l’inexistence, la maladie – al-saqam et al-suqm –, la droiture et la bonne direction.
« Certes, Pharaon et Hâmân » ‑ Hâmân était son vizir, issu des Coptes – « et leurs troupes furent des fautifs », c’est-à-dire des rebelles, des idolâtres, des pécheurs.
Parole du Très-Haut :
« L’épouse de Pharaon dit : “Il sera une fraîcheur d’œil pour moi et pour toi ; ne le tuez pas.” »
On rapporte qu’Âsiyah, l’épouse de Pharaon, aperçut le coffret flottant sur le fleuve. Elle ordonna qu’on le lui amène et qu’on l’ouvre ; elle y trouva un petit garçon, en eut pitié et l’aima. Elle dit alors à Pharaon : « Il est une fraîcheur d’œil pour moi et pour toi. » Autrement dit : « C’est un délice pour nos yeux. » Le terme « qurratu » est, selon al-Kisâ’î, le prédicat d’un sujet sous-entendu. Al-Naḥḥâs ajoute qu’Abû Isḥâq évoque une autre analyse, plus lointaine : on pourrait considérer « qurratu » comme sujet et « ne le tuez pas » comme prédicat ; mais cette lecture est peu probable, car elle signifierait : « Il est connu pour être une fraîcheur d’œil. » Il reste cependant possible de comprendre : « S’il est pour moi et pour toi un délice des yeux, alors ne le tuez pas. »
D’autres estiment que la phrase s’achève sur « pour toi ». Al-Naḥḥâs invoque comme preuve la récitation d’Abd Allâh b. Mas‘ûd : « L’épouse de Pharaon dit : “Ne le tuez pas ; il sera une fraîcheur d’œil pour moi et pour toi.” » On peut aussi lire l’accusatif : « Ne tuez pas une fraîcheur d’œil pour moi et pour toi. »
Elle dit « Ne le tuez pas » et non « Ne le tue pas », s’adressant à Pharaon comme on s’adresse aux tyrans, lesquels parlent d’eux-mêmes au pluriel. Certains rapportent encore qu’elle ajouta : « Ne le tuez pas, car Allah l’a fait venir d’une autre contrée ; il n’est pas des Enfants d’Israël. »
« Peut-être nous sera-t-il utile », c’est-à-dire : nous tirerons quelque bien de lui, « ou nous le prendrons pour fils. » Elle était stérile ; elle sollicita de Pharaon qu’il lui fasse don de Moïse, et il le lui accorda.
Pharaon, après avoir fait son rêve et l’avoir narré à ses prêtres et savants – ainsi qu’il a été relaté –, s’était entendu dire : « Un garçon des Enfants d’Israël détruira ton royaume. » Il entreprit alors de massacrer leurs nouveau-nés. Voyant qu’il coupait ainsi leur descendance, il adopta l’alternance : il les tuait une année, puis laissait vivre l’année suivante. Aaron naquit durant l’année d’épargner ; Moïse durant l’année du massacre.
Parole du Très-Haut : « … tandis qu’ils ne s’en rendaient pas compte. » Il s’agit d’un nouveau propos divin, signifiant qu’ils ne pressentaient pas que leur perte viendrait de lui. D’autres disent que ces mots proviennent de l’épouse : « Les Enfants d’Israël ne savent pas que nous l’avons recueilli ; ils ne pensent qu’il soit que notre enfant. »
Les exégètes divergent sur le moment précis où la femme de Pharaon prononça : « Il sera une fraîcheur d’œil pour moi et pour toi. » Un groupe affirme que ce fut lorsqu’elle ramassa le coffret et en informa Pharaon.