Parole du Très-Haut :
« Ton Seigneur crée ce qu’Il veut et choisit (qui Il veut). »
Ce verset se rattache à la mention des associés que les polythéistes adoraient et qu’ils avaient élus pour intercéder en leur faveur : le choix des intercesseurs appartient à Allah — exalté soit-Il — et non aux associateurs.
On a dit aussi qu’il constitue la réponse faite à al-Walîd b. al-Mughîra lorsqu’il s’écria : « Pourquoi ce Coran n’a-t-il pas été descendu sur un grand personnage de l’une des deux cités ? » – entendant par là, selon sa prétention, sa propre personne ainsi que ‘Urwa b. Mas‘ûd ath-Thaqafî de Tâ’if.
D’autres ont affirmé qu’il s’agit de la réplique adressée aux Juifs quand ils dirent : « Si le messager (porteur de la Révélation) auprès de Muḥammad avait été autre que Jibrîl, nous aurions cru en lui. »
Ibn ‘Abbâs a expliqué : « Ton Seigneur crée de Sa création ce qu’Il veut et Il en choisit qui Il veut pour (accomplir) Son obéissance. »
Yahyâ b. Sallâm commente : « Il crée ce qu’Il veut parmi Ses créatures et choisit qui Il veut pour porter la prophétie. »
An-Naqqâsh rapporte encore : « Le sens est que Ton Seigneur crée ce qu’Il veut – c’est-à-dire Muḥammad ﷺ – et qu’Il choisit les Anṣâr pour soutenir Sa religion. »
Je (l’auteur) dis : al-Bazzâr a relaté avec une chaîne authentique, d’après Jâbir (qu’Allah l’agrée), ce ḥadith élevé au Prophète : « Allah – Très-Haut – a choisi mes compagnons au-dessus de tous les mondes, à l’exception des prophètes et des envoyés ; et Il a choisi pour moi, parmi mes compagnons, quatre – Abû Bakr, ‘Umar, ‘Uthmân et ‘Alî – qu’Il a faits mes compagnons privilégiés, tandis que dans tous mes compagnons il y a du bien. Il a choisi ma communauté par rapport à toutes les autres, et Il m’a choisi, dans ma communauté, quatre générations. »
Sufyân b. ‘Uyaynah a rapporté, d’après ‘Amr b. Dînâr, d’après Wahb b. Munabbih, de son père, au sujet de la parole du Très-Haut « Ton Seigneur crée ce qu’Il veut et choisit » : « Parmi les bêtes, Il a choisi la brebis ; et parmi les oiseaux, la colombe. »
La pause parfaite s’effectue sur le terme « yakhtâr » (Il choisit).
‘Alî b. Sulaymân affirme : « Ici se trouve l’arrêt complet, et il n’est pas permis de considérer le mot “mâ” comme un complément direct de “yakhtâr”, car, si tel était le cas, aucun antécédent ne lui ferait retour. » Il ajoute que cela constitue une réfutation des Qadariyya.
An-Naḥḥâs dit : « Le sens s’achève sur “yakhtâr”, c’est-à-dire : “Il choisit les messagers.” »
« Ils n’avaient pas à choisir » (c’est-à-dire : Il n’envoie pas celui que les hommes auraient, eux, choisi).
Abû Isḥâq précise : « Le vrai arrêt, retenu par la critique, est sur “yakhtâr”. Il est cependant permis de prendre “mâ” comme complément direct de “yakhtâr”, auquel cas le sens serait : “Il choisit ce en quoi ils prétendaient avoir le choix.” »
Al-Qushayrî tranche : « La première interprétation est la correcte, car l’ensemble (des lecteurs) s’accorde à s’arrêter sur “yakhtâr”. »
Al-Mahdawî ajoute : « C’est aussi ce qui concorde le mieux avec la doctrine des gens de la Sunna ; le mot “mâ” dans la phrase “Ils n’avaient pas à choisir” exprime une négation générale de toute chose : la créature ne possède rien, si ce n’est l’acquisition (de ses actes) par la puissance d’Allah – glorifié soit-Il. »
Az-Zamakhsharî explique : « “La faculté de choisir ne leur appartenait pas” vient éclairer la parole : “Il choisit”, car celle-ci signifie : “Il choisit ce qu’Il veut.” C’est pourquoi aucune conjonction de coordination n’intervient ; le sens est que le choix appartient à Allah – Très-Haut – dans Ses actes, et qu’Il est plus savant de la sagesse qu’ils contiennent : nul, donc, ne détient ce choix.»