Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate al-Qaṣaṣ (28) : versets 7 à 9]

7 – Nous révélâmes à la mère de Mûsâ : « Allaite-le. Puis, quand tu craindras pour lui, dépose-le dans le Fleuve ; ne crains point et ne t’afflige point. Nous te le rendrons, certes, et Nous ferons de lui l’un des Envoyés. »

8 – La famille de Pharaon le recueillit afin qu’il devînt pour eux un ennemi et une cause de chagrin, car Pharaon, Hâmân et leurs armées étaient des fautifs.

9 – L’épouse de Pharaon dit : « Il sera pour moi et pour toi une fraîcheur des yeux ; ne le tuez pas. Peut-être nous sera-t-il utile ou le prendrons-nous pour fils. » Et ils ne pressentaient rien.

Parole du Très-Haut :

« Et Nous révélâmes à la mère de Mûsâ : “Allaite-le.” »

Le sens du terme « waḥy » et ses catégories ont déjà été exposés. Les savants ont divergé sur la nature de cette révélation faite à la mère de Mûsâ.

• Un groupe dit qu’il s’agissait d’une parole qu’elle entendit en songe.
• Qatâdah affirme que ce fut une inspiration intérieure (ilhâm).
• Un autre groupe considère qu’un ange se présenta à elle sous une forme tangible ; Muqâtil rapporte que Jibrîl vint avec cet ordre. Dans ce cas, il s’agit d’une révélation d’information et non d’un simple ilhâm.

Tous cependant sont unanimes : elle n’était pas prophète. L’envoi de l’ange auprès d’elle ressemble à la façon dont l’ange parla au lépreux, au teigneux et à l’aveugle dans le célèbre ḥadith authentique rapporté par al-Bukhârî et Muslim, déjà cité dans la sourate « Barâ’ah », ainsi qu’à d’autres récits où des anges s’adressent à des hommes sans qu’il y ait prophétie. Il est rapporté, par exemple, qu’un ange salua ‘Imrân b. Ḥuṣayn sans que celui-ci devînt prophète.

Selon as-Suhaylî, son nom était Âyârkhâ – ou Âyârkhath selon une autre lecture. Aṭ-Tha‘labî, quant à lui, dit qu’elle se nommait Lawḥâ, fille de Hânid b. Lâwî b. Ya‘qûb.

« Allaite-le »

‘Umar b. ‘Abd al-‘Azîz a lu : « an-irḍi‘î-hi », en cassant le nûn et en élidant la hamza du verbe pour l’allègement, puis en cassant la nûn du fait de la rencontre de deux consonnes muettes.

Mujâhid dit : la révélation concernant l’allaitement lui parvint avant la naissance. D’autres disent : après la naissance.

As-Suddî rapporte : lorsque la mère de Mûsâ le mit au monde, il lui fut ordonné de l’allaiter aussitôt et d’agir à son égard selon ce que prescrit le verset, car le danger se présenta immédiatement après l’accouchement.

Ibn Jurayj dit : il lui fut enjoint de l’allaiter quatre mois dans un jardin ; puis, si elle craignait qu’il ne se mît à crier – son lait ne lui suffisant plus –, elle devait alors appliquer la mesure évoquée dans le verset.

La première explication paraît plus manifeste, bien que la seconde soit étayée par la parole divine : « Puis, quand tu craindras pour lui », l’expression « idhâ » renvoyant à l’avenir. On rapporte donc qu’elle

[سورة القصص (٢٨) : الآيات ٧ الى ٩] وَأَوْحَيْنا إِلى أُمِّ مُوسى أَنْ أَرْضِعِيهِ فَإِذا خِفْتِ عَلَيْهِ فَأَلْقِيهِ فِي الْيَمِّ وَلا تَخافِي وَلا تَحْزَنِي إِنَّا رَادُّوهُ إِلَيْكِ وَجاعِلُوهُ مِنَ الْمُرْسَلِينَ (٧) فَالْتَقَطَهُ آلُ فِرْعَوْنَ لِيَكُونَ لَهُمْ عَدُوًّا وَحَزَناً إِنَّ فِرْعَوْنَ وَهامانَ وَجُنُودَهُما كانُوا خاطِئِينَ (٨) وَقالَتِ امْرَأَتُ فِرْعَوْنَ قُرَّتُ عَيْنٍ لِي وَلَكَ لَا تَقْتُلُوهُ عَسى أَنْ يَنْفَعَنا أَوْ نَتَّخِذَهُ وَلَداً وَهُمْ لَا يَشْعُرُونَ (٩) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَوْحَيْنا إِلى أُمِّ مُوسى أَنْ أَرْضِعِيهِ) قَدْ تَقَدَّمَ مَعْنَى الْوَحْيِ وَمَحَامِلِهِ. وَاخْتُلِفَ فِي هَذَا الْوَحْيِ إِلَى أُمِّ مُوسَى، فَقَالَتْ فِرْقَةٌ: كَانَ قَوْلًا فِي مَنَامِهَا وَقَالَ قَتَادَةُ: كَانَ إِلْهَامًا وَقَالَتْ فِرْقَةٌ: كَانَ بِمَلَكٍ يُمَثَّلُ لَهَا، قَالَ مُقَاتِلٌ أَتَاهَا جِبْرِيلُ بِذَلِكَ، فَعَلَى هَذَا هُوَ وَحْيُ إِعْلَامٍ لَا إِلْهَامٍ وَأَجْمَعَ الْكُلُّ عَلَى أَنَّهَا لَمْ تَكُنْ نَبِيَّةً، وَإِنَّمَا إِرْسَالُ الْمَلَكِ إِلَيْهَا عَلَى نَحْوِ تَكْلِيمِ الْمَلَكِ لِلْأَقْرَعِ وَالْأَبْرَصِ وَالْأَعْمَى فِي الْحَدِيثِ الْمَشْهُورِ، خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ، وَقَدْ ذَكَرْنَاهُ فِي سُورَةِ " بَرَاءَةٌ" «١» وَغَيْرِ ذَلِكَ مِمَّا رُوِيَ مِنْ تَكْلِيمِ الْمَلَائِكَةِ لِلنَّاسِ مِنْ غَيْرِ نُبُوَّةٍ، وَقَدْ سَلَّمَتْ عَلَى عِمْرَانَ بْنِ حُصَيْنٍ فَلَمْ يَكُنْ بِذَلِكَ نَبِيًّا وَاسْمُهَا أَيَارْخَا وَقِيلَ أَيَارْخَتْ فِيمَا ذَكَرَ السُّهَيْلِيُّ. وَقَالَ الثَّعْلَبِيُّ: وَاسْمُ أُمِّ مُوسَى لَوْحَا «٢» بِنْتُ هَانِدَ بْنِ لَاوَى بْنِ يَعْقُوبَ. " أَنْ أَرْضِعِيهِ" وَقَرَأَ عمر ابن عبد العزير: " أَنْ أَرْضِعِيهِ" بِكَسْرِ النُّونِ وَأَلِفِ وَصْلٍ، حَذَفَ هَمْزَةَ أَرْضِعْ تَخْفِيفًا ثُمَّ كَسَرَ النُّونَ لِالْتِقَاءِ السَّاكِنَيْنِ قَالَ مُجَاهِدٌ: وَكَانَ الْوَحْيُ بِالرَّضَاعِ قَبْلَ الْوِلَادَةِ. وَقَالَ غَيْرُهُ بَعْدَهَا. قَالَ السُّدِّيُّ: لَمَّا وَلَدَتْ أُمُّ مُوسَى أُمِرَتْ أَنْ تُرْضِعَهُ عَقِيبَ الْوِلَادَةِ وَتَصْنَعَ بِهِ بِمَا فِي الْآيَةِ، لِأَنَّ الْخَوْفَ كَانَ عَقِيبَ الْوِلَادَةِ وَقَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ: أُمِرَتْ بِإِرْضَاعِهِ أَرْبَعَةَ أَشْهُرٍ فِي بُسْتَانٍ، فَإِذَا خَافَتْ أَنْ يَصِيحَ- لِأَنَّ لَبَنَهَا لَا يَكْفِيهِ- صَنَعَتْ بِهِ هَذَا. وَالْأَوَّلُ أَظْهَرُ إِلَّا أَنَّ الْآخَرَ يُعَضِّدُهُ قَوْلُهُ: " فَإِذا خِفْتِ عَلَيْهِ" وَ " إِذَا" لِمَا يُسْتَقْبَلُ مِنَ الزَّمَانِ، فَيُرْوَى أَنَّهَا
(١). راجع ج ٨ ص ١٨٨ وما بعدها طبعه أولى أو ثانية. [ ..... ] (٢). وقيل في اسمها أيضا: يوخابذ. وقيل: يوخابيل، وقيل غير ذلك.

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