Selon cette lecture, on effectue la pause sur le mot « as-sahāb » (les nuages) ; on ne s’y arrête cependant pas d’après la première hypothèse. Il demeure toutefois permis de le laisser au nominatif, sous-entendant : « Cela est l’œuvre d’Allah. »
« L’œuvre d’Allah, Lui qui a parfaitement ordonné toute chose », c’est-à-dire : Il l’a rendue irréprochable et solidement établie. Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à celui qui accomplit une œuvre et la mène à la perfection. »
Qatādah a commenté : « Cela signifie qu’Il a embelli toute chose » ; l’itqān désigne en effet l’excellence et la maîtrise. On dit : « Un homme tiqn », c’est-à-dire habile et compétent. Az-Zuhrī rapporte que l’origine du terme remonte à « Ibn Taqn », un homme du peuple de ‘Ād dont les flèches ne manquaient jamais leur cible ; on dit alors par comparaison : « Plus précis qu’Ibn Taqn », avant d’appeler tout artisan chevronné « tiqn ».
« Il est, en vérité, Parfaitement Informé de ce que vous faites. » La majorité lit « taf‘alūn » (vous faites) à la deuxième personne, tandis qu’Ibn Kathīr, Abū ‘Amr et Hishām lisent « yaf‘alūn » (ils font).
Parole d’Allah, exalté soit-Il :
« Quiconque se présente avec la bonne action aura, pour lui, un bien meilleur qu’elle. »
Ibn Mas‘ūd et Ibn ‘Abbās — qu’Allah les agrée — ont dit : « La bonne action, c’est “Lā ilāha illā-Llāh”. »
Abū Ma‘shar rapporte qu’Ibrāhīm — sur lui la paix — jurait par Allah, Celui en dehors de qui nul n’est digne d’adoration, affirmant sans équivoque que « la bonne action » est « Lā ilāha illā-Llāh, Muḥammadun Rasūlu-Llāh ».
‘Alī b. al-Ḥusayn b. ‘Alī — qu’Allah les agrée — raconta : « Un homme parti au combat, chaque fois qu’il se retrouvait seul, répétait : “Lā ilāha illā-Llāh, Lui Seul, sans associé.” Alors qu’il se trouvait dans les terres byzantines, à Julfā’ et Baradā, il éleva la voix et dit : “Lā ilāha illā-Llāh, Lui Seul, sans associé.” Surgit alors devant lui un cavalier vêtu de blanc qui lui dit : “Par Celui qui tient mon âme dans Sa main ! C’est là la parole à propos de laquelle Allah a dit : ‘Quiconque vient avec la bonne action aura, pour lui, un bien meilleur qu’elle.’ ” »
Abū Dharr rapporte : « J’ai dit : “Ô Messager d’Allah, recommande-moi quelque chose.” Il répondit : “Crains Allah, et chaque fois que tu commets une mauvaise action, fais-la suivre d’une bonne qui l’effacera.” Je demandai : “Ô Messager d’Allah, ‘Lā ilāha illā-Llāh’ compte-t-elle parmi les bonnes actions ?” Il dit : “Elle fait partie des meilleures bonnes actions.” Dans une autre version : “Oui, c’est la plus excellente des bonnes actions.” » (Rapporté par al-Bayhaqī)
Qatādah explique : « “Quiconque vient avec la bonne action” signifie avec la sincérité et l’unicité (at-tawḥīd). »
D’après d’autres, il s’agit de l’accomplissement de toutes les obligations prescrites.
Je (l’auteur) dis : Celui qui prononce « Lā ilāha illā-Llāh » en en respectant la réalité et les droits — ainsi que cela a été exposé dans la sourate Ibrāhīm — a certes réalisé l’unicité, la sincérité et les obligations.
« Pour lui, un bien meilleur qu’elle. » Ibn ‘Abbās a expliqué : « C’est-à-dire que le bien provenant d’elle lui parvient. » Mujāhid tient le même propos.
Il a aussi été dit : il obtiendra la belle récompense, à savoir le Paradis ; ici, le mot « khayr » (bien) n’implique pas une comparaison de supériorité. ‘Ikrimah et Ibn Jurayj ont déclaré : « Il ne s’agit pas d’avoir quelque chose de meilleur que la foi — car rien n’est meilleur que celui qui dit “Lā ilāha illā-Llāh” — mais plutôt de recevoir, grâce à elle, le bien. »
D’autres ont soutenu que « Pour lui, un bien meilleur qu’elle » sert bel et bien à exprimer la supériorité : la récompense d’Allah est meilleure que l’acte, la parole et la mention du serviteur ; de même, la satisfaction d’Allah est meilleure pour l’homme que son propre acte.