Parole du Très-Haut :
« Introduis ta main dans l’ouverture de ton vêtement » (le verset). – Nous avons déjà exposé cela plus haut.
« Et serre contre toi ton aile, par crainte. »
Le terme « min » (par) se rattache ici au verbe « il s’enfuit », c’est-à-dire : « il s’enfuit en tournant le dos, par peur ».
Quant aux variantes de lecture :
– Ḥafṣ, as-Sulamī, ʿĪsā b. ʿAmr et Ibn Abī Isḥāq lisent « mina r-rahib » avec fatḥa sur le rāʾ et sukūn sur le hāʾ.
– Ibn ʿĀmir et la majorité des lecteurs koufis (sauf Ḥafṣ) prononcent avec ḍamma sur le rāʾ et jasm sur le hāʾ.
– Les autres lisent avec fatḥa sur le rāʾ et sur le hāʾ.
Abū ʿUbayd et Abū Ḥātim ont préféré cette dernière prononciation, en se fondant sur la parole divine : « et ils Nous invoquent avec espoir et crainte (rahaban) ».
Toutes ces formes relèvent de dialectes différents et signifient la peur.
Le sens est : « Lorsque l’aspect de ta main et l’éclat qui en émane t’effraient, introduis-la dans l’ouverture de ton vêtement, puis ramène-la à sa place ; elle reviendra comme auparavant. »
On a dit aussi : Allah lui ordonna de presser sa main contre sa poitrine afin que disparaisse la frayeur que lui causait le serpent ; cette explication est rapportée de Mujāhid et d’autres, ainsi que par Ḍaḥḥāk d’après Ibn ʿAbbās qui commenta : « Il n’est personne qui, après Moïse – que la paix soit sur lui –, soit saisi de terreur, puis mette sa main sur sa poitrine, sans que sa peur ne s’apaise. »
On rapporte qu’un jour, sous le règne de ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzīz – qu’Allah lui fasse miséricorde –, un secrétaire qui écrivait devant lui laissa échapper un léger vent ; honteux et confus, il se leva et frappa la terre de son calame. ʿUmar lui dit alors : « Prends ton calame et serre contre toi ton aile ; que ta frayeur se dissipe, car je n’ai jamais entendu ce son de personne plus souvent que de moi-même. »
D’autres ont expliqué : « Serre ta main contre ta poitrine afin qu’Allah fasse disparaître de ton cœur toute peur. » Moïse tremblait, soit par crainte des gens de Pharaon, soit à cause du serpent. L’expression « serrer l’aile » désigne la quiétude, comme dans la parole divine : « Et abaisse pour eux l’aile de l’humilité, par miséricorde », c’est-à-dire sois plein de douceur ; et pareillement : « Abaisse ton aile pour ceux des croyants qui te suivent », c’est-à-dire sois bienveillant envers eux.
Al-Farraʾ estime que le mot « aile » fait allusion au bâton.
Certains exégètes ont dit que « ar-rahb » signifie la manche, dans la langue des Himyarites et de Banū Ḥanīfa. Muqātil rapporte : « Une Bédouine me sollicita quelque chose alors que je mangeais ; je remplis ma paume et la lui tendis… »