Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Durant sept jours, son ventre était littéralement collé à son dos tant il souffrait de la faim. Il se contenta donc d’employer l’allusion dans son invocation, sans formuler une demande explicite. Tous les exégètes rapportent qu’au moyen de ces paroles il implorait de quoi se nourrir. Ainsi, le mot « bien » (al-khayr) peut signifier la nourriture – comme dans ce verset –, il peut aussi désigner la richesse, selon la parole : « s’il laisse derrière lui un bien (khayr) », ou encore : « Il est, certes, ardent dans son amour du bien (khayr) » ; il peut avoir le sens de la puissance, comme dans : « Sont-ils meilleurs, ou le peuple de Tubbaʿ ? » ; enfin, il peut vouloir dire l’adoration, tel que : « Nous leur révélâmes d’accomplir les bonnes œuvres (al-khayrât) ».

Ibn ʿAbbâs dit : la faim l’avait tellement étreint que son teint avait verdi, car il ne se nourrissait que d’herbes; pourtant, il demeure la créature la plus noble auprès d’Allâh. On raconte même qu’il ne parvint à Madyan qu’après que la plante de ses pieds se fut détachée. Voilà une leçon qui illustre combien le bas-monde est insignifiant auprès d’Allâh.

Abû Bakr ibn Tâhir, commentant la parole divine : « Je suis, quant au bien que Tu feras descendre vers moi, dans le besoin », dit : « Autrement dit, je suis nécessiteux de ce que Tu fais descendre de Ta grâce et de Ta richesse, jusqu’à ce que Tu me rendes, par Toi, indépendant de toute autre que Toi. » Je (l’auteur) dis : l’explication avancée par les exégètes est plus pertinente, car c’est bien par l’intermédiaire de Shuʿayb qu’Allâh le combla.

Quatrième point – parole du Très-Haut : « Alors l’une des deux vint à lui en marchant avec pudeur ». Ce verset recèle une ellipse évidente. Ibn Isḥâq l’a reconstituée ainsi : « Les deux jeunes filles se rendirent promptement auprès de leur père – elles qui avaient coutume d’être retardataires pour l’abreuvement –, et lui rapportèrent ce qu’avait fait l’homme qui avait abreuvé pour elles. Il ordonna alors à l’aînée – d’autres disent à la cadette – d’aller le convier auprès de lui. » C’est pourquoi vient la formulation : « Elle vint », telle qu’énoncée dans le verset.

ʿAmr ibn Maymûn dit : « Ce n’était pas une femme effrontée, vagabonde et sans retenue. » On rapporte aussi qu’elle arriva le visage couvert par la manche de sa tunique, comme l’a déclaré ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb.

Il est dit que leurs noms étaient Liyyâ et Ṣafûriyya, filles de Yathrûn – Yathrûn étant Shuʿayb (sur lui la paix). D’autres affirment qu’il s’agissait du neveu de Shuʿayb, Shuʿayb lui-même étant déjà décédé. La majorité des savants tiennent toutefois qu’elles étaient bel et bien les deux filles de Shuʿayb, ce qui ressort clairement du Coran ; le Très-Haut dit en effet : « Et vers Madyan, leur frère Shuʿayb » (sourate al-Aʿrâf), et dans la sourate ash-Shuʿarâ’ : « Les gens d’al-Aykah traitèrent les Messagers de menteurs lorsque Shuʿayb leur dit… ». Qatâda rapporte qu’Allâh envoya Shuʿayb à la fois aux gens d’al-Aykah et aux gens de Madyan.

Dans la sourate al-Aʿrâf, il a été mentionné le débat autour du nom de son père. On raconte que, lorsque la jeune fille transmit l’invitation à Mûsâ (sur lui la paix), il se leva pour la suivre ; trois milles le séparaient alors de son père. Un vent se leva qui plaqua sa tunique contre son corps et en dessina la croupe ; Moïse se sentit alors gêné de porter son regard.

سَبْعَةَ أَيَّامٍ، وَقَدْ لَصِقَ بَطْنُهُ بِظَهْرِهِ، فَعَرَّضَ بِالدُّعَاءِ وَلَمْ يُصَرِّحْ بِسُؤَالٍ، هَكَذَا رَوَى جَمِيعُ الْمُفَسِّرِينَ أَنَّهُ طَلَبَ فِي هَذَا الْكَلَامِ مَا يَأْكُلُهُ، فَالْخَيْرُ يَكُونُ بِمَعْنَى الطَّعَامِ كَمَا فِي هذه الآية، يكون بِمَعْنَى الْمَالِ كَمَا قَالَ: " إِنْ تَرَكَ خَيْراً" وَقَوْلُهُ: " وَإِنَّهُ لِحُبِّ الْخَيْرِ لَشَدِيدٌ" وَيَكُونُ بِمَعْنَى الْقُوَّةِ كَمَا قَالَ: " أَهُمْ خَيْرٌ أَمْ قَوْمُ تُبَّعٍ" وَيَكُونُ بِمَعْنَى الْعِبَادَةِ كَقَوْلِ: " وَأَوْحَيْنا إِلَيْهِمْ فِعْلَ الْخَيْراتِ" قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: وَكَانَ قَدْ بَلَغَ بِهِ الْجُوعُ، وَاخْضَرَّ لَوْنُهُ مِنْ أَكْلِ الْبَقْلِ فِي بَطْنِهِ، وَإِنَّهُ لَأَكْرَمُ الْخَلْقِ عَلَى اللَّهِ. وَيُرْوَى أَنَّهُ لَمْ يَصِلْ إِلَى مَدْيَنَ حَتَّى سَقَطَ بَاطِنُ قَدَمَيْهِ. وَفِي هَذَا مُعْتَبَرٌ وَإِشْعَارٌ بِهَوَانِ الدُّنْيَا عَلَى اللَّهِ وَقَالَ أَبُو بَكْرِ بْنُ طَاهِرٍ فِي قَوْلِهِ: " إِنِّي لِما أَنْزَلْتَ إِلَيَّ مِنْ خَيْرٍ فَقِيرٌ" أَيْ إِنِّي لِمَا أَنْزَلْتَ مِنْ فَضْلِكَ وَغِنَاكَ فَقِيرٌ إِلَى أَنْ تُغْنِيَنِي بِكَ عَمَّنْ سِوَاكَ. قُلْتُ: مَا ذَكَرَهُ أَهْلُ التَّفْسِيرِ أَوْلَى، فَإِنَّ اللَّهَ تَعَالَى إِنَّمَا أَغْنَاهُ بِوَاسِطَةِ شُعَيْبٍ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَجاءَتْهُ إِحْداهُما تَمْشِي عَلَى اسْتِحْياءٍ) فِي هَذَا الْكَلَامِ اخْتِصَارٌ يَدُلُّ عَلَيْهِ هَذَا الظَّاهِرُ، قَدَّرَهُ [ابْنُ «١» ] إِسْحَاقَ: فَذَهَبَتَا إِلَى أَبِيهِمَا سَرِيعَتَيْنِ، وَكَانَتْ عَادَتُهُمَا الْإِبْطَاءَ فِي السَّقْيِ، فَحَدَّثَتَاهُ بِمَا كَانَ مِنَ الرَّجُلِ الَّذِي سَقَى لَهُمَا، فَأَمَرَ الْكُبْرَى مِنْ بِنْتَيْهِ- وَقِيلَ الصُّغْرَى- أَنْ تَدْعُوَهُ لَهُ، " فجاءت" عَلَى مَا فِي هَذِهِ الْآيَةِ قَالَ عَمْرُو بْنُ مَيْمُونٍ: وَلَمْ تَكُنْ سَلْفَعًا «٢» مِنَ النِّسَاءِ، خَرَّاجَةً وَلَّاجَةً. وَقِيلَ: جَاءَتْهُ سَاتِرَةً وَجْهَهَا بِكُمِّ دِرْعِهَا، قَالَهُ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ. وَرُوِيَ أَنَّ اسْمَ إِحْدَاهُمَا لَيًّا وَالْأُخْرَى صَفُورِيَّا ابْنَتَا يَثْرُونَ، ويثرون وهو شُعَيْبٌ عَلَيْهِ السَّلَامُ. وَقِيلَ: ابْنُ أَخِي شُعَيْبٍ، وَأَنَّ شُعَيْبًا كَانَ قَدْ مَاتَ. وَأَكْثَرُ النَّاسِ عَلَى أَنَّهُمَا ابْنَتَا شُعَيْبٍ عَلَيْهِ السَّلَامُ وَهُوَ ظَاهِرُ الْقُرْآنِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " وَإِلى مَدْيَنَ أَخاهُمْ شُعَيْباً" كَذَا فِي سُورَةِ " الْأَعْرَافِ" وَفِي سُورَةِ الشُّعَرَاءِ: " كَذَّبَ أَصْحابُ الْأَيْكَةِ الْمُرْسَلِينَ إِذْ قالَ لَهُمْ شُعَيْبٌ" قَالَ قَتَادَةُ: بَعَثَ اللَّهُ تَعَالَى شُعَيْبًا إِلَى أَصْحَابِ الْأَيْكَةِ وَأَصْحَابِ مَدْيَنَ. وَقَدْ مَضَى فِي " الْأَعْرَافِ" «٣» الْخِلَافُ فِي اسْمِ أَبِيهِ فَرُوِيَ أَنَّ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ لَمَّا جَاءَتْهُ بِالرِّسَالَةِ قَامَ يَتْبَعُهَا، وَكَانَ بَيْنَ مُوسَى وَبَيْنَ أَبِيهَا ثَلَاثَةُ أَمْيَالٍ، فَهَبَّتْ رِيحٌ فَضَمَّتْ قَمِيصَهَا فَوَصَفَتْ عَجِيزَتَهَا، فَتَحَرَّجَ مُوسَى مِنَ النَّظَرِ
(١). في الأصل: أبو إسحاق والتصويب عن تفسير ابن عطية والطبري. (٢). السلفع من النساء: الجريئة على الرجال. (٣). راجع ج ٧ ص ٢٤٧ طبعه أولى أو ثانية. [ ..... ]

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