Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « La discorde viendra de là-bas » – et il indiqua de la main la direction de l’Orient – « de l’endroit où se lève la corne de Satan ; vous finirez par vous trancher les cous les uns les autres. Quant à Moïse, l’homme des proches de Pharaon qu’il tua, il ne le fit que par erreur ; c’est pourquoi Allah – Puissant et Majestueux – a dit :
« Tu as tué une personne ; Nous t’avons alors délivré de l’angoisse et Nous t’avons éprouvé de diverses manières. »
Parole du Très-Haut :
« Il dit : ‹Seigneur ! Par les bienfaits dont Tu m’as comblé, jamais je ne serai un soutien pour les criminels.› »
Cette parole soulève deux questions.
Premièrement – L’expression « par les bienfaits dont Tu m’as comblé » renvoie, selon certains, à la connaissance, à la sagesse et à l’unicité (at-tawḥîd) que Tu m’as accordées ; et « je ne serai jamais un soutien pour les criminels » signifie : je ne serai pas l’allié des mécréants.
Al-Qushayrî dit : Il n’a pas mentionné le bienfait du pardon car ces paroles furent prononcées avant la Révélation, et il ne savait pas encore qu’Allah lui avait pardonné cet homicide.
Al-Mâwardî dit : L’expression comporte deux interprétations :
- Qu’il s’agit du pardon – ainsi l’ont rapporté également al-Mahdawî et ath-Tha‘labî. Al-Mahdawî explique : « Par le bienfait de Ton pardon, puisque Tu ne m’as pas châtié. »
- Qu’il s’agit de la guidée.
Je (l’auteur) dis : Le verset « Il lui pardonna » indique clairement qu’il est question du pardon ; Allah sait mieux.
Az-Zamakhsharî a dit : « Par les bienfaits dont Tu m’as comblé » peut être compris comme un serment dont la réponse est omise ; on sous-entend : « Je jure par le bienfait de Ton pardon que je ne serai pas blâmé », puis vient l’énoncé : « Je ne serai jamais un soutien pour les criminels. » On peut aussi le prendre comme une imploration, c’est-à-dire : « Seigneur, préserve-moi, par le droit du bienfait de Ton pardon, afin que, si Tu me préserves, je ne sois pas un soutien pour les criminels. »
Par « soutenir les criminels » on a voulu désigner, soit la fréquentation de Pharaon, le fait d’entrer dans ses rangs et de grossir son nombre – Moïse montait avec lui comme un fils derrière son père, et on l’appelait le fils de Pharaon –, soit le fait de secourir quelqu’un dont l’appui mène au péché, à l’image de l’Israélite dont le secours aboutit à un meurtre qui ne lui était pas licite.
On a dit également : Il voulait signifier que, même s’il s’était trompé en tuant un homme sans y avoir été autorisé, il ne cesserait pas pour autant de défendre les croyants contre les criminels ; selon cette interprétation, l’Israélite était croyant et le secours du croyant est obligatoire dans toutes les législations.
D’autres récits rapportent que l’Israélite était mécréant ; on le qualifia néanmoins de « membre de son clan » parce qu’il était Israélite sans partager sa religion. Dans ce cas, Moïse regretta d’avoir aidé un mécréant contre un autre mécréant et déclara : « Je ne serai plus jamais le soutien des mécréants. »
On a encore dit qu’il ne s’agit pas d’une affirmation mais d’une invocation : « Qu’après cela je ne sois plus un soutien », c’est-à-dire : « Ne fais pas de moi, ô Seigneur, un soutien pour les criminels. »
Et al-Farrâ’ a dit :