Allah – Exalté soit-Il – ayant prescrit la lapidation du fornicateur, Qârûn alla trouver une femme de mauvaise vie, lui donna de l’argent et la poussa à prétendre que Mûsâ avait commis la fornication avec elle et l’avait laissée enceinte. L’affaire fut extrêmement grave aux yeux de Mûsâ ; il la fit alors jurer par Allah, Celui qui a fendu la mer pour les Enfants d’Israël et fait descendre la Thora sur Mûsâ, qu’elle ne dirait que la vérité. Allah eut pitié d’elle et elle déclara : « Je témoigne que tu es innocent ; Qârûn m’a donné de l’argent et m’a induite à dire ce que j’ai dit. Tu es véridique et Qârûn est le menteur. »
Allah remit alors le sort de Qârûn entre les mains de Mûsâ et ordonna à la terre de lui obéir. Mûsâ vint à lui en disant à la terre : « Ô terre, saisis-le ! » Elle commença à l’engloutir peu à peu tandis qu’il criait : « Ô Mûsâ ! » jusqu’à ce qu’il s’enfonça entièrement dans la terre, lui, sa demeure et les gens qui partageaient sa doctrine.
Il est rapporté qu’Allah – Très-haut – révéla à Mûsâ : « Mes serviteurs ont imploré ton secours et tu ne leur as pas fait miséricorde ; sache que, s’ils M’avaient invoqué, ils M’auraient trouvé tout proche, prompt à répondre. »
Ibn Jurayj rapporte : « Il nous est parvenu qu’ils sont engloutis chaque jour de la hauteur d’un homme, sans jamais atteindre le fond de la terre jusqu’au Jour de la Résurrection. »
Ibn Abî al-Dunyâ mentionne dans son ouvrage al-Faraj : Ibrâhîm ibn Râshid m’a raconté, disant : Dâwud ibn Mihrân nous a rapporté, d’après al-Walîd ibn Muslim, d’après Marwân ibn Janâh, d’après Yûnus ibn Maysarah ibn Halbas, qu’il a dit : « Qârûn rencontra Yûnus au fond des ténèbres de la mer. Qârûn interpella Yûnus en disant : “Ô Yûnus, repens-toi à Allah ; tu Le trouveras dès le premier pas que tu feras vers Lui.” Yûnus répondit : “Qu’est-ce qui t’a empêché, toi, de te repentir ?” Qârûn répondit : “Mon repentir a été confié à mon cousin germain, qui a refusé de l’accepter.” »
Selon un autre récit : « Lorsque Qârûn atteindra le tréfonds de la septième terre, Isrâfîl soufflera dans la Trompe. » – Allah est plus savant.
As-Suddi dit : « La prostituée se nommait Sabartâ, et Qârûn lui offrit deux mille dirhams. »
Qatâdah ajoute : « Il avait traversé la mer avec Mûsâ ; dans la Thora, on l’appelait “le Lumineux” en raison de la beauté de son visage. Mais cet ennemi d’Allah devint hypocrite, tout comme le Sâmirî. »
Parole d’Allah – Exalté soit-Il : « Et Nous lui avions accordé des trésors… »
‘Atâ’ dit : « Il s’appropria une grande partie des trésors de Yûsuf – sur lui la paix. »
Al-Walîd ibn Marwân affirme : « Il pratiquait l’alchimie. »
À propos du verset : « … tant et si bien que leurs clefs… » : la particule inna, son sujet et son attribut se trouvent dans la proposition régie par mâ, et le pronom mâ sert d’objet direct au verbe “Nous lui avons donné”.
An-Nahhâs dit : « J’ai entendu ‘Alî ibn Sulaymân dire : “Quelle absurdité que ce qu’avancent les grammairiens koufiens au sujet des propositions relatives ! Ils prétendent qu’il n’est pas permis que la particule inna et ce qu’elle régit se trouvent dans la relative de alladhî et de ses sœurs, alors que le Coran dit : ‘mâ inna mafâtihah’. » Mafâtihu est le pluriel de miftah, avec kasrah, et désigne l’instrument qui sert à ouvrir. »