Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il décrit une lance : « … un bois sombre*… » – c’est le vers cité.

Al-Jawharī dit : « Raduaʾa (رَدُؤَ) – raduʾan – radāʾatan : la chose devient mauvaise ; on dit alors radīʾ, c’est-à-dire “gâté, défectueux”. Ardaʾtuhu signifie : “je l’ai altéré, corrompu”. Le même verbe, ardaʾtuhu, peut également prendre le sens de : “je l’ai assisté, secouru”. On dit : ardaʾtuhu binafsī – “je lui ai servi de rempart”, car le radʾ est le secours, l’appui.

Le Très-Haut a dit : « Envoie-le donc avec moi comme appui afin qu’il affirme ma véracité. »

An-Naḥḥās rapporte : on a relevé la forme radaʾtuhu : radʾan, et le pluriel de radʾ est ardhāʾ. ʽĀṣim et Ḥamzah lisent « yuṣaddiqunī » avec la voyelle de l’indicatif, tandis que les autres récitants le lisent au jussif ; Abū Ḥātim préfère cette seconde lecture parce qu’elle répond à la demande formulée (après l’impératif « envoie-le »). Abū ʽUbayd, lui, opte pour la lecture à l’indicatif en l’analysant comme un état circonstanciel rattaché au pronom – dans « fa-arsilhu » – c’est-à-dire : « Envoie-le en qualité d’auxiliaire, véridique au moment où il confirmera », de même que dans la parole : « Fais descendre sur nous une table céleste, qu’elle soit (takūnu)… », où le participe est considéré comme un ḥāl, projeté au futur. Il est aussi possible de prendre « muṣaddiqan » comme épithète de « ridʾan ».

« Je crains qu’ils ne me traitent de menteur », c’est-à-dire si je n’ai ni ministre ni soutien, parce qu’ils saisissent à peine mes propos.

Le (Seigneur) – Pureté à Lui – lui répondit : « Nous fortifierons ton bras par ton frère. » Autrement dit : « Nous te renforcerons par son intermédiaire » ; il s’agit d’une métaphore, car la vigueur de la main vient du bras.

Ṭarafa a dit :
« Ô fils de Lubaynā, vous n’êtes pas une “main”
— si ce n’est une main dépourvue de bras ! »

Dans l’invocation de bienveillance on dit : « Qu’Allāh raffermisse ton bras ! » et, dans le contraire : « Qu’Allāh t’amollisse le bras ! »

« Et Nous vous donnerons, à tous deux, une autorité », c’est-à-dire une preuve, un argument irrécusable. « Ils ne pourront vous atteindre » par quelque nuisance que ce soit, « grâce à Nos signes » : autrement dit, c’est par Nos miracles que vous serez à l’abri d’eux. Il est donc permis de s’arrêter à « ilaykumā » et de considérer qu’il y a permutation dans l’ordre des mots.

D’aucuns ont proposé l’estimation suivante : « Vous deux, ainsi que ceux qui vous suivront, serez les vainqueurs – par Nos signes », comme l’ont indiqué al-Akhfash et aṭ-Ṭabarī. Al-Mahdawī précise que nous avons là l’antéposition du complément relatif sur son antécédent, sauf si l’on sous-entend : « Vous serez vainqueurs par Nos signes ; vous deux et ceux qui vous suivront serez les dominants. » Les « signes » désignent l’ensemble de Ses miracles.

[Coran, sourate al-Qaṣaṣ (28), versets 36 à 42]
« Lorsque Moïse leur vint avec Nos signes évidents, ils dirent : “Ce n’est là qu’une magie inventée ; nous n’avons jamais entendu pareille chose chez nos premiers ancêtres.” » (36)

« Moïse dit : “Mon Seigneur sait mieux qui a apporté la guidée de Sa part et qui aura la fin heureuse de l’Au-delà ; en vérité, les injustes ne réussiront point.” » (37)

Et Pharaon dit : « Ô notables, je ne connais pour vous aucune divinité en dehors de moi… »

يَصِفُ رُمْحًا: وَأَسْمَرُ. الْبَيْتُ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: رَدُؤَ الشيء يردؤ رداءة فهو ردئ أَيْ فَاسِدٌ، وَأَرْدَأْتُهُ أَفْسَدْتُهُ، وَأَرْدَأْتُهُ أَيْضًا بِمَعْنَى أَعَنْتُهُ، تَقُولُ: أَرْدَأْتُهُ بِنَفْسِي أَيْ كُنْتُ لَهُ رِدْءًا وَهُوَ الْعَوْنُ. قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " فَأَرْسِلْهُ مَعِي رِدْءاً يُصَدِّقُنِي" . قَالَ النَّحَّاسُ: وَقَدْ حَكَى رَدَأْتُهُ: رِدْءًا وَجَمْعُ رِدْءٍ أَرْدَاءُ. وَقَرَأَ عَاصِمٌ وَحَمْزَةُ " يُصَدِّقُنِي" بِالرَّفْعِ. وَجَزَمَ الْبَاقُونَ، وَهُوَ اخْتِيَارُ أَبِي حَاتِمٍ عَلَى جَوَابِ الدُّعَاءِ. وَاخْتَارَ الرَّفْعَ أَبُو عُبَيْدٍ عَلَى الْحَالِ مِنَ الْهَاءِ فِي " فَأَرْسِلْهُ" أَيْ أَرْسِلْهُ رِدْءًا مُصَدِّقًا حَالَةَ التَّصْدِيقِ، كَقَوْلِهِ: " أَنْزِلْ عَلَيْنا مائِدَةً مِنَ السَّماءِ تَكُونُ" أَيْ كَائِنَةً، حَالٌ صُرِفَ إِلَى الِاسْتِقْبَالِ وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ صِفَةً لِقَوْلِهِ: " رِدْءاً" . (إِنِّي أَخافُ أَنْ يُكَذِّبُونِ) إِذَا لَمْ يَكُنْ لِي وَزِيرٌ وَلَا مُعِينٌ، لِأَنَّهُمْ لَا يَكَادُونَ يَفْقَهُونَ عَنِّي، فَ " (قالَ) الله عز وجل له (سَنَشُدُّ عَضُدَكَ بِأَخِيكَ) أَيْ نُقَوِّيكَ بِهِ، وَهَذَا تَمْثِيلٌ، لِأَنَّ قُوَّةَ الْيَدِ بِالْعَضُدِ. قَالَ طَرَفَةُ: بَنِي لُبَيْنَى لَسْتُمُ بِيَدٍ ... إِلَّا يَدًا لَيْسَتْ لَهَا عَضُدُ وَيُقَالُ فِي دُعَاءِ الْخَيْرِ: شَدَّ اللَّهُ عَضُدَكَ. وَفِي ضِدِّهِ: فَتَّ اللَّهُ فِي عَضُدِكَ. (وَنَجْعَلُ لَكُما سُلْطاناً) أَيْ حُجَّةً وَبُرْهَانًا. (فَلا يَصِلُونَ إِلَيْكُما) بِالْأَذَى (بِآياتِنا) أَيْ تَمْتَنِعَانِ مِنْهُمْ" بِآياتِنا " فَيَجُوزُ أَنْ يُوقَفَ عَلَى" إِلَيْكُما " وَيَكُونُ فِي الْكَلَامِ تَقْدِيمٌ وَتَأْخِيرٌ. وَقِيلَ: التَّقْدِيرُ" أَنْتُما وَمَنِ اتَّبَعَكُمَا الْغالِبُونَ" بآياتنا. قاله الْأَخْفَشُ وَالطَّبَرِيُّ قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَفِي هَذَا تَقْدِيمُ الصِّلَةِ عَلَى الْمَوْصُولِ، إِلَّا أَنْ يُقَدَّرَ أَنْتُمَا غَالِبَانِ بِآيَاتِنَا أَنْتُمَا وَمَنِ اتَّبَعَكُمَا الْغَالِبُونَ. وَعَنَى بالآيات سائر معجزاته. [سورة القصص (٢٨) : الآيات ٣٦ الى ٤٢] فَلَمَّا جاءَهُمْ مُوسى بِآياتِنا بَيِّناتٍ قالُوا مَا هَذَا إِلاَّ سِحْرٌ مُفْتَرىً وَما سَمِعْنا بِهذا فِي آبائِنَا الْأَوَّلِينَ (٣٦) وَقالَ مُوسى رَبِّي أَعْلَمُ بِمَنْ جاءَ بِالْهُدى مِنْ عِنْدِهِ وَمَنْ تَكُونُ لَهُ عاقِبَةُ الدَّارِ إِنَّهُ لَا يُفْلِحُ الظَّالِمُونَ (٣٧) وَقالَ فِرْعَوْنُ يَا أَيُّهَا الْمَلَأُ مَا عَلِمْتُ لَكُمْ

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