En accomplissant ce qui leur est prescrit, la récompense de chacun d’eux est doublée. De plus, chacune de ces deux récompenses est multipliée en elle-même : la bonne action est rétribuée dix fois son équivalent, si bien que les rétributions se multiplient.
C’est pourquoi l’on a dit : « Le serviteur qui s’acquitte du droit de son maître et du droit d’Allah, Exalté soit-Il, est supérieur à l’homme libre. » Tel est l’avis retenu par Abou ‘Oumar Ibn ‘Abd al-Barr et d’autres encore.
Dans le Ṣaḥîḥ, d’après Abou Hourayra, le Messager d’Allah — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit : « Pour l’esclave vertueux il y a deux récompenses. » Abou Hourayra jura ensuite : « Par Celui qui détient l’âme d’Abou Hourayra en Sa main, n’eussent été le combat dans la voie d’Allah, le pèlerinage et la piété filiale envers ma mère, j’aurais aimé mourir en étant esclave. » Sa‘îd Ibn al-Mousayyib rapporte : « Nous avons appris qu’Abou Hourayra ne fit pas le ḥajj tant que sa mère vécut, du fait de la compagnie qu’il lui tenait. »
Il est également rapporté dans le Ṣaḥîḥ, d’après Abou Hourayra, que le Messager d’Allah — paix et bénédiction d’Allah sur lui — a dit : « Quelle excellente chose pour l’esclave que de mourir en excellant dans l’adoration d’Allah et dans la fréquentation de son maître ; combien ceci est excellent pour lui ! »
Deuxième point — Sa parole, Exalté soit-Il : « en raison de ce qu’ils ont enduré ». Cette expression est générale : elle englobe leur patience dans leur religion, puis à l’égard de ces nouvelles prescriptions, ainsi que face aux torts qu’ils subissent de la part des mécréants et autres.
Troisième point — Sa parole, Exalté soit-Il : « ils repoussent le mal par le bien ». Autrement dit : ils écartent. On dit darā’tu lorsque l’on repousse, et ad-dar’ désigne l’acte de repousser. Dans le ḥadith : « Repoussez les peines légales par les doutes. » Il a été dit : ils écartent le préjudice par la patience et la parole agréable. Il a aussi été dit : ils écartent les péchés par le repentir et la demande de pardon. Selon la première interprétation, il s’agit d’une description des nobles caractères : celui qui leur adresse une parole offensante, ils ne la relèvent pas et lui répondent par une bonne parole qui l’éloigne.
Il s’agit là d’un verset de conciliation, révélé aux débuts de l’Islam ; il fait partie de ce que le verset de l’épée est venu abroger, mais son jugement demeure pour tout ce qui est en-deçà de la mécréance ; la communauté de Muḥammad — paix et bénédiction d’Allah sur lui — continue de le mettre en pratique jusqu’au Jour de la Résurrection.
Relève également de ce sens la parole du Prophète — sur lui la paix — à Mu‘ādh : « Fais suivre la mauvaise action d’une bonne, elle l’effacera ; et comporte-toi envers les gens selon un beau caractère. » Relèvent du beau caractère : repousser ce qui est détestable et le mal, patienter face à la rudesse en se détournant et en parlant avec douceur.
Quatrième point — Sa parole, Exalté soit-Il : « et de ce que Nous leur avons attribué, ils dépensent ». Il les loue pour ce qu’ils dépensent de leurs biens dans l’obéissance et selon la prescription légale ; cela constitue une exhortation à la sadaqa. La dépense peut également être celle des corps, par le jeûne et la prière.
Puis Il les vante encore pour le fait qu’ils se détournent du vain discours, comme Il dit : « Lorsqu’ils passent près de la frivolité, ils passent noblement », c’est-à-dire que lorsqu’ils entendent de la part des polythéistes des paroles blessantes et des insultes, ils s’en détournent.