[Sourate al-Qasas (28) : verset 46]
« Et tu n’étais pas au flanc du Tur lorsque Nous avons appelé ; mais (ce Coran est) une miséricorde venant de ton Seigneur, afin que tu avertisses un peuple qu’aucun avertisseur n’avait atteint avant toi, – peut-être se souviendront-ils. » (46)
Parole du Très-Haut :
« Et tu n’étais pas au flanc du Tur lorsque Nous avons appelé. »
C’est-à-dire : de la même manière que tu ne te trouvais pas du côté occidental du Mont lorsque Dieu envoya Moïse à Pharaon, tu n’étais pas non plus présent sur le versant du Tur lorsque Nous appelâmes Moïse, au moment où il vint au rendez-vous accompagné des soixante-dix (hommes d’Israël).
‘Amr b. Dînâr, le rapportant avec élévation de chaîne, dit : « Il fut proclamé : “Ô communauté de Muḥammad ! Je vous ai exaucés avant même que vous ne M’invoquiez, Je vous ai donné avant même que vous ne Me demandiez.” » C’est à cela que renvoie la parole divine : « Tu n’étais pas au flanc du Tur lorsque Nous avons appelé. »
Abû Hurayra – et, dans une autre version, Ibn ‘Abbâs – rapporte que Dieu a dit : « Ô communauté de Muḥammad ! Je vous ai exaucés avant que vous ne M’invoquiez, Je vous ai accordé avant que vous ne Me demandiez, Je vous ai pardonné avant que vous ne Me sollicitiez le pardon, et Je vous ai fait miséricorde avant que vous ne Me demandiez clémence. »
Wahb rapporte : Lorsque Dieu mentionna à Moïse le mérite de Muḥammad et de sa communauté, celui-ci dit : « Seigneur ! Fais-les-moi voir. » Dieu répondit : « Tu ne les atteindras pas (de ton vivant). Si tu veux, Je les appellerai et Je te ferai entendre leur voix. » Moïse dit : « Oui, ô mon Seigneur. » Alors le Très-Haut proclama : « Ô communauté de Muḥammad ! » et ils répondirent depuis les reins de leurs pères. Dieu leur dit : « Je vous ai exaucés avant que vous ne M’invoquiez. »
Le sens du verset, dans cette optique, est le suivant : « Tu n’étais pas au flanc du Tur lorsque Nous parlâmes à Moïse, et c’est alors que Nous appelâmes ta communauté et que Nous l’informâmes de ce que Nous avons inscrit pour toi et pour elle comme miséricorde jusqu’à la fin du monde. »
« Mais (Nous avons fait cela) par miséricorde » :
L’Akhaffach dit : le terme « raḥmatan » est à l’accusatif en tant que masdar ; c’est-à-dire : « mais Nous t’avons fait miséricorde, une miséricorde. »
Al-Zajjâj : c’est un complément de cause ; Dieu a agi envers toi pour cause de miséricorde.
Al-Naḥḥâs : autrement dit, tu n’as ni assisté aux récits des prophètes ni ne les as entendus réciter ; pourtant Nous t’avons envoyé et Nous te les avons révélés par miséricorde.
Al-Kisâ’î voit dans « raḥmatan » la nouvelle d’un verbe « kāna » sous-entendu : « mais (cela) fut une miséricorde. » Il ajoute qu’on peut aussi le comprendre au nominatif : « c’est une miséricorde. » Al-Zajjâj commente : l’élévation indique alors : « mais le fait d’accomplir cela est une miséricorde. »
« …afin que tu avertisses un peuple qu’aucun avertisseur n’avait atteint avant toi » :
Il s’agit des Arabes ; tu n’as pas été témoin de ces récits, mais Nous te les avons révélés par miséricorde pour ceux auprès de qui tu as été envoyé, afin que tu les avertisses grâce à eux,
« – peut-être se rappelleront-ils. »