Il s’agissait du moment de la « qaylûlah » – la sieste méridienne –, période où l’on est généralement inattentif.
Ibn ‘Abbâs – qu’Allâh l’agrée – dit encore : « Cela se situe entre la prière du soir (al-‘ichâ’) et l’‘atamah (la pleine nuit). »
Ibn Isḥâq rapporte, pour sa part : « La “ville” désigne tout bonnement Miṣr elle-même. À cette époque, Mûsâ avait déjà rendu manifeste son opposition à Pharaon ; il avait blâmé leur adoration de Pharaon et des idoles. Un jour, il entra donc dans la cité de Pharaon à un moment où ses habitants étaient inattentifs. »
Sa‘îd ibn Jubayr et Qatâdah précisent : « C’était à l’heure de la méridienne, lorsque les gens dorment. »
Ibn Zayd ajoute : « Pharaon avait déjà rompu avec Mûsâ et l’avait expulsé de la ville. Le Prophète s’en était absenté plusieurs années. Il revint alors que les gens s’étaient éloignés de son affaire et l’avaient oublié ; cela se passa un jour de fête. »
Selon Ḍaḥḥâk : « Mûsâ avait cherché à pénétrer dans la ville à un moment d’inattention de ses habitants ; il y entra lorsqu’il sut que tel était bien leur état. Il en résulta qu’il tua cet homme avant d’en recevoir l’ordre ; il implora alors le pardon de son Seigneur, qui le lui accorda. »
On dit, dans l’usage courant : « Je suis entré dans la ville quand ses habitants étaient inattentifs », mais l’on ne dit pas : « … sur un moment d’inattention ». Dans le verset, la préposition « ‘alâ » (« sur ») est introduite parce que l’inattention est la chose visée ; cela revient à dire : « Je suis venu à l’improviste », ou encore : « Je suis venu sur un moment d’inattention » ; tel est le sens de l’énoncé coranique.
« Il y trouva deux hommes qui se battaient ; l’un était de son parti… » – c’est-à-dire que, pour tout observateur, on aurait dit : « Celui-ci est des siens », autrement dit des Banû Isrâ’îl – « … et l’autre de ses ennemis », c’est-à-dire du peuple de Pharaon.
« Celui qui était de son parti implora son aide » : il sollicita son soutien et son secours. Il en est de même, dans le verset suivant : « L’homme qui, la veille, avait demandé son secours, l’appela cette fois encore » – il faisait appel à lui contre un autre Copte. Mûsâ lui prêta secours parce que le soutien de l’opprimé est un devoir reconnu par toutes les communautés et prescrit dans toutes les législations.
Qatâdah rapporte : « Le Copte voulait réquisitionner l’Israélite pour qu’il transporte du bois de chauffage destiné aux cuisines de Pharaon ; l’Israélite refusa et appela Mûsâ à l’aide. »
Sa‘îd ibn Jubayr précise : « Cet Israélite était le boulanger de Pharaon. »
« Alors Mûsâ le frappa (wakazahu) » : Qatâdah dit : « À l’aide de son bâton » ; Mujâhid dit : « De sa propre main », c’est-à-dire qu’il le repoussa. Les termes al-wakz, al-lakz, al-lahz et al-lahd ont un sens identique : il s’agit d’un coup donné du poing fermé – comme lorsqu’on contracte trois doigts sur les sept autres. Ibn Mas‘ûd lisait : « fa-lakazahu » (avec un lâm).
On a également dit : al-lakz est le coup porté à la mâchoire, tandis qu’al-wakz est celui porté au cœur. Al-Tha‘labî rapporte que, dans le muṣḥaf de ‘Abd Allâh b. Mas‘ûd, on lit « fa-nakazahu » (avec un nûn), sans changement de sens.
Al-Jawharî, citant Abû ‘Ubaydah, dit : al-lakz désigne le coup porté du poing fermé à la poitrine ; Abû Zayd précise que cela vaut pour toute partie du corps. Quant à al-lahz, c’est le même type de coup porté à la poitrine, selon Abû ‘Ubaydah toujours ; Abû Zayd ajoute qu’il s’agit d’un coup donné à la partie molle située sous les côtes (al-lahâzim) ou au cou, et l’on dit d’un homme qu’il est « mulhaz » (blessé ainsi) – avec un mîm kasrah en début de mot.