Parole du Très-Haut :
« Dis-leur : Apportez donc un Livre émanant d’Allah, qui soit plus excellent dans la guidée que ces deux-là, afin que je le suive. »
Autrement dit : dis, ô Muhammad, si vous — gens du polythéisme — avez rejeté ces deux Écritures, alors présentez un Livre venant d’Allah qui procure une direction plus sûre qu’eux, afin que je m’y conforme ; qu’il constitue, pour vous, une excuse dans votre incrédulité, « si vraiment vous êtes véridiques » en prétendant qu’ils ne sont que sorcellerie. Autrement, produisez une Écriture plus guidante que les Livres de Moïse et de Muhammad — que la paix soit sur eux — ; cette formulation corrobore la lecture des Koufiens : « sihrāni » (deux magies).
Quant à l’expression « attabiʿuhu », al-Farrâʾ explique qu’elle est au nominatif parce qu’elle qualifie le terme indéfini « kitâb » ; et si l’on met le verbe au jussif — ce qui est également correct —, cela relève de l’apodose conditionnelle.
Parole du Très-Haut :
« S’ils ne te répondent pas » — ô Muhammad — en produisant un Livre émanant d’Allah, « sache qu’en vérité ils ne suivent que leurs passions », c’est-à-dire les opinions de leurs cœurs, ce que leurs âmes trouvent plaisant et que Satan leur enjolive ; ils ne disposent d’aucune preuve. « Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans guidée d’Allah ? Certes, Allah ne guide pas les gens injustes. »
Parole du Très-Haut :
« Nous leur avons assurément communiqué la Parole de façon continue », c’est-à-dire que Nous en avons fait se succéder les parties les unes aux autres et avons envoyé un messager après l’autre. Al-Ḥasan a récité « waṣalnā » (avec allégement). Abū ʿUbayda et al-Akhfash disent que « waṣṣalnā » signifie : « Nous avons parachevé, complété », comme lorsqu’on joint les éléments d’une chose. Ibn ʿUyayna et al-Suddi commentent : « Nous avons explicité », tout comme l’a dit Ibn ʿAbbâs. Mujâhid a dit : « Nous avons détaillé », et il la récitait ainsi. Ibn Zayd explique : « Nous leur avons relié le récit de ce monde à celui de l’Au-delà, si bien qu’ils se représentent l’Au-delà comme s’ils y étaient déjà ici-bas. » Les maîtres de la langue ajoutent : Nous avons enchaîné, fait suivre, et révélé le Coran portion après portion — promesses et menaces, récits et leçons, exhortations et admonitions — afin qu’ils se souviennent et réussissent. Le terme provient à l’origine de l’action de nouer des cordes les unes aux autres.
Le poète a dit :
« Dis donc aux Banû Marwân : qu’en est-il de ce pacte…
et de cette corde fragile qu’on ne cesse de rattacher ? »
Et Imru’ l-Qays a dit :
« Aussi rapide qu’un jouet tournoyant dans la main d’un enfant,
le cheval virevolte alors qu’il est retenu par un fil solidement noué. »