Ces notions ont déjà été évoquées dans Sa parole : « Il n’y en a pas un parmi vous qui ne doive y passer ».
Madyan est un nom propre indéclinable, car il s’agit d’une cité bien connue. Le poète a dit :
« Les moines de Madyan, s’ils t’avaient aperçue, seraient descendus,
Et les gazelles blanches se seraient élancées des cimes des montagnes escarpées. »
D’aucuns ont affirmé qu’il s’agit également d’une tribu issue de Madyan fils d’Ibrâhîm ; nous en avons déjà parlé dans la sourate Al-Aʿrâf.
Le terme “umma” désigne une foule nombreuse, et le verbe « yasqūna » signifie : « ils abreuv(ai)ent leur bétail ».
L’expression « min dūnihim » (« un peu en retrait d’eux ») indique un endroit situé du côté par lequel [Mûsâ] – que la paix soit sur lui – était arrivé ; il atteignit donc les deux femmes avant de se joindre à la foule. Il les trouva « tadhūdân », c’est-à-dire qu’elles retenaient et empêchaient [leur troupeau]. De là la parole du Prophète — que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui : « Des hommes seront certes repoussés loin de mon Bassin ». Sur certains exemplaires du Coran on lit : « deux femmes qui retiennent, qui repoussent (tadhūdân) ».
On dit : « dhāda-yadhūdu » lorsqu’on retient ou qu’on fait barrage. « J’ai dhudtu (empêché) la chose », c’est-à-dire que je l’ai retenue. Le poète a dit :
« Je veille sur le seuil des rimes, comme si
Par elles je refoulais un troupeau de bêtes sauvages dispersées. »
C’est-à-dire : je les retiens et les empêche.
D’autres ont expliqué que « tadhūdân » signifie : elles chassaient (leurs bêtes). Le vers suivant l’illustre :
« Les Banû Tamîm t’ont ôté ton bâton ;
Tu ne sais plus avec quel bâton repousser ! »
Autrement dit : chasser, contenir, empêcher.
Ibn Salâm dit : elles éloignaient leur troupeau pour qu’il ne se mêle pas à ceux des gens ; le complément d’objet direct a été omis, soit par souci d’implicite vis-à-vis de l’interlocuteur, soit parce qu’il allait de soi.
Ibn ʿAbbâs rapporte : elles retenaient leur troupeau loin de l’eau, craignant les bergers robustes.
Qatâda dit : elles éloignaient les gens de leur troupeau.
An-Naḥḥâs commente : la première interprétation est préférable, car vient ensuite : « Elles dirent : “Nous n’abreuvons qu’après que les bergers se sont retirés.” » Si vraiment elles avaient repoussé les gens de leur troupeau, elles n’auraient pas mentionné la raison du retard de leur abreuvement jusqu’au départ des bergers.
Lorsque Mûsâ – que la paix soit sur lui – vit cela de leur part, il leur dit : « Quel est donc votre état ? », c’est-à-dire : quelle est votre situation ?
Ainsi le poète a-t-il dit :
« Ô merveille ! quel est son état, et quel est le mien ? »