Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Dix-huitième point — Il n’est pas licite de conclure un contrat de louage (ijârah) moyennant une contrepartie inconnue, car la mise-bas des brebis relève de l’inconnu. Certes, il existe des contrées fertiles où l’on peut déterminer avec certitude la période des naissances, leur nombre et la bonne santé des agneaux, comme c’est le cas dans les campagnes d’Égypte et ailleurs ; toutefois, cela demeure interdit dans notre Loi, le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — ayant proscrit la gharar (l’aléa excessif) et interdit les « mudâmin » et les « mulâqih ». Les mudâmin désignent ce qui se trouve dans le ventre des femelles, et les mulâqih ce qui se trouve dans les lombes des mâles reproducteurs. À rebours de cette interdiction, le poète a dit :

« Une bête fécondée, portant en son flanc, déjà grosse… »

L’explication de ce point a déjà été donnée dans la sourate « Al-Hijr ».

Cela étant, Râchid b. Maʿmar a autorisé la location d’un troupeau en contrepartie d’un tiers ou d’un quart de ses naissances ; Ibn Sîrîn et ʿAtâ’ ont, pour leur part, admis que l’on tisse un vêtement en échange d’une part de ce même vêtement, avis que partage également Aḥmad.

Dix-neuvième point — La kafâ’ah (adéquation sociale) est prise en considération dans le mariage. Les savants ont divergé pour savoir si elle se rapporte à la religion, à la fortune et à la lignée, ou seulement à certains de ces éléments. L’opinion la plus juste veut qu’il soit permis à des affranchis (mawâlî) d’épouser des femmes arabes, y compris des qurayshites, conformément à la parole du Très-Haut : « Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allâh, est assurément le plus pieux. »

Moïse arriva, en effet, chez le vertueux de Madyan comme un étranger proscrit, craintif, solitaire, affamé et dévêtu ; celui-ci lui donna pourtant sa fille en mariage dès qu’il eut vérifié sa piété et observé sa conduite, sans se préoccuper du reste. Cette question a été exposée en détail précédemment ; louange à Allâh.

Vingtième point — Certains ont affirmé que ce qu’exigea Chuʿayb ne constituait pas la dot de la femme, mais une condition posée à son profit, conformément à l’usage de certains Bédouins : ils fixent eux-mêmes la dot de leurs filles et déclarent : « Il me revient tel avantage à titre personnel », laissant la dot de l’épouse indéterminée. Or le « mariage de délégation » (nikâḥ at-tafwîḍ) est permis.

Ibn al-ʿArabî dit : Cette pratique bédouine n’est qu’un bakchich ajouté à la dot ; elle est illicite et indigne des Prophètes. Quant au cas où le tuteur stipule un bienfait pour lui-même, les savants divergent concernant ce que le mari verse sans que cela entre en possession de l’épouse : selon un premier avis, c’est licite ; selon un second, cela ne l’est pas. Ce qui me paraît correct est de distinguer : la femme est soit vierge, soit déjà mariée. Si elle est déjà mariée (thayyib), la chose est permise, car son mariage

الثَّامِنَةَ عَشْرَةَ- الْإِجَارَةُ بِالْعِوَضِ الْمَجْهُولِ لَا تَجُوزُ، فَإِنَّ وِلَادَةَ الْغَنَمِ غَيْرُ مَعْلُومَةٍ، وَإِنَّ مِنَ الْبِلَادِ الْخِصْبَةِ مَا يُعْلَمُ وِلَادُ الْغَنَمِ فِيهَا قَطْعًا وَعِدَّتُهَا وَسَلَامَةُ سِخَالِهَا كَدِيَارِ مِصْرَ وَغَيْرِهَا، بَيْدَ أَنَّ ذَلِكَ لَا يَجُوزُ فِي شَرْعِنَا، لِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَهَى عَنِ الْغَرَرِ، وَنَهَى عَنِ الْمَضَامِينِ وَالْمَلَاقِيحِ. وَالْمَضَامِينُ ما فِي بُطُونِ الْإِنَاثِ، وَالْمَلَاقِيحُ مَا فِي أَصْلَابِ الْفُحُولِ وَعَلَى خِلَافِ ذَلِكَ قَالَ الشَّاعِرُ: مَلْقُوحَةٌ فِي بَطْنِ نَابٍ حَامِلِ وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " الْحِجْرِ" «١» بَيَانُهُ. عَلَى أَنَّ رَاشِدَ بْنَ مَعْمَرٍ أَجَازَ الْإِجَارَةَ عَلَى الْغَنَمِ بِالثُّلُثِ وَالرُبُعِ وَقَالَ ابْنُ سِيرِينَ وَعَطَاءٌ: يَنْسِجُ الثَّوْبَ بِنَصِيبٍ مِنْهُ، وَبِهِ قَالَ أَحْمَدُ. التَّاسِعَةَ عَشْرَةَ- الْكَفَاءَةُ فِي النِّكَاحِ مُعْتَبَرَةٌ، وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ هَلْ فِي الدِّينِ وَالْمَالِ وَالْحَسَبِ، أَوْ فِي بَعْضِ ذَلِكَ وَالصَّحِيحُ جَوَازُ نِكَاحِ الْمَوَالِي لِلْعَرَبِيَّاتِ وَالْقُرَشِيَّاتِ، لِقَوْلِهِ تَعَالَى: " إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقاكُمْ" . وَقَدْ جَاءَ مُوسَى إِلَى صَالِحِ مَدْيَنَ غَرِيبًا طَرِيدًا خَائِفًا وَحِيدَا جَائِعًا عُرْيَانًا فَأَنْكَحَهُ ابْنَتَهُ لَمَّا تَحَقَّقَ [مِنْ دِينِهِ «٢» ] وَرَأَى مِنْ حَالِهِ، وَأَعْرَضَ عَمَّا سِوَى ذَلِكَ. وَقَدْ تَقَدَّمَتْ هَذِهِ الْمَسْأَلَةُ مُسْتَوْعَبَةً وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. الْمُوَفِّيَةُ عِشْرِينَ- قَالَ بَعْضُهُمْ: هَذَا الَّذِي جَرَى مِنْ شُعَيْبٍ لَمْ يَكُنْ ذِكْرًا لِصَدَاقِ الْمَرْأَةِ، وَإِنَّمَا كَانَ اشْتِرَاطًا لِنَفْسِهِ عَلَى مَا يَفْعَلُهُ الْأَعْرَابُ، فَإِنَّهَا تَشْتَرِطُ صَدَاقَ بَنَاتِهَا، وَتَقُولُ لِي كَذَا فِي خَاصَّةِ نَفْسِي، وترك الْمَهْرَ مُفَوَّضًا، وَنِكَاحُ التَّفْوِيضِ جَائِزٌ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: هَذَا الَّذِي تَفْعَلُهُ الْأَعْرَابُ هُوَ حُلْوَانُ وَزِيَادَةٌ عَلَى الْمَهْرِ، وَهُوَ حَرَامٌ لَا يَلِيقُ بِالْأَنْبِيَاءِ، فَأَمَّا إِذَا اشْتَرَطَ الْوَلِيُّ شَيْئًا لِنَفْسِهِ، فَقَدِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِيمَا يُخْرِجُهُ الزَّوْجُ مِنْ يَدِهِ وَلَا يَدْخُلُ فِي يَدِ الْمَرْأَةِ عَلَى قَوْلَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُ جَائِزٌ. وَالْآخَرُ- لَا يَجُوزُ. وَالَّذِي يَصِحُّ عِنْدِي التَّقْسِيمُ، فَإِنَّ الْمَرْأَةَ لَا تَخْلُو أَنْ تَكُونَ بِكْرًا أَوْ ثَيِّبًا، فَإِنْ كانت ثيبا جاز، لان نكاحها
(١). راجع ج ١٠ ص ١٧ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية. (٢). الزيادة من" أحكام القرآن لابن العربي".

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