Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Treizièmement –
Parole du Très-Haut :
« … à la condition que tu m’emploies pendant huit années ».

Il est ici question d’un service mentionné de façon absolue. Mâlik a jugé ce contrat licite, considérant que l’on se réfère alors à l’usage ; il n’est donc pas nécessaire de préciser la nature exacte du service, ce qui correspond au déroulement apparent de l’histoire de Mûsâ – paix sur lui –, puisque l’engagement y est resté indéterminé.
Abû Hanîfa et ach-Châfiʿî, en revanche, estiment que le contrat n’est valide que si le travail est explicitement nommé, car il serait sinon inconnu.

Al-Bukhârî a intitulé un chapitre : « Chapitre : Celui qui loue un ouvrier en fixant le délai sans préciser la tâche », en se fondant sur la Parole du Très-Haut : « … à la condition que tu m’emploies pendant huit années ».
Al-Muhallab commente : « Le titre ne correspond pas exactement à la réalité, car la nature du travail leur était connue : puiser l’eau, labourer, faire paître, et autres activités propres aux nomades dans leurs travaux habituels. Tout cela est reconnu par l’usage, même si les tâches et leurs quantités ne sont pas énumérées, comme lorsqu’on dit : “Tu laboureras tant de mois dans l’année et tu garderas les troupeaux durant tant d’autres mois.” Cela relève des services traditionnels du désert. Ce que tous jugent illicite, c’est que la durée soit inconnue et que le travail soit, lui aussi, inconnu et non usuel ; un tel contrat n’est valable que lorsque ces éléments sont déterminés. »

Ibn al-ʿArabî ajoute : « Les exégètes rapportent qu’il lui précisa la garde du troupeau, mais sans chaîne de transmission authentique. Ils disent néanmoins que le vertueux de Madian n’avait d’autre activité que la garde des moutons ; la connaissance de son état équivalait donc à une désignation tacite du service. »

Quatorzièmement –
Les savants sont unanimes : il est permis d’embaucher un berger pour des mois déterminés, moyennant un salaire déterminé, afin de garder un nombre déterminé de têtes. Si ce nombre est précis et individualisé, nos juristes détaillent la question.
Ibn al-Qâsim soutient que le contrat n’est valable que si l’on stipule le remplacement des bêtes mortes ; c’est, dit-il, une opinion très faible. Or, le vertueux de Madian loua Mûsâ – paix sur lui – pour garder son troupeau qu’il avait vu, sans exiger de remplacement. Si, au contraire, le troupeau n’est pas nommé ni individualisé, le contrat reste valable selon nos savants.
Abû Hanîfa et ach-Châfiʿî le déclarent nul en raison de l’ignorance (des éléments du contrat). Nos juristes, eux, se fondent sur l’usage, comme nous l’avons expliqué, et estiment que le salaire est fixé selon ce que permet la force de l’employé. Certains ajoutent qu’il n’est pas permis de conclure tant que l’employeur ne connaît pas la capacité physique de l’ouvrier, ce qui est correct : le vertueux de Madian avait, en effet, mesuré la force de Mûsâ lorsqu’il souleva la pierre.

Quinzièmement –
Mâlik dit : « Le berger n’est pas tenu pour responsable (des pertes) ; on l’accepte sur sa parole concernant ce qui a péri ou a été volé, car il est un dépositaire (amîn) à l’instar du mandataire. »

Al-Bukhârî a consacré un chapitre intitulé : « Chapitre : Lorsque le berger ou le mandataire aperçoit une brebis mourante ou un bien qui risque de se gâter, puis qu’il agit pour éviter le dommage », et il a cité le hadith de Kaʿb ibn Mâlik, d’après son père, selon lequel il y avait

الثَّالِثَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (عَلى أَنْ تَأْجُرَنِي ثَمانِيَ حِجَجٍ) جَرَى ذِكْرُ الْخِدْمَةِ مُطْلَقًا وَقَالَ مَالِكٌ: إِنَّهُ جَائِزٌ وَيُحْمَلُ عَلَى الْعُرْفِ، فَلَا يَحْتَاجُ فِي التَّسْمِيَةِ إِلَى الْخِدْمَةِ وَهُوَ ظَاهِرُ قِصَّةِ مُوسَى، فَإِنَّهُ ذَكَرَ إِجَارَةً مُطْلَقَةً وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ حَتَّى يُسَمَّى لِأَنَّهُ مَجْهُولٌ. وَقَدْ تَرْجَمَ الْبُخَارِيُّ: " بَابُ مَنِ اسْتَأْجَرَ أَجِيرًا فَبَيَّنَ لَهُ الْأَجَلَ وَلَمْ يُبَيِّنْ لَهُ الْعَمَلَ" لِقَوْلِهِ تَعَالَى " عَلى أَنْ تَأْجُرَنِي ثَمانِيَ حِجَجٍ" . قَالَ الْمُهَلَّبُ: لَيْسَ كَمَا تَرْجَمَ، لِأَنَّ الْعَمَلَ عِنْدَهُمْ كَانَ مَعْلُومًا مِنْ سَقْيٍ وَحَرْثٍ وَرَعْيٍ وَمَا شَاكَلَ أَعْمَالَ الْبَادِيَةِ فِي مَهْنَةِ أَهْلِهَا، فَهَذَا مُتَعَارَفٌ وَإِنْ لَمْ يُبَيِّنْ لَهُ أَشْخَاصَ الْأَعْمَالِ وَلَا مَقَادِيرَهَا، مِثْلَ أَنْ يَقُولَ لَهُ: إِنَّكَ تَحْرُثُ كَذَا مِنَ السَّنَةِ، وَتَرْعَى كَذَا مِنَ السَّنَةِ، فَهَذَا إِنَّمَا هُوَ عَلَى الْمَعْهُودِ مِنْ خِدْمَةِ الْبَادِيَةِ، وَإِنَّمَا الَّذِي لَا يَجُوزُ عِنْدَ الْجَمِيعِ أَنْ تَكُونَ الْمُدَّةُ مجهولة، والعمل مجهول غَيْرَ مَعْهُودٍ لَا يَجُوزُ حَتَّى يُعْلَمَ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَقَدْ ذَكَرَ أَهْلُ التَّفْسِيرِ أَنَّهُ عَيَّنَ لَهُ رِعْيَةَ الْغَنَمِ، وَلَمْ يُرْوَ مِنْ طَرِيقٍ صَحِيحَةٍ، وَلَكِنْ قَالُوا: إِنَّ صَالِحَ مَدْيَنَ لَمْ يَكُنْ لَهُ عَمَلٌ إِلَّا رِعْيَةَ الْغَنَمِ، فَكَانَ مَا عُلِمَ مِنْ حَالِهِ قَائِمًا مَقَامَ التَّعْيِينِ لِلْخِدْمَةِ فِيهِ. الرَّابِعَةَ عَشْرَةَ- أَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّهُ جَائِزٌ أَنْ يَسْتَأْجِرَ الرَّاعِيَ شُهُورًا مَعْلُومَةً، بِأُجْرَةٍ مَعْلُومَةٍ، لِرِعَايَةِ غَنَمٍ مَعْدُودَةٍ، فَإِنْ كَانَتْ مَعْدُودَةً مُعَيَّنَةً، فَفِيهَا تَفْصِيلٌ لِعُلَمَائِنَا، قَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: لَا يَجُوزُ حَتَّى يَشْتَرِطَ الْخَلْفَ إِنْ مَاتَتْ، وَهِيَ رِوَايَةٌ ضَعِيفَةٌ جِدًّا، وَقَدِ اسْتَأْجَرَ صَالِحُ مَدْيَنَ مُوسَى عَلَى غَنَمِهِ، وَقَدْ رَآهَا وَلَمْ يَشْتَرِطْ خَلْفًا، وَإِنْ كَانَتْ مُطْلَقَةً غَيْرَ مُسَمَّاةٍ وَلَا مُعَيَّنَةٍ جَازَتْ عِنْدَ عُلَمَائِنَا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: لَا تَجُوزُ لِجَهَالَتِهَا، وَعَوَّلَ عُلَمَاؤُنَا عَلَى الْعُرْفِ حَسْبَمَا ذَكَرْنَاهُ آنِفًا، وَأَنَّهُ يُعْطَى بِقَدْرِ مَا تَحْتَمِلُ قُوَّتُهُ. وَزَادَ بَعْضُ عُلَمَائِنَا أَنَّهُ لَا يَجُوزُ حَتَّى يَعْلَمَ الْمُسْتَأْجِرُ قَدْرَ قُوَّتِهِ، وَهُوَ صَحِيحٌ فَإِنَّ صَالِحَ مَدْيَنَ عَلِمَ قَدْرَ قُوَّةِ مُوسَى بِرَفْعِ الْحَجَرِ. الْخَامِسَةَ عَشْرَةَ- قَالَ مَالِكٌ: وَلَيْسَ عَلَى الرَّاعِي ضَمَانٌ وَهُوَ مُصَدَّقٌ فِيمَا هَلَكَ أَوْ سُرِقَ، لِأَنَّهُ أَمِينٌ كَالْوَكِيلِ. وَقَدْ تَرْجَمَ الْبُخَارِيُّ: " بَابُ إِذَا أَبْصَرَ الرَّاعِي أَوِ الْوَكِيلُ شَاةً تَمُوتُ أَوْ شَيْئًا يَفْسُدُ فَأَصْلَحَ مَا يَخَافُ الْفَسَادَ" وَسَاقَ حَدِيثَ كَعْبِ بْنِ مَالِكٍ عَنْ أَبِيهِ أنه كانت

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