Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Enfonçant les clous, ils édifièrent l’ouvrage, l’élevèrent et le consolidèrent à un point qu’aucune construction n’avait jamais atteint depuis qu’Allah créa les cieux et la terre. Celui qui bâtissait ne parvenait même plus à se tenir debout à son sommet, jusqu’à ce qu’Allah voulût les éprouver par ce monument.

As-Suddiyy rapporte que Pharaon monta sur la terrasse, tira une flèche vers le ciel et la flèche revint maculée de sang ; il déclara alors : « J’ai tué le dieu de Moussa. » Il est rapporté qu’Allah – exalté soit-Il – envoya alors Jibrîl, paix sur lui, qui frappa la tour de son aile et la mit en trois morceaux : un morceau s’abattit sur l’armée de Pharaon et tua un million d’hommes, un autre tomba dans la mer, et le troisième dans l’Ouest. Tous ceux qui avaient participé à sa construction périrent. Allah sait mieux ce qu’il en est réellement.

« Et, certes, je le tiens pour l’un des menteurs. »
Ici, le terme ẓann (« pensée ») signifie le doute ; il a donc mécru dans l’hésitation, bien qu’il eût vu des preuves qu’aucune nature saine ne saurait rejeter.

Parole d’Allah, Exalté soit-Il :

« Il s’enfla d’orgueil » – c’est-à-dire : il se grandit – « lui et ses soldats », se jugeant trop hauts pour croire en Moussa ; « sur terre, sans droit », c’est-à-dire par pure agression, n’ayant aucun argument pour repousser ce qu’avait apporté Moussa ; « et ils s’imaginèrent qu’ils ne seraient pas ramenés vers Nous » : ils crurent qu’il n’y aurait ni retour ni résurrection.

Nāfiʿ, Ibn Muḥayṣin, Shayba, Ḥumayd, Yaʿqūb, Ḥamza et Al-Kisāʾî lisent « lā yarjiʿūn » (voix active), tandis que les autres lisent « yurjaʿūn » (voix passive). Cette dernière lecture est le choix d’Abû ʿUbayd, la première celui d’Abû Ḥâtim.

« Nous le saisîmes, lui et ses troupes » – ils étaient deux millions six cent mille – « et Nous les projetâmes dans la mer », c’est-à-dire dans l’océan salé.

Qatâda dit : c’est une mer au-delà de l’Égypte appelée Isâf où Allah les noya. Wahb et As-Suddiyy disent : le lieu du naufrage se situe du côté d’al-Qulzum, appelé Buṭn Murayra, et il demeure, jusqu’à ce jour, en courroux. Muqâtil dit qu’il s’agit du Nil, mais cette opinion est faible ; la première est la plus connue.

« Regarde donc, ô Muhammad, quelle fut la fin des injustes », c’est-à-dire leur ultime issue.

« Nous les fîmes des imams » : Nous les établîmes chefs suivis dans la mécréance, si bien qu’ils porteront leur propre péché ainsi que celui de leurs adeptes, et leur châtiment n’en sera que plus lourd.

Il est dit aussi : Allah fit des notables de son peuple les chefs de leurs gueux, lesquels appellent à la Géhenne. D’autres disent : ce sont des exemples dont tirent leçon ceux qui méditent et dont s’admonestent les clairvoyants.

« Ils appellent au Feu », c’est-à-dire aux œuvres des gens du Feu

وَضَرْبِ الْمَسَامِيرِ، فَبَنَوْا وَرَفَعُوا الْبِنَاءَ وَشَيَّدُوهُ بِحَيْثُ لم يبلغه بنيان منذ خلق الله السموات وَالْأَرْضَ، فَكَانَ الْبَانِي لَا يَقْدِرُ أَنْ يَقُومَ عَلَى رَأْسِهِ، حَتَّى أَرَادَ اللَّهُ أَنْ يَفْتِنَهُمْ فِيهِ. فَحَكَى السُّدِّيُّ أَنَّ فِرْعَوْنَ صَعِدَ السَّطْحَ وَرَمَى بِنُشَّابَةٍ نَحْوَ السَّمَاءِ، فَرَجَعَتْ مُتَلَطِّخَةً بِدِمَاءٍ، فَقَالَ قَدْ قَتَلْتُ إِلَهَ مُوسَى. فَرُوِيَ أَنَّ جِبْرِيلَ عَلَيْهِ السَّلَامُ بَعَثَهُ اللَّهُ تَعَالَى عِنْدَ مَقَالَتِهِ، فَضَرَبَ الصَّرْحَ بِجَنَاحِهِ فَقَطَعَهُ ثَلَاثَ قِطَعٍ، قِطْعَةٍ عَلَى عَسْكَرِ فِرْعَوْنَ قَتَلَتْ مِنْهُمْ أَلْفَ أَلْفٍ، وَقِطْعَةٍ فِي الْبَحْرِ، وَقِطْعَةٍ فِي الْغَرْبِ، وَهَلَكَ كُلُّ مَنْ عَمِلَ فِيهِ شَيْئًا. وَاللَّهُ أَعْلَمُ بِصِحَّةِ ذَلِكَ. (وَإِنِّي لَأَظُنُّهُ مِنَ الْكاذِبِينَ) الظَّنُّ هُنَا شَكٌّ، فَكَفَرَ عَلَى الشَّكِّ، لِأَنَّهُ قَدْ رَأَى مِنَ الْبَرَاهِينِ مَا لَا يُخِيلُ «١» عَلَى ذِي فِطْرَةٍ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَاسْتَكْبَرَ) أَيْ تعظم (هُوَ وَجُنُودُهُ) أي عَنِ الْإِيمَانِ بِمُوسَى. (فِي الْأَرْضِ بِغَيْرِ الْحَقِّ) أَيْ بِالْعُدْوَانِ، أَيْ لَمْ تَكُنْ لَهُ حُجَّةٌ تَدْفَعُ مَا جَاءَ بِهِ مُوسَى (وَظَنُّوا أَنَّهُمْ إِلَيْنا لَا يُرْجَعُونَ) أَيْ تَوَهَّمُوا أَنَّهُ لَا مَعَادَ وَلَا بَعْثَ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَشَيْبَةُ وَحُمَيْدٌ وَيَعْقُوبُ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ " لَا يَرْجِعُونَ" بِفَتْحِ الْيَاءِ وَكَسْرِ الْجِيمِ عَلَى أَنَّهُ مُسَمَّى الْفَاعِلِ. الْبَاقُونَ " يُرْجَعُونَ" عَلَى الْفِعْلِ الْمَجْهُولِ. وَهُوَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ، وَالْأَوَّلُ اخْتِيَارُ أَبِي حَاتِمٍ. (فَأَخَذْناهُ وَجُنُودَهُ) وَكَانُوا أَلْفَيْ أَلْفٍ وَسِتَّمِائَةِ أَلْفٍ. (فَنَبَذْناهُمْ فِي الْيَمِّ) أَيْ طَرَحْنَاهُمْ فِي الْبَحْرِ الْمَالِحِ. قَالَ قَتَادَةُ: بَحْرٌ مِنْ وَرَاءِ مِصْرَ يُقَالُ لَهُ إِسَافٌ أَغْرَقَهُمُ اللَّهُ فِيهِ. وَقَالَ وَهْبٌ وَالسُّدِّيُّ: الْمَكَانُ الَّذِي أَغْرَقَهُمُ اللَّهُ فِيهِ بِنَاحِيَةِ الْقُلْزُمِ يُقَالُ لَهُ بَطْنُ مُرَيْرَةَ، وَهُوَ إِلَى الْيَوْمِ غَضْبَانُ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: يَعْنِي نَهْرَ النِّيلِ. وَهَذَا ضَعِيفٌ وَالْمَشْهُورُ الْأَوَّلُ. (فَانْظُرْ) يَا مُحَمَّدُ (كَيْفَ كانَ عاقِبَةُ الظَّالِمِينَ) أَيْ آخِرُ أَمْرِهِمْ. (وَجَعَلْناهُمْ أَئِمَّةً) أَيْ جَعَلْنَاهُمْ زُعَمَاءَ يُتَّبَعُونَ عَلَى الْكُفْرِ، فَيَكُونُ عَلَيْهِمْ وِزْرُهُمْ وَوِزْرُ مَنِ اتَّبَعَهُمْ حَتَّى يَكُونَ عِقَابُهُمْ أَكْثَرَ. وَقِيلَ: جَعَلَ اللَّهُ الْمَلَأَ مِنْ قَوْمِهِ رُؤَسَاءَ السَّفَلَةِ مِنْهُمْ، فَهُمْ يَدْعُونَ إِلَى جَهَنَّمَ. وَقِيلَ: أَئِمَّةٌ يَأْتَمُّ بِهِمْ ذَوُو الْعِبَرِ وَيَتَّعِظُ بِهِمْ أَهْلُ الْبَصَائِرِ. (يَدْعُونَ إِلَى النَّارِ) أَيْ إِلَى عَمَلِ أَهْلِ
(١). لا يخيل: أي لا يشكل.

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