Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

entre ses mains ; seul le walî (tuteur) est habilité à procéder à la conclusion du contrat, sans qu’il lui soit interdit de percevoir une rétribution pour cette mission, à l’instar du mandataire qui perçoit un salaire pour la conclusion d’un contrat de vente. Si la femme est vierge, la conclusion du contrat appartient exclusivement au walî ; dans ce cas, la somme perçue s’apparenterait à une contre-partie versée, dans le cadre du nikâh, à autre que l’époux, ce qui est nul. Si pareille condition est stipulée, le mariage est annulé avant la consommation ; après celle-ci, il demeure valide selon l’avis le plus connu. Louange à Allâh.

Vingt et unième question : lorsque le texte a mentionné la condition, puis l’a suivie d’une offrande volontaire portant sur dix années, chacune des deux dispositions a conservé son propre statut ; l’une n’a pas été rattachée à l’autre et l’obligatoire ne s’est pas confondu avec le surérogatoire. C’est pourquoi, dans les contrats, on consigne d’abord les clauses convenues, puis l’on ajoute : « Il s’est spontanément engagé à telle chose ». Ainsi, la condition suit sa voie, et l’engagement gracieux son régime particulier ; l’obligatoire est donc distingué du volontaire. On a dit encore : la formulation employée par Shuʿayb – « Je te la donne en mariage » – est, dans les actes de nikâh, préférable à « Je te donne à elle en mariage », comme il sera expliqué dans Soûrat al-Aḥzâb. Shuʿayb fixa donc huit années comme condition et remit la dixième à la noblesse de caractère (murûʾah) de Mûsâ.

Vingt-deuxième question : – Parole du Très-Haut : « Il dit : “Cela est conclu entre toi et moi. Quel que soit le terme des deux que j’accomplirai, il n’y aura pas de transgression contre moi.” » – Lorsque Shuʿayb eut achevé de parler, Mûsâ – paix sur lui – confirma la stipulation et en répéta le sens afin de s’assurer que la condition ne concernait que huit années. « Ayyamâ » est un interrogatif placé à l’accusatif comme complément de « qaḍaytu » ; « al-ajalayni » est au génitif, étant annexé à « ay », et « mâ » est une particule de renforcement qui confère à l’ensemble la valeur d’une proposition conditionnelle, dont la réponse est : « fa-lâ ʿudwâna ʿalayya ». Le terme « ʿudwân » est à l’accusatif régi par « lâ ».

Ibn Kay­sân dit : « mâ » est ici au cas indirect du fait de l’annexion à « ay », laquelle est indéfinie ; « al-ajalayni » en constitue l’apposition. De même dans la Parole : « fa-bimâ raḥmatin mina-Llâh » où « raḥmatun » se met en apposition à « mâ ». Al-Makkî remarque qu’Ibn Kaysân s’efforçait de ne rien considérer comme superflu dans le Coran et de trouver pour chaque mot une fonction grammaticale qui l’écarte de toute idée de redondance. Al-Ḥasan a lu « aymâ » en tenant la yâʾ muette ; Ibn Masʿoûd a récité : « ayyul-ajalayni mâ qaḍaytu ». La majorité a vocalisé « ʿudwân » avec ḍamma sur le ʿayn, tandis qu’Abû Ḥaywah l’a lue avec kasra.

Le sens est : « Il ne pourra être exercé à mon encontre ni poursuite ni réclamation quant à un surplus ». Le terme ʿudwân désigne le fait de dépasser ce qui est prescrit. Quant aux « ḥijaj », il s’agit des années, comme l’a dit le poète :
« À qui sont donc ces demeures à Qunnat al-Ḥijr ?…
Elles sont devenues vides depuis bien des années et des temps révolus. »

بِيَدِهَا، وَإِنَّمَا يَكُونُ لِلْوَلِيِّ مُبَاشَرَةُ الْعَقْدِ، وَلَا يَمْتَنِعُ أَخْذُ الْعِوَضِ عَلَيْهِ كَمَا يَأْخُذُهُ الْوَكِيلُ عَلَى عَقْدِ الْبَيْعِ، وَإِنْ كَانَتْ بِكْرًا كَانَ الْعَقْدُ بِيَدِهِ، وَكَأَنَّهُ عِوَضٌ فِي النِّكَاحِ لِغَيْرِ الزَّوْجِ وَذَلِكَ بَاطِلٌ، فَإِنْ وَقَعَ فُسِخَ قَبْلَ الْبِنَاءِ، وَثَبَتَ بَعْدَهُ عَلَى مَشْهُورِ الرِّوَايَةِ. وَالْحَمْدُ الله. الْحَادِيَةَ وَالْعِشْرُونَ- لَمَّا ذَكَرَ الشَّرْطَ وَأَعْقَبَهُ بِالطَّوْعِ فِي الْعَشْرِ خَرَجَ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا عَلَى حُكْمِهِ، وَلَمْ يَلْحَقِ الْآخَرُ بِالْأَوَّلِ، وَلَا اشْتَرَكَ الْفَرْضُ وَالطَّوْعُ، وَلِذَلِكَ يُكْتَبُ فِي الْعُقُودِ الشُّرُوطُ الْمُتَّفَقُ عَلَيْهَا، ثُمَّ يُقَالُ وَتَطَوَّعَ بِكَذَا، فَيَجْرِي الشَّرْطُ عَلَى سَبِيلِهِ، وَالطَّوْعُ عَلَى حُكْمِهِ، وَانْفَصَلَ الواجب من التطوع وقيل: ومن لفظ شُعَيْبٍ حَسَنٌ فِي لَفْظِ الْعُقُودِ فِي النِّكَاحِ أَنْكَحَهُ إِيَّاهَا أَوْلَى مِنْ أَنْكَحَهَا إِيَّاهُ عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ فِي " الْأَحْزَابِ" . وَجَعَلَ شُعَيْبٌ الثَّمَانِيَةَ الْأَعْوَامَ شَرْطًا، وَوَكَلَ الْعَاشِرَةَ إِلَى الْمُرُوءَةِ. الثانية والعشرون- قوله تعالى: (قالَ ذلِكَ بَيْنِي وَبَيْنَكَ أَيَّمَا الْأَجَلَيْنِ قَضَيْتُ فَلا عُدْوانَ عَلَيَّ) لَمَّا فَرَغَ كَلَامُ شُعَيْبٍ قَرَّرَهُ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ وَكَرَّرَ مَعْنَاهُ عَلَى جِهَةِ التَّوَثُّقِ فِي أَنَّ الشَّرْطَ إِنَّمَا وَقَعَ في ثمان حِجَجٍ وَ " أَيَّمَا" اسْتِفْهَامٌ مَنْصُوبٌ بِ " قَضَيْتُ" و " الْأَجَلَيْنِ" مخفوض بإضافة " أي" إليهما وَ " مَا" صِلَةٌ لِلتَّأْكِيدِ وَفِيهِ مَعْنَى الشَّرْطِ وَجَوَابُهُ " فَلا عُدْوانَ" وَأَنَّ " عُدْوانَ" مَنْصُوبٌ بِ " لَا" . وَقَالَ ابْنُ كَيْسَانَ: " مَا" فِي مَوْضِعِ خَفْضٍ بِإِضَافَةِ " أَيْ" إِلَيْهَا وَهِيَ نَكِرَةٌ وَ " الْأَجَلَيْنِ" بدل منها وكذلك قَوْلِهِ: " فَبِما رَحْمَةٍ مِنَ اللَّهِ" أَيْ رَحْمَةٌ بَدَلٌ مِنْ مَا، قَالَ مَكِّيٌّ: وَكَانَ يَتَلَطَّفُ فِي أَلَّا يَجْعَلَ شَيْئًا زَائِدًا فِي الْقُرْآنِ وَيُخَرِّجُ لَهُ وَجْهًا يُخْرِجُهُ مِنَ الزِّيَادَةِ وَقَرَأَ الْحَسَنُ: " أَيْمَا" بِسُكُونِ الْيَاءِ. وَقَرَأَ ابْنُ مَسْعُودٍ: " أَيُّ الْأَجَلَيْنِ مَا قَضَيْتُ" وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ: " عُدْوانَ" بِضَمِّ الْعَيْنِ. وَأَبُو حَيْوَةَ بِكَسْرِهَا، وَالْمَعْنَى: لَا تَبِعَةَ عَلَيَّ وَلَا طَلَبَ فِي الزِّيَادَةِ عَلَيْهِ. وَالْعُدْوَانُ التَّجَاوُزُ فِي غَيْرِ الْوَاجِبِ، وَالْحِجَجُ السُّنُونَ قَالَ الشَّاعِرُ «١» : لِمَنِ الدِّيَارُ بِقُنَّةِ الْحِجْرِ ... أَقْوَيْنَ مِنْ حِجَجٍ ومن دهر
(١). هو زهير بن أبى سلمى. ويروى: ومن شهر.

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