Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Mujâhid a dit : « Le terme “al-ʿuṣba” désigne ici un groupe compris entre vingt et quinze hommes. »
Il a également rapporté : « entre dix et quinze. »
Et, selon un autre propos qu’on lui attribue : « de dix à cinq. » Le premier avis est cité par aṯ-Ṯaʿlabî, le second par al-Qušayrî et al-Māwardî, le troisième par al-Mahdawî.

Abû Ṣāliḥ, al-Ḥakam b. ʿUtayba, Qatāda et aḍ-Ḍaḥḥāk ont dit : « quarante hommes. » As-Sud­dî a indiqué « entre dix et quarante », opinion partagée également par Qatāda.

ʿIkrima a rapporté que certains disent « quarante » et d’autres « soixante-dix ». C’est aussi l’avis d’Abû Ṣāliḥ, qui considère que la ʿuṣba est constituée de soixante-dix hommes, comme le rapporte al-Māwardî ; le premier nombre (quarante) est rapporté de lui par aṯ-Ṯaʿlabî.

D’autres ont dit : « soixante hommes. »

Saʿîd b. Jubayr a déclaré : « six ou sept. »

ʿAbd ar-Raḥmān b. Zayd a dit : « entre trois et neuf ; c’est ce qu’on appelle an-nafar. »

Al-Kalbî a affirmé : « dix », en se fondant sur la parole des frères de Yûsuf : « Nous sommes une ʿuṣba », et c’est également l’avis de Muqātil.

Khayṯama a dit : « J’ai trouvé dans l’Évangile que les clefs des trésors de Qārûn représentaient la charge de soixante mules blanches, aux membres marqués de blanc ; elles pliaient sous leur poids. Chacune de ces clefs dépassait à peine la taille d’un doigt, et chacune ouvrait sur un trésor d’argent ; si ce trésor était réparti entre les habitants de Baṣra, il leur suffirait. »

Mujâhid a précisé : « Les clefs étaient faites de cuir de chameau. » D’autres ont dit : « de cuir de vache, afin qu’elles soient plus légères. » Selon al-Qušayrî, elles étaient transportées avec lui lorsqu’il se déplaçait, réparties sur soixante-dix mules. D’autres ont dit : « sur quarante mules », avis rapporté d’aḍ-Ḍaḥḥāk.

On rapporte encore de ce dernier que « ses clefs étaient ses coffres mêmes ». Abû Ṣāliḥ a dit de même : « Par “clefs”, il faut entendre les trésors. » – Allāh est Le plus savant.

(Ith qāla lahu qawmuhu) : « lorsque son peuple lui dit » ; c’est-à-dire les croyants des Fils d’Israël, selon as-Sud­dî. Yahyā b. Sallām, suivi d’al-Farrā’, dit : « Par “peuple” on entend Mûsâ. » Il s’agit alors d’un pluriel employé pour un seul individu, comme dans la parole : « ceux auxquels les gens dirent… », alors qu’il ne s’agissait en réalité que de Nuʿaym b. Masʿûd, comme on l’a vu précédemment.

(Lā tafraḥ) : ne t’exalte pas, ne te montre pas insolent ni vaniteux.

(Inna Allāha lā yuḥibbu l-farihīn) : Allāh n’aime pas les arrogants, ont dit Mujâhid et as-Sud­dî.

Le poète a dit :
« Je ne suis pas d’un naturel exubérant quand le destin me réjouit,
ni abattu dans les retournements de ses péripéties. »

Al-Zajjāj commente : « N’aie point de joie orgueilleuse pour tes richesses ; celui qui se réjouit de son argent n’en acquitte pas le droit. »

Mubashshir b. ʿAbd Allāh a dit : « Ne te réjouis pas ; c’est-à-dire : ne sème pas la corruption. »

Et le poète a encore chanté :
« Si tu ne cesses de rendre un dépôt tout en en portant un autre,
les dépôts eux-mêmes te réjouiront. »

وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الْعُصْبَةُ هُنَا مَا بَيْنَ الْعِشْرِينَ إِلَى خَمْسَةَ عَشَرَ. وَعَنْهُ أَيْضًا: مَا بَيْنَ الْعَشْرَةِ إِلَى الْخَمْسَةَ عَشَرَ. وَعَنْهُ أَيْضًا: مِنْ عَشَرَةٍ إِلَى خَمْسَةٍ. ذَكَرَ الْأَوَّلَ الثَّعْلَبِيُّ، وَالثَّانِيَ الْقُشَيْرِيُّ وَالْمَاوَرْدِيُّ، وَالثَّالِثُ الْمَهْدَوِيُّ. وَقَالَ أَبُو صَالِحٍ وَالْحَكَمُ بْنُ عُتَيْبَةَ وَقَتَادَةُ وَالضَّحَّاكُ: أَرْبَعُونَ رَجُلًا. السُّدِّيُّ مَا بَيْنَ الْعَشَرَةِ إِلَى الْأَرْبَعِينَ. وَقَالَهُ قَتَادَةُ أَيْضًا. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: مِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ أَرْبَعُونَ، وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ سَبْعُونَ. وَهُوَ قَوْلُ أَبِي صَالِحٍ إِنَّ الْعُصْبَةَ سَبْعُونَ رَجُلًا، ذَكَرَهُ الْمَاوَرْدِيُّ. وَالْأَوَّلُ ذَكَرَهُ عَنْهُ الثَّعْلَبِيُّ. وَقِيلَ: سِتُّونَ رَجُلًا. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: سِتٌّ أَوْ سَبْعٌ. وَقَالَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ زَيْدٍ: مَا بَيْنَ الثَّلَاثَةِ وَالتِّسْعَةِ وَهُوَ النَّفَرُ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: عَشَرَةٌ لِقَوْلِ إِخْوَةِ يُوسُفَ " وَنَحْنُ عُصْبَةٌ" وَقَالَهُ مُقَاتِلٌ. وَقَالَ خَيْثَمَةُ: وَجَدْتُ فِي الْإِنْجِيلِ أَنَّ مَفَاتِيحَ خَزَائِنِ قَارُونَ وَقْرُ سِتِّينَ بَغْلًا غَرَّاءَ محجلة، وأنها لتنوء بها من ثِقَلَهَا، وَمَا يَزِيدُ مِفْتَحٌ مِنْهَا عَلَى إِصْبَعٍ، لِكُلِّ مِفْتَحٍ مِنْهَا كَنْزُ مَالٍ، لَوْ قُسِمَ ذَلِكَ الْكَنْزُ عَلَى أَهْلِ الْبَصْرَةِ لَكَفَاهُمْ. قَالَ مُجَاهِدٌ: كَانَتِ الْمَفَاتِيحُ مِنْ جُلُودِ الْإِبِلِ. وَقِيلَ: مِنْ جُلُودِ الْبَقَرِ لِتَخِفَّ عَلَيْهِ، وَكَانَتْ تُحْمَلُ مَعَهُ إِذَا رَكِبَ عَلَى سَبْعِينَ بَغْلًا فِيمَا ذَكَرَهُ الْقُشَيْرِيُّ. وَقِيلَ: عَلَى أَرْبَعِينَ بَغْلًا. وَهُوَ قَوْلُ الضَّحَّاكِ. وَعَنْهُ أَيْضًا: إِنَّ مَفَاتِحَهُ أَوْعِيَتُهُ. وَكَذَا قَالَ أَبُو صَالِحٍ: إِنَّ الْمُرَادَ بِالْمَفَاتِحِ الْخَزَائِنُ، فَاللَّهُ أَعْلَمُ. (إِذْ قالَ لَهُ قَوْمُهُ) أَيِ الْمُؤْمِنُونَ مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ، قَالَهُ السُّدِّيُّ. وَقَالَ يَحْيَى بْنُ سَلَّامٍ: الْقَوْمُ هُنَا مُوسَى. وقاله الْفَرَّاءُ. وَهُوَ جَمْعٌ أُرِيدَ بِهِ وَاحِدٌ كَقَوْلِهِ: " الَّذِينَ قالَ لَهُمُ النَّاسُ" وَإِنَّمَا هُوَ نُعَيْمُ بْنُ مَسْعُودٍ عَلَى مَا تَقَدَّمَ. (لَا تَفْرَحْ) أي لا تأشر ولا تبطر. (إِنَّ اللَّهَ لا يُحِبُّ الْفَرِحِينَ) أي البطرين، قاله مجاهد والسدي. قَالَ الشَّاعِرُ: وَلَسْتُ بِمِفْرَاحٍ إِذَا الدَّهْرُ سَرَّنِي وَلَا ضَارِعٌ فِي صَرْفِهِ «١» الْمُتَقَلِّبِ وَقَالَ الزَّجَّاجُ: الْمَعْنَى لَا تَفْرَحْ بِالْمَالِ فَإِنَّ الْفَرِحَ بِالْمَالِ لَا يُؤَدِّي حَقَّهُ. وَقَالَ مُبَشَّرُ «٢» بْنُ عَبْدِ اللَّهِ: لَا تَفْرَحْ لَا تُفْسِدْ. قَالَ الشَّاعِرُ «٣» : إِذَا أَنْتَ لَمْ تَبْرَحْ تُؤَدِّي أَمَانَةً ... وَتَحْمِلُ أخرى أفرحتك الودائع
(١). ويروى: ولا جازع من صرفها المتحول. (٢). التصحيح من النسخة الخيرية. (٣). أنشده أبو عبيدة لبيعس العذري.

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