Ibn ʿAbbâs l’a affirmé.
On a également dit : cela se rattache à la multiplication (des récompenses), car Allah — Très-Haut — accorde pour une seule bonne action dix (récompenses), et pour la foi accomplie pendant un laps de temps très court une rétribution éternelle ; c’est l’avis de Muḥammad b. Kaʿb et ʿAbd ar-Raḥmân b. Zayd.
« Et ce jour-là, ils seront en sécurité contre toute frayeur ».
ʿĀṣim, Ḥamzah et al-Kisâʾî ont récité : « contre la frayeur de ce jour » en liant les deux mots.
Abû ʿUbayd dit : « Cette lecture me plaît davantage, car elle est plus générale : la sécurité porte alors sur l’ensemble des effrois de ce Jour. Lorsqu’on dit : “d’une frayeur, ce jour-là”, on laisse entendre qu’il s’agit d’une frayeur à l’exclusion d’autres. »
Al-Qushayrî rapporte que l’on a également lu « min fazaʿin » avec tanwîn ; on a alors expliqué qu’il désigne une seule frayeur, comme dans : « La plus grande frayeur ne les attristera point. » D’autres ont dit qu’il signifie la multiplicité, le mot « fazaʿ » étant un nom d’action susceptible d’exprimer le pluriel.
Je (l’auteur) dis : dans cette hypothèse, les deux lectures ont le même sens.
Al-Mahdawî précise : celui qui lit « min fazaʿin yawmaʾidhin » avec tanwîn fait porter « yawmaʾidhin » sur le nom d’action « fazaʿ », ou bien l’en prend pour adjectif, le tout pouvant se rattacher à un terme sous-entendu, car les noms d’action peuvent être informés ou qualifiés par des compléments de temps. Il est aussi possible de le rattacher au nom d’agent « âmînûn » (« en sécurité »). L’annexion procède ici de l’élargissement accepté dans les compléments circonstanciels. Celui qui supprime le tanwîn et ouvre le mîm construit le mot parce qu’il s’agit d’un complément de temps : l’analyse grammaticale n’est pas pleinement opérante dans les compléments de temps ; dès lors qu’il est annexé à un terme qui n’est ni pleinement déclinable ni semanticement autonome, il devient indéclinable.
Sîbawayh a cité en appui le vers :
« Au moment où la plupart des gens étaient absorbés par leurs soucis,
Zuraïq transporta l’argent, rapide comme la ruse des renards. »
Parole d’Allah :
« Et quiconque vient avec la mauvaise action… »
c’est-à-dire le polythéisme, selon Ibn ʿAbbâs, an-Nakhaʿî, Abû Hurayrah, Mujâhid, Qays b. Saʿd et al-Ḥasan. Il s’agit là d’un consensus des exégètes : dans ce verset, la « bonne action » est l’attestation qu’« il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah », et la « mauvaise action » le polythéisme.
« Leurs visages seront jetés la première dans le Feu. »
Ibn ʿAbbâs dit : « Ils seront projetés. »
Ad-Ḍaḥḥâk précise : « Ils seront lancés. » On dit en arabe : « kababtu l-inâʾ », c’est-à-dire « j’ai renversé le récipient sur sa face » ; le verbe transitif vient de la forme intransitive « akabba », usage rarement attesté dans la langue.
« Est-ce donc autre chose que la rétribution de vos œuvres que l’on vous rendra ? »
Autrement dit : il leur sera dit : « N’êtes-vous rétribués qu’à la mesure de vos actes ? » Cette parole peut être attribuée à Allah ou aux anges.
« Sinon ce que vous faisiez », c’est-à-dire : sinon la juste compensation de vos œuvres.