Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Celui qui lit « miftâḥ » (clé) au singulier en fait le pluriel « mafâtîḥ ». Et pour celui qui estime qu’il s’agit des trésors, son singulier est « maftaḥ » (avec fatḥa).

« Latanoo’u bi-l-‘uṣbah »

La meilleure explication donnée à cette locution est la suivante : son sens est « elle ferait ployer la bande », c’est-à-dire qu’elle l’inclinerait sous son poids. Lorsque la lettre tâ fut vocalisée avec la fatḥa, le bā’ fut inséré, comme on le dit dans l’expression : « il emporte le malheur » ou « le chemin du malheur ». L’énoncé devint alors : « latanoo’u bi-l-‘uṣbah ». L’‘uṣbah y est présentée comme étant celle qui plie, c’est-à-dire qui se lève avec peine, à l’image de l’expression : « qum binā » signifiant « fais que nous nous levions ».

On dit : nā’a, yanū’u, naw’an, lorsqu’on se soulève en portant une charge. Le poète a chanté :
« Elle ploie par l’arrière, tant sa station est pénible ;
Puis elle avance à pas lents, bientôt elle éblouit. »

Un autre a récité :
« J’ai pris, sans rien pouvoir, et voulus me dresser sans y parvenir ;
Comme si la longueur du temps m’avait enchaîné. »

Abû Zayd rapporte : « anā’anī » quand il m’a accablé (par son poids).

Abû ʿUbaydah dit : l’expression « latanoo’u bi-l-‘uṣbah » est inversée ; le sens est : « la ‘uṣbah ploierait sous elle », c’est-à-dire qu’elle se lèverait en la portant.

Abû Zayd précise : « nawtu bi-l-ḥiml » lorsque je me soulève avec le fardeau. Le poète a dit :
« Nous avons trouvé un remplaçant – quel piètre remplaçant ! –
Un esclave qui, lorsque le fardeau le fait ployer, s’arrête. »

Cette première interprétation est celle d’Ibn ʿAbbâs, d’Abû Ṣâliḥ et d’al-Suddi ; c’est également l’option d’al-Farrâ’ et l’avis retenu par an-Naḥḥâs.

De même que l’on dit : « dhahabtu bih » et « adhhabtuhu », « ji’tu bih » et « aj’atu-hu », on dit « nawtu bih » et « anā’tuhu ».

Quant à leur expression : « J’ai auprès de moi ce qui lui déplaît et le fait ployer (mâ sâ’ahu wa nâ’ahu) », il s’agit d’un jeu d’harmonie ; il aurait fallu dire « wa anâ’ahu ». De même : « hanna’anî aṭ-ṭaʿâma wa marra’anî ».

Cette tournure est ancienne aussi bien que récente. On a également avancé qu’elle dérive de « an-na’y », l’éloignement. D’où ce vers :
« Ils s’éloignent de nous, mais leur affection ne s’éloigne point ;
Mon cœur leur demeure en otage, où qu’ils soient. »

Budayl ibn Maysarah a lu : « layanūʾu » avec le yâ’, c’est-à-dire : « l’un d’eux, ou la chose mentionnée, ploierait », l’accord se faisant selon le sens.

Abû ʿUbaydah rapporte : je dis à Ru’bah ibn al-ʿAjjâj au sujet de son vers :
« Fi-hâ khuṭûṭun min sawâdin wa balaq,
Ka-annahu fi-l-jildi tawlîʿu-l-bahaq »
– Si tu désignes les lignes, dis : « ka-annahâ » ; si tu désignes le noir mêlé de blanc, dis : « ka-annahumâ ». Il répondit : « Je visais l’ensemble. »

Les avis divergent quant au sens de « al-‘uṣbah » – le groupe dont les membres se soutiennent mutuellement – et l’on en recense onze définitions :

  1. Trois hommes, selon Ibn ʿAbbâs ; et, d’après lui encore, de trois à dix hommes.
بِهِ. وَمَنْ قَالَ مِفْتَاحٌ قَالَ مَفَاتِيحُ. وَمَنْ قال هي الخزائن فواحدها مفتح بالفتح. (لَتَنُوأُ بِالْعُصْبَةِ) أَحْسَنُ مَا قِيلَ فِيهِ أَنَّ الْمَعْنَى لتنئ الْعُصْبَةَ أَيْ تُمِيلُهُمْ بِثِقَلِهَا، فَلَمَّا انْفَتَحَتِ التَّاءُ دَخَلَتِ الْبَاءُ. كَمَا قَالُوا هُوَ يَذْهَبُ بِالْبُؤْسِ ومذهب البؤس. فصار " لَتَنُوأُ بِالْعُصْبَةِ" فَجَعَلَ الْعُصْبَةَ تَنُوءُ أَيْ تَنْهَضُ مُتَثَاقِلَةً، كَقَوْلِكَ قُمْ بِنَا أَيِ اجْعَلْنَا نَقُومُ. يُقَالُ: نَاءَ يَنُوءُ نَوْءًا إِذَا نَهَضَ بِثِقَلٍ. قَالَ الشاعر «١» : تنوء بأخراها فلأيا قيامها ... وتمشي الهوينى عَنْ قَرِيبٍ فَتَبْهَرُ وَقَالَ آخَرُ: أَخَذْتُ فَلَمْ أملك ونوت فَلَمْ أَقُمْ ... كَأَنِّيَ مِنْ طُولِ الزَّمَانِ مُقَيَّدُ وَأَنَاءَنِي إِذَا أَثْقَلَنِي، عَنْ أَبِي زَيْدٍ. وَقَالَ أبو عبيدة: قوله " لَتَنُوأُ بِالْعُصْبَةِ" مَقْلُوبٌ، وَالْمَعْنَى لَتَنُوءُ بِهَا الْعُصْبَةُ أَيْ تنهض بها. أبو زيد: نوت بِالْحِمْلِ إِذَا نَهَضْتُ. قَالَ الشَّاعِرُ: إِنَّا وَجَدْنَا خَلَفًا بِئْسَ الْخَلَفْ ... عَبْدًا إِذَا مَا نَاءَ بِالْحِمْلِ وَقَفْ وَالْأَوَّلُ مَعْنَى قَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَأَبِي صَالِحٍ وَالسُّدِّيِّ. وَهُوَ قَوْلُ الْفَرَّاءِ وَاخْتَارَهُ النَّحَّاسُ. كَمَا يُقَالُ: ذَهَبْتُ بِهِ وَأَذْهَبْتُهُ وَجِئْتُ به وأجأته ونوت بِهِ وَأَنَأْتُهُ، فَأَمَّا قَوْلُهُمْ: لَهُ عِنْدِي مَا سَاءَهُ وَنَاءَهُ فَهُوَ إِتْبَاعٌ كَانَ يَجِبُ أَنْ يُقَالَ وَأَنَاءَهُ. وَمِثْلُهُ هَنَّأَنِي الطَّعَامَ وَمَرَّأَنِي، وَأَخْذُهُ مَا قَدُمَ وَمَا حَدُثَ وَقِيلَ: هُوَ مَأْخُوذٌ مِنَ النَّأْيِ وَهُوَ الْبُعْدُ. وَمِنْهُ قَوْلُ الشَّاعِرِ: ينأون عنا وما تنأى مودتهم ... فالقلب فِيهِمْ رَهِينٌ حَيْثُمَا كَانُوا وَقَرَأَ بُدَيْلُ بْنُ مَيْسَرَةَ: " لَيَنُوءُ" بِالْيَاءِ، أَيْ لَيَنُوءُ الْوَاحِدُ مِنْهَا أَوِ الْمَذْكُورُ فَحُمِلَ عَلَى الْمَعْنَى. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: قُلْتُ لِرُؤْبَةَ بْنِ الْعَجَّاجِ فِي قَوْلِهِ: فِيهَا خُطُوطٌ مِنْ سَوَادٍ وَبَلَقْ ... كَأَنَّهُ فِي الْجِلْدِ تَوْلِيعُ الْبَهَقْ إِنْ كُنْتَ أَرَدْتَ الْخُطُوطَ فَقُلْ كَأَنَّهَا، وَإِنْ كُنْتَ أَرَدْتَ السَّوَادَ وَالْبَلَقَ فَقُلْ كَأَنَّهُمَا. فَقَالَ: أَرَدْتُ كُلَّ ذَلِكَ. وَاخْتُلِفَ فِي الْعُصْبَةِ وَهِيَ الْجَمَاعَةُ الَّتِي يَتَعَصَّبُ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ عَلَى أَحَدَ عَشَرَ قَوْلًا: الْأَوَّلُ- ثَلَاثَةُ رِجَالٍ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ. وَعَنْهُ أَيْضًا مِنَ الثلاثة إلى العشرة.
(١). هو ذو الرمة. يريد تنيئها عجيزتها إلى الأرض لضخامتها وكثرة لحمها في أردافها. [ ..... ]

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