Az-Zajjâj : Ce qui étonne, c’est sa sottise ; il n’a pas saisi que, si le devin disait vrai, le meurtre ne servirait à rien, et que, s’il mentait, le meurtre n’aurait aucun sens.
On a aussi dit : il fit d’eux des factions ; ainsi, il assujettit chaque clan des Enfants d’Israël à une corvée particulière.
« Il était certes du nombre des semeurs de corruption » : c’est-à-dire qu’il corrompait la terre par ses actes, ses désobéissances et son arrogance.
Parole du Très-Haut :
« Nous voulons accorder Notre faveur à ceux qui ont été opprimés sur la terre » : autrement dit, Nous désirons les gratifier et les combler. Il s’agit là d’un récit déjà accompli.
« et Nous ferons d’eux des imâms » : Ibn ‘Abbâs a dit : des guides dans le bien ; Mujâhid : des appelants au bien ; Qatâdah : des gouverneurs et des rois, preuve en est la parole du Très-Haut : « Et Il a fait de vous des rois ». — J’ajoute que c’est là un sens plus général, car le roi est un imâm que l’on suit et auquel on se conforme.
« et Nous les établirons héritiers » : du royaume de Pharaon ; ils hériteront de sa royauté et habiteront les demeures des Coptes, conformément à la parole du Très-Haut : « Et la bonne parole de ton Seigneur s’accomplit en faveur des Fils d’Israël pour avoir patienté ».
Parole du Très-Haut :
« et Nous les établirons solidement sur la terre » : c’est-à-dire que Nous leur donnerons pouvoir sur la terre et sur ses habitants jusqu’à ce qu’ils en prennent la maîtrise ; il s’agit de la terre du Shâm et de l’Égypte.
« et Nous ferons voir à Pharaon, à Hâmân et à leurs armées » : c’est-à-dire : Nous voulons leur faire voir. Al-A‘mach, Yahyâ, Hamzah, Al-Kisâ’î et Khalaf ont lu « wayarâ » avec le yâ’, verbe trilittère « ra’â », « Pharaon, Hâmân et leurs armées » au nominatif parce qu’ils en sont les sujets. Les autres ont lu « nurî » avec nûn damma et râ kasra, verbe quadrilittère « arâ yurî », suivant la cohérence du discours, puisqu’il est dit auparavant « Nous voulons » et ensuite « Nous établirons ». « Pharaon, Hâmân et leurs armées » y sont alors à l’accusatif, régis par le verbe. Al-Farrâ’ a aussi autorisé la lecture « wa yuriyâ Fir‘awn » — ya’ damma, râ kasra — signifiant : « et qu’Allah fasse voir à Pharaon ».
« de leur part ce qu’ils redoutaient ». En effet, on les avait informés que leur perte viendrait des mains d’un homme des Fils d’Israël ; ils vivaient donc dans l’appréhension « de leur part ». Allah leur fit alors voir « ce qu’ils redoutaient ».
Qatâdah a dit : il y avait auprès de Pharaon un hazi — c’est-à-dire un astrologue — qui lui annonça : « Il naîtra cette année un enfant qui fera tomber ta royauté ». Pharaon ordonna donc le massacre des nouveau-nés durant cette année-là. Tout cela a déjà été rappelé précédemment.