Le poète a dit :
« Ne me refuse donc pas un bienfait sous prétexte d’éloignement,
car je suis un homme étranger au milieu des tentes. »
L’expression primitive est : « d’un endroit lointain ».
Ibn ‘Abbâs a expliqué : « ‘an junub’ » signifie : « à partir d’un côté ».
An-Nu‘mân b. Sâlim l’a récité : « ‘an jânib’ », c’est-à-dire : « d’un côté, d’une direction ».
On a également dit : « par désir ardent ». Abû ‘Amr b. al-‘Alâ’ rapporte qu’il s’agit, dans la langue du clan Judhâm, d’une façon de dire : « janabtu ilayka », c’est-à-dire : « je me languis de toi ».
D’autres ont soutenu que « ‘an junub’ » veut dire : « en restant à l’écart », si bien qu’ils ne surent pas qu’elle avait un lien quelconque avec lui.
Qatâdah dit : « Elle se mettait à l’observer de biais, comme si elle ne s’y intéressait pas ». Il le récitait : « ‘an janb’ » – avec le jîm ouvert et la nûn muette.
« Et ils ne se doutaient pas » qu’elle était sa sœur, parce qu’elle marchait sur la berge jusqu’à les voir l’avoir recueilli.
Le Très-Haut dit :
« Nous avions prohibé auparavant toutes nourrices pour lui » ;
c’est-à-dire que Nous l’avions empêché de téter avant l’arrivée de sa mère et de sa sœur. Le terme « al-marâdi‘ » est le pluriel de murdi‘ (nourrice). Certains disent « marâdi‘ » au pluriel de mirdâ‘ ; la forme « mif‘âl » sert alors à exprimer l’abondance, sans suffixe féminin, car elle ne dérive pas directement d’un verbe. Mais celui qui dit « mirdâ‘ah » ajoute le tâ’ marbûta par emphase, comme dans « mitrâbah ».
Ibn ‘Abbâs rapporte : « On lui amenait une nourrice et il la rejetait ». Il s’agit d’une prohibition par empêchement et non d’une interdiction légale. Ainsi, Imru’ l-Qays dit :
« Elle est venue pour me terrasser, je lui dis : “Tiens-toi tranquille !
Je suis un homme pour qui être terrassé par toi est chose interdite.” »
autrement dit : impossible.
Quand sa sœur vit cela, elle dit :
« Voulez-vous que je vous indique une famille qui se chargera de lui pour vous… »
Lorsqu’elle ajouta : « …et qui lui portera une affection sincère », ils lui dirent : « D’où le sais-tu ? Peut-être connais-tu sa famille ? »
Elle répondit : « Non, mais ils tiennent à faire plaisir au roi et désirent vivement l’allaiter. »
As-Suddî et Ibn Jurayj racontent : on lui dit, lorsqu’elle prononça : « …et ils lui voudront du bien » : « Tu connais donc la famille de cet enfant ; indique-nous où ils sont ! » Elle répondit : « Je voulais dire : ils seront de bon conseil pour le roi. »
Elle les orienta alors vers la mère de Mûsâ. Ils partirent la chercher sur leur ordre et la ramenèrent. L’enfant se trouvait sur les genoux de Pharaon, qui tentait de le calmer par pitié, tandis qu’il pleurait réclamant le sein. Pharaon le remit à la mère ; dès que le nourrisson trouva