الْكِيمْيَاءَ، فَكَثُرَتْ أَمْوَالُهُ. وَقِيلَ: إِنَّ مُوسَى عَلَّمَ الْكِيمْيَاءَ ثَلَاثَةً، يُوشَعَ بْنَ نُونٍ، [وَكَالِبَ بْنَ يُوفِنَا «١» ]، وَقَارُونَ، وَاخْتَارَ الزَّجَّاجُ الْقَوْلَ الْأَوَّلَ، وَأَنْكَرَ قَوْلَ مَنْ قَالَ إِنَّهُ يَعْمَلُ الْكِيمْيَاءَ. قَالَ: لِأَنَّ الْكِيمْيَاءَ بَاطِلٌ لَا حَقِيقَةَ لَهُ. وَقِيلَ: إِنَّ مُوسَى عَلَّمَ أُخْتَهُ عِلْمَ الْكِيمْيَاءِ، وَكَانَتْ زَوْجَةَ قَارُونَ، وَعَلَّمَتْ أُخْتُ مُوسَى قارون، والله أعلم
(١). في الأصول" طالوت" وهو تحريف. والتصويب من كتب التفسير.

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